Les soldats de l’Otan ont amené leurs propres méthodes de maintien de l’ordre au Kosovo où la guérilla albanaise a elle-même ses idées sur le sujet. L’aspect police et loi du mandat de la Force de paix (Kfor) doit durer environ trois mois, jusqu’au déploiement de la police civile de l’Onu. En attendant, Américains, Britanniques, Français, Allemands et Italiens de la Kfor patrouillent pour assurer la sécurité et gardent un œil sur les gangs d’Albanie qui mettent en place leurs réseaux de banditisme. Parallèlement, l’Armée de libération du Kosovo, qui n’a aucun mandat, s’attribue autant de tâches de police qu’elle le peut pour préparer ses candidats à la future force de police du Kosovo. Les responsables de la Kfor minimisent ces activités de l’UCK. Pourtant à Prizren, le contingent allemand a appelé les anciens guérilleros à assumer pour de bon le rôle qu’ils s’octroient, après l’incendie volontaire de dizaines de maisons de Serbes. «Si vous prétendez être responsables de la loi et de l’ordre, agissez en conséquences», leur a dit le porte-parole allemand, le lieutenant-colonel Dietmar Jeserich. Les soldats de la Kfor appliquent les lois de leur propre pays dans leur secteur, mais renvoient les affaires les plus sérieuses aux magistrats itinérants de l’Onu, qui fondent leurs activités sur le code pénal yougoslave. Le commandant américain Mark Martins, diplômé de l’université de droit de Harvard, qui a observé les procédures pénales menées par les troupes de la Kfor, les juge «tout à fait légitimes». Dans le secteur américain (est), la durée de détention est de 24 heures, prolongeable d’autant en cas de suspicion légitime, explique le commandant Jeff Harris de la police militaire. Le détenu est ensuite entendu en audience et gardé en détention jusqu’au passage des magistrats de l’Onu si les accusations contre lui semblent fondées. Cinq Albanais, trois Serbes et un Turc, tous du Kosovo, sont ainsi détenus en secteur américain. À Camp Bondsteel, le QG américain près de Gnjilane (sud-est), le «prisonnier numéro un», accusé de meurtre, est détenu depuis près de quatre semaines. Il a une soixantaine d’années et a l’air pitoyable avec son pantalon blanc sans forme et des affections du cœur et des yeux, pour lesquelles il est soigné par les militaires. Mais le sergent chef Franklin Blanche assure que les policiers militaires «n’ont pas de relations personnelles» avec le prisonnier, qu’un témoin accuse de meurtre. Les Américains emploient la méthode de la dissuasion à l’égard des criminels, qui sont en général accusés d’incendie volontaire, menaces ou coups et blessures, bien qu’il y ait aussi des cas d’enlèvements et de meurtres. Les détenus sont identifiés, enregistrés, photographiés et font connaissance avec le centre de détention, après quoi ils sont souvent relâchés – sauf en cas de crimes graves ou si leurs noms apparaissent sur les listes de criminels de guerre. S’ils sont arrêtés une seconde fois, leur détention est beaucoup plus longue, mais cela ne s’est produit qu’une fois, pour un ravisseur récidiviste, selon le lieutenant Darren Briseno. Les criminels de droit commun sont séparés des suspects de crimes de guerre, de la même façon que les sexes et les groupes ethniques ont des installations de détention différentes. À Urosevac (sud), le capitaine Tom Mundell a ordonné à ses troupes de fournir «une atmosphère de stabilité» aux Albanais qui ont connu un an de violences. Des bandes d’enfants jouent au football autour des soldats. C’est bon signe «si les parents pensent qu’il est sans danger de laisser les enfants jouer autour de vous», note le capitaine Mundell.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les soldats de l’Otan ont amené leurs propres méthodes de maintien de l’ordre au Kosovo où la guérilla albanaise a elle-même ses idées sur le sujet. L’aspect police et loi du mandat de la Force de paix (Kfor) doit durer environ trois mois, jusqu’au déploiement de la police civile de l’Onu. En attendant, Américains, Britanniques, Français, Allemands et Italiens de la Kfor patrouillent pour assurer la sécurité et gardent un œil sur les gangs d’Albanie qui mettent en place leurs réseaux de banditisme. Parallèlement, l’Armée de libération du Kosovo, qui n’a aucun mandat, s’attribue autant de tâches de police qu’elle le peut pour préparer ses candidats à la future force de police du Kosovo. Les responsables de la Kfor minimisent ces activités de l’UCK. Pourtant à Prizren, le contingent allemand a...