L’ancien maire de Belgrade Zoran Djindjic s’est posé en meneur de la contestation populaire en appelant à des manifestations quotidiennes jusqu’à la démission de Slobodan Milosevic. Bravant les autorités militaires qui le poursuivent pour insoumission pendant la campagne aérienne de l’Otan – et la police qui avait interdit tout rassemblement mais n’est pas intervenue –, le chef du Parti démocratique (DS) a été la vedette d’une manifestation anti-Milosevic qui a rassemblé plus de 5 000 personnes, mardi soir à Uzice (200 kilomètres au sud de Belgrade). Il a appelé d’emblée à «un mouvement populaire général afin de libérer le peuple serbe de l’esclavage». «Chaque jour, dans chaque ville, nous devons sortir dans les rues» jusqu’à obtenir le départ de Slobodan Milosevic, «le dirigeant le plus mauvais et le plus incapable que l’Histoire ait connu», a-t-il affirmé. «La Serbie tout entière optera pour la désobéissance civique, elle déclenchera une grève générale», a prédit le chef du DS. «Le monde est prêt à accepter la Serbie, le peuple serbe n’a pas perdu sa crédibilité, c’est le régime qui l’a perdue». «Nous devons appliquer la tactique d’il y a deux ans», a-t-il dit. L’opposition avait alors manifesté pendant trois mois jusqu’à obtenir, avec l’appui de la communauté internationale, la restitution de ses victoires aux municipales dont le pouvoir l’avait privée. À l’époque, cependant, M. Djindjic avait pour alliés Vuk Draskovic, chef du Mouvement serbe du renouveau, puissant parti d’opposition, et Vesna Pesic, qui dirigeait l’Alliance civique. Aujourd’hui, le DS n’anime que l’Alliance pour des changements (SZP), une coalition hétéroclite d’assez faible audience. Mouvement né dans la Serbie profonde Mais à la différence de l’hiver 1996/97 lorsque la contestation était partie de Belgrade, le mouvement actuel s’est déclenché dans la Serbie profonde où la grogne populaire est la plus forte et qui a le plus souffert de la guerre. Ainsi, des manifestants ont affronté les forces de sécurité serbes, mardi soir à Leskovac (250 kilomètres au sud de Belgrade), après la condamnation à un mois de prison d’un technicien de la télévision locale, qui avait appelé à l’antenne à manifester contre le régime, drainant lundi 20 000 protestataires dans le centre-ville. À Nis (220 kilomètres au sud-est de Belgrade), deuxième ville du pays, des étudiants serbes ont, pour la première fois, réclamé mardi le retrait de M. Milosevic de la vie politique. Hier, l’opposition à Nis avait recueilli en une heure 300 signatures au bas d’une pétition réclamant la démission du président yougoslave et poursuivait son action, selon l’agence Beta. Le mouvement s’est étendu au nord de la Serbie, où l’assemblée de Novi Sad, chef-lieu de la province de Voïvodine, a également exigé mardi le départ de M. Milosevic, accusé d’avoir «mené de façon catastrophique depuis dix ans la politique extérieure et intérieure» du pays et de l’avoir exposé à «des souffrances et des destructions insensées». La SZP a annoncé de nouvelles manifestations dont la première a été convoquée pour aujourd’hui 18h00, à Prokuplje (260 kilomètres au sud de Belgrade). En perte de vitesse, le Parti socialiste (SPS) de M. Milosevic a appelé ses sympathisants à se rassembler au même endroit et à la même heure, au risque de provoquer des heurts entre les deux camps. M. Djindjic prône la formation d’un gouvernement d’experts, avec trois objectifs prioritaires: normalisation des relations avec la communauté internationale, afin de procurer à la Yougoslavie une aide économique; élaboration d’un plan de rapatriement des Serbes qui ont fui le Kosovo; préparation d’élections anticipées. Ce dernier objectif «n’est pas prioritaire», a-t-il dit. «Des élections alors que les gens sont privés de chauffage et ne touchent aucun salaire seraient un non-sens. Un gouvernement élu ainsi ne pourrait rien faire».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien maire de Belgrade Zoran Djindjic s’est posé en meneur de la contestation populaire en appelant à des manifestations quotidiennes jusqu’à la démission de Slobodan Milosevic. Bravant les autorités militaires qui le poursuivent pour insoumission pendant la campagne aérienne de l’Otan – et la police qui avait interdit tout rassemblement mais n’est pas intervenue –, le chef du Parti démocratique (DS) a été la vedette d’une manifestation anti-Milosevic qui a rassemblé plus de 5 000 personnes, mardi soir à Uzice (200 kilomètres au sud de Belgrade). Il a appelé d’emblée à «un mouvement populaire général afin de libérer le peuple serbe de l’esclavage». «Chaque jour, dans chaque ville, nous devons sortir dans les rues» jusqu’à obtenir le départ de Slobodan Milosevic, «le dirigeant le plus...