Il fut un temps où seul Paris avait le monopole de l’élégance. Avec les années, les foyers se sont multipliés et les griffes du chic se sont internationalisées. Les capitales rivalisent de créativité, ce qui stimule et dynamise la mode, même si des intérêts particuliers sont lésés par cette concurrence. Parmi ces nouveaux foyers ardents, l’Allemagne trouve de plus en plus une place de choix surtout dans le prêt-à-porter, dont les réseaux sont parfaitement structurés et les orientations en perpétuel mouvement, conformes à l’esprit du temps. Dans quelques semaines, le CPD de Düsseldorf, «le salon de mode le plus grand du monde», offrira un panorama complet de cette production «plurielle». Parmi les 2205 exposants venus de 40 pays, les spécialistes et les professionnels de la mode seront nombreux. Mais hors des frontières de l’Allemagne réunifiée, des griffes proclament que l’inspiration des créateurs faisant preuve de fantaisie et d’innovation fait de la mode allemande un élément qui compte autant économiquement que sur le plan esthétique. À l’heure actuelle, cinq griffes jouissent d’une importante audience internationale: Jil Sander, Rena Lange, Escada, Laurel, Hugo Boss. Jil Sander est originaire de Hambourg où son entreprise a installé son siège et où elle est cotée en Bourse depuis 1989. Fidèle à sa ligne, depuis sa mise en place en 1973, elle maintient depuis un quart de siècle les mêmes orientations: coupes pures, rigoureuses, excluant toute fioriture. – Des collections aux formes très simples mais dont les matières sont des plus recherchées et des plus sélectes. – Sa devise: «C’est horriblement compliqué de faire simple». Rena Lange, de son vrai nom Renata Günthert, maintient depuis 1982, date de ses débuts, un style classique qu’elle remodèle selon les tendances de chaque saison. Rena Lange a créé une image de femme sophistiquée qui vit son temps dans du classique de qualité qu’elle ranime par des détails très éclectiques et raffinés. Boutiques exclusives en Allemagne et une présence sur tous les continents: de l’Australie à Paris et d’Amérique à Hong Kong, sans oublier Paris. Le style Lange s’exporte très bien: costumes rayés à col de vison, vestes de velours ou de soie accompagnant des jupes en mousseline légèrement transparentes. Son principe: se glisser dans la peau de ses clientes et remodeler les grandes tendances de chaque saison en version classique conforme à son style. Escada: Vingt et un ans de mode cette année, la maison fut fondée par le couple Margaretha et Wolfgang. Vingt et un ans d’active présence illustrée par quatre différentes lignes, chacune destinée à un moment particulier de la journée. Une formule originale qu’on retrouve dans les 57 pays où la marque est distribuée. Le nom Escada est celui d’un cheval de course gagnant sur lequel avait parié le couple au moment de la fondation de l’entreprise. Un nom en fait qui force la chance. Ce qu’on apprécie le plus à ce pur-sang de la mode? L’esprit couture des tailleurs avec accessoires coordonnés, ainsi que les pantalons fluides et les vestes sport. Laurel n’est que le poulain d’Escada. Créé en 1980, il habille la femme à carrière, la «Working Girl» américaine. Succès immédiat qui engendre une seconde ligne, Laurel jeans, quelque temps après le premier lancement. En octobre 98, Laurel s’installe à l’avenue Montaigne à Paris, après son entrée officielle aux défilés de Milan. Hugo Boss. Tout pour l’homme, dès 1954: costumes, chemises, cosmétiques, lunettes. Trois lignes depuis 1993: une classique, une «cousue main» aux finitions, et une «jeune» non conventionnelle, couplée d’une «unisex» aux coupes androgynes. En chantier pour le prochain millénaire, une ligne femme «classique».
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