Le compositeur espagnol Joaquin Rodrigo, auteur du Concerto d’Aranjuez, l’œuvre pour guitare et orchestre devenue mondialement célèbre, est décédé à Madrid à l’âge de 97 ans. Le concerto, qui tire son nom des vastes jardins royaux d’Aranjuez, dans le sud de la province de Madrid, est sans doute l’œuvre musicale classique espagnole la plus connue à l’étranger, ainsi que celle qui a généré le plus de droits d’auteur. Issu d’une famille aisée, Joaquin Rodrigo Vidrié est né à Sagunto, dans la région de Valence, en 1901. Aveugle depuis l’âge de trois ans après avoir été touché par une épidémie de diphtérie, il se lance à huit ans dans des études musicales à Valence, apprend le solfège au moyen du système braille, le piano et le violon, puis la composition. Imitant bien d’autres grands musiciens espagnols, il s’installe à Paris à l’âge de 26 ans et s’inscrit à l’École normale de musique. Dans la capitale française, il côtoie les compositeurs Maurice Ravel et Darius Milhaud et son compatriote Manuel de Falla, dont les conseils auront une grande influence sur sa carrière. C’est également à Paris qu’il rencontre en 1929 la pianiste turque Victoria Kahmi, qu’il épousera quatre ans plus tard. «Prince des Asturies» De retour à Madrid en 1939, Rodrigo y présente au public le Concerto d’Aranjuez pour guitare et orchestre, composé la même année à Paris avec l’aide des maestros Regino Sainz et Narciso Yepes, et qui remporte immédiatement un prodigieux succès international. «Que représente ou que signifie le Concerto d’Aranjuez ?», se demandait récemment Joaquin Rodrigo dans un livret de présentation d’une de ses œuvres, avant de répondre lui-même : «Ce que chacun d’entre nous veut bien mettre, en l’écoutant, à l’intérieur du cadre suggestif où l’auteur s’est situé et où il prétend situer son auditoire, c’est-à-dire : une suggestion des temps passés, les beaux jardins d’Aranjuez, ses fontaines, ses arbres, ses oiseaux...» En dehors du Concerto d’Aranjuez, Rodrigo est l’auteur de dix autres concertos et de nombreuses œuvres pour guitare, piano, violon ou chœurs, ainsi que d’une soixantaine de chansons et musiques de films. Ses autres œuvres célèbres sont notamment Fantaisie pour un gentilhomme (1954), le Concerto andalou (1977), le Concerto madrigal (1969) et le Concerto pour une fête (1982). Tous ces concertos accordent, à l’instar de celui d’Aranjuez, une large place aux solos de guitare. Parmi les nombreux titres et doctorats honoris causa décernés à Joaquin Rodrigo figure en 1996 le prix Prince des Asturies des arts, une des principales distinctions espagnoles. Le jury avait alors reconnu sa «contribution définitive pour apporter de la dignité et pour internationaliser la guitare comme instrument de concert». Joaquin Rodrigo est décédé de «mort naturelle» en début d’après-midi à son domicile de Madrid. Il est veillé dans une chapelle ardente installée dans la mairie d’Aranjuez avant d’être enterré dans cette même ville aux côtés de son épouse, morte il y a deux ans.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le compositeur espagnol Joaquin Rodrigo, auteur du Concerto d’Aranjuez, l’œuvre pour guitare et orchestre devenue mondialement célèbre, est décédé à Madrid à l’âge de 97 ans. Le concerto, qui tire son nom des vastes jardins royaux d’Aranjuez, dans le sud de la province de Madrid, est sans doute l’œuvre musicale classique espagnole la plus connue à l’étranger, ainsi que celle qui a généré le plus de droits d’auteur. Issu d’une famille aisée, Joaquin Rodrigo Vidrié est né à Sagunto, dans la région de Valence, en 1901. Aveugle depuis l’âge de trois ans après avoir été touché par une épidémie de diphtérie, il se lance à huit ans dans des études musicales à Valence, apprend le solfège au moyen du système braille, le piano et le violon, puis la composition. Imitant bien d’autres grands...