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Actualités - Chronologie

Pec revit après le départ des derniers Serbes

La ville de Pec, à l’ouest du Kosovo, revit enfin, alors que la plupart des Albanais sont revenus dans leurs quartiers aux maisons brûlées ou en ruines, que les derniers Serbes ont fui. «60 % à 70 % des habitants sont revenus, mais beaucoup habitent chez des parents ou des amis», déclare Hyrije Veliu, porte-parole de la nouvelle municipalité dirigée par le préfet Ethem Ceku, nommé par l’UCK (Armée de libération du Kosovo). «La situation s’est plutôt calmée depuis 4 ou 5 jours, une fois que toutes les maisons serbes ont été brûlées», a constaté le docteur Laurence Benabid de l’organisation humanitaire française Médecins sans Frontières. Dans les villages avoisinants aussi, les Albanais sont tous rentrés alors que les maisons serbes ont presque toutes brûlé et que leurs habitants ont fui vers le Monténégro, distant de vingt kilomètres, explique le médecin. Dans une artère commerçante du centre-ville où les bijoutiers étaient nombreux et qui n’est plus qu’un champ de ruines, des marchands proposent des montres, quelques légumes ou des cigarettes. La brasserie locale, la plus célèbre du Kosovo, fonctionne déjà depuis deux semaines, mais seulement à raison de deux ou trois heures par jour, à cause des coupures de courant. Sa production est vendue dans les cafés, dont beaucoup ont rouvert. Une scierie et une usine de sucre doivent aussi reprendre la production la semaine prochaine. La nouvelle municipalité a fait apposer sur de nombreux magasins, kiosques ou édifices publics, des affichettes «propriété de l’État - défense d’entrer» pour éviter que de nouveaux occupants s’installent sans autorisation. La propriété privée est en revanche moins bien protégée. Sur un petit immeuble de deux étages du centre-ville, un panneau indique en serbe «maison à vendre», mais sur la porte quelqu’un a écrit «ici habitent les familles Agim et Zeka, membres de l’UCK». À l’hôpital, «il y a plutôt trop de personnel que pas assez, tous ceux qui ont été chassés ces dernières années ayant récupéré leurs emplois», selon le docteur Benabid. Les accidents dus aux mines sont relativement peu nombreux, sept à neuf en deux semaines : «Les animaux nous sauvent un peu la partie. Des paysans nous ont, un jour, montré un pré dans lequel 40 vaches avaient péri», déclare-t-elle. Les militaires italiens de la Kfor, qui ont installé leur quartier général en plein centre-ville, se voient reprocher de ne pas aider la population civile, notamment en refusant pour l’instant de déminer les maisons des particuliers. La nouvelle municipalité UCK se plaint du «manque de coopération concrète avec les Italiens». Ces derniers ont obligé la nouvelle équipe à quitter un bâtiment privé sans pour autant la laisser entrer dans les locaux de l’ancienne mairie. L’UCK a dû se replier sur un autre immeuble peu visible, en retrait par rapport à la rue. «La Kfor a aidé les Serbes dans le monastère alors qu’elle n’aide pas suffisamment la population civile albanaise qui rentre», se plaint la porte-parole du préfet. Au patriarcat de Pec, situé à trois kilomètres à l’extérieur de la ville, il ne reste plus aujourd’hui que 40 vieux Serbes, sur les 2 000 personnes qui ont transité en trois semaines par le monastère avant d’être évacuées sous escorte de la Kfor vers le Monténégro, indique le père Jovan Culbric. «Ces quarante personnes attendent pour la plupart des nouvelles de leurs proches qui ont été enlevés ou bien elles n’ont pas d’argent et ne savent pas où aller», explique ce moine-prêtre orthodoxe.
La ville de Pec, à l’ouest du Kosovo, revit enfin, alors que la plupart des Albanais sont revenus dans leurs quartiers aux maisons brûlées ou en ruines, que les derniers Serbes ont fui. «60 % à 70 % des habitants sont revenus, mais beaucoup habitent chez des parents ou des amis», déclare Hyrije Veliu, porte-parole de la nouvelle municipalité dirigée par le préfet Ethem Ceku, nommé par l’UCK (Armée de libération du Kosovo). «La situation s’est plutôt calmée depuis 4 ou 5 jours, une fois que toutes les maisons serbes ont été brûlées», a constaté le docteur Laurence Benabid de l’organisation humanitaire française Médecins sans Frontières. Dans les villages avoisinants aussi, les Albanais sont tous rentrés alors que les maisons serbes ont presque toutes brûlé et que leurs habitants ont fui vers le...