Les turbulences anormales du courant sanguin, à l’intérieur du cœur, produisent un bruit qualifié en médecine de «souffle cardiaque». Ce bruit est perçu à l’auscultation par le médecin qui peut évaluer son importance par un examen complémentaire (échodoppler). C’est le fonctionnement défectueux des valves cardiaques qui provoque ce petit bruit qui trahit l’anomalie. Les valves, ces petits clapets, s’ouvrent et se referment pour laisser passer le sang dans les cavités du cœur. Il arrive qu’elles manquent de tonicité et qu’elles laissent refluer le sang. C’est alors l’insuffisance valvaire. Ou alors s’ouvrir incomplètement, ce qui définit un rétrécissement valvulaire. Premier signe d’alerte : l’essoufflement. Si entre l’effort qui le provoque et l’amplitude de l’essoufflement le rapport est exagéré (l’effort étant minime par rapport à la réaction respiratoire qu’il provoque) le signal d’alerte est lancé. Si à cela s’ajoutent des palpitations, une sensation d’étau à la poitrine, une enflure aux jambes et de la douleur au niveau du sternum, des explorations plus sérieuses s’imposent. Le plus souvent, le souffle au cœur est sans gravité mais il peut être aussi signe d’une véritable maladie sujette à des traitements appropriés. Si la plupart des personnes présentant un souffle cardiaque peuvent vivre tout à fait normalement, il ne faut pas oublier que certaines précautions s’imposent : – Une ausculation annuelle est nécessaire. – Une alimentation saine et équilibrée et une activité physique régulière sont de mise. – Une consultation avant la pratique d’un nouveau sport ou toute activité physique régulière est de rigueur. – Mentionner sans omission l’existence de cette anomalie, même très modérée, au gynécologue lorsqu’il s’agit d’une demande de contraception, afin de l’orienter, évitant tout risque d’indication inadéquate. – Signaler l’existence du souffle au médecin traitant en cas de fièvre. Les variations selon l’âge Chez le nourrisson, l’existence du souffle est congénitale. Visible à l’échodoppler dès la naissance, l’anomalie des valvules fait l’objet soit d’un traitement médical soit d’un acte chirurgical. Dans la majortié des cas, la normalisation de la fonction cardiaque est assurée. Chez l’enfant, surtout maigre et longiligne, on peut parfois retrouver un petit souffle ne correspondant à aucune pathologie. Qualifié d’«innocent», ce souffle tient à la morphologie du cœur et s’estompe avec l’âge. En cas de doute, une échographie cardiaque permet une orientation médicale adéquate. Autrement, une simple surveillance est suffisante. Ces enfants «à souffle» peuvent et même doivent faire du sport comme les autres. Chez l’adulte, divers facteurs peuvent en être la cause. Le vieillissement valvulaire, relativement fréquent, atteint surtout les valves situées entre l’oreillette et le ventricule gauches. Cette atteinte est, le plus souvent, sans gravité. La calcification de l’orifice de l’aorte entraîne peu à peu son rétrécissement. Cette calcification est inhérente à l’âge avancé chez certains individus. Les soins seront palliatifs. Le rhumatisme articulaire aigu était autrefois à l’origine de la majorité des lésions valvulaires. Avec le temps, la maladie est devenue rare. Cette maladie inflammatoire, qui touche les grosses articulations, faisait suite à une infection à streptocoque, généralement une angine non traitée par les antibiotiques. Autre cause d’un souffle du cœur serait l’endocardite. On y pense si le souffle est accompagné d’une forte fièvre. Mais elle s’observe plutôt chez les personnes déjà atteintes des valvules cardiaques. Complications principales et traitement L’insuffisance cardiaque est la complication principale des lésions valvulaires. Progressivement, le cœur ne parvient plus à assurer le débit sanguin nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme. Le traitement prescrit généralement est à base de diurétiques, de vasodilatateurs et de la digitaline. L’association avec un régime maigre en sel est indispensable. Dans certains cas, la chirurgie peut être de mise. Elle peut en effet dilater un orifice rétréci au moyen d’une sonde à ballonnet. Dans le cas d’atteintes plus sévères, la réparation de la valve s’impose, ou même son remplacement par une prothèse.
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