Voici quelques-uns des principaux ministres du nouveau gouvernement israélien que M. Ehud Barak a présenté mardi au Parlement : David Lévy (Affaires étrangères) : âgé de 61 ans, il a déjà occupé ce poste à deux reprises dans des gouvernements du Likoud (droite), avant de rompre en 1998 avec le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et de se joindre au camp de M. Barak au dernier scrutin du 17 mai. Ce juif marocain a toujours milité pour la promotion sociale et économique des sépharades (juifs d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient), tout en étant accusé de ne penser qu’à sa propre carrière. Francophone parlant peu l’anglais, ses détracteurs estiment qu’il a laissé peu de traces de son double passage à la tête de la diplomatie où son retour tient à la reconnaissance de sa contribution à l’élection de M. Barak. Avraham Shohat (Finances) : à 63 ans, il est un ancien détenteur de ce poste où son passage a laissé une sérieuse ardoise. Les milieux financiers lui ont reproché un déficit budgétaire, de grosses dépenses et sa politique taxant les revenus des capitaux. Fidèle à M. Barak, il serait impensable qu’il prenne seul d’importantes initiatives. M. Shohat s’engage à adopter «une politique très responsable dans l’intérêt de l’économie et de la croissance». Shimon Peres (Coopération régionale) : doyen d’âge du Cabinet et de la Knesset, M. Peres est à 75 ans le politicien et diplomate le plus expérimenté. Ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, né en Pologne, ce parrain du programme nucléaire israélien acquis dans les années cinquante changera sa peau de faucon pour celle d’une colombe en devenant le principal artisan des accords de paix avec les Palestiniens (Oslo 1993). Cela lui valut de partager le prix Nobel pour la paix en 1994 avec le leader palestinien Yasser Arafat et le Premier ministre Yitzhak Rabin auquel il a succédé après son assassinat en 1995. Délogé par la droite en 1996, il milite avec vision et enthousiasme pour un «nouveau Proche-Orient» de prospérité économique dont les contours sont loin d’être atteints. Les prérogatives floues de son nouveau poste reflètent bien les réserves de M. Barak à cet égard. Nathan Chtcharansky (Intérieur) : cet ancien dissident de l’ex-URSS dirige à 51 ans le parti Israël Be Aliya qui regroupe depuis 1995 les immigrants juifs russophones. Député en 1996, il a été ministre du Commerce au Cabinet sortant. Après le vote des immigrants laïcs en faveur de M. Barak au dernier scrutin, M. Chtcharansky s’est battu pour enlever aux ultraorthodoxes le sensible ministère dont dépendent l’immigration, la citoyenneté et l’identité juive. Yossi Sarid (Éducation nationale) : chef du parti de la gauche laïque Meretz, M. Sarid, 58 ans, a toujours appuyé la politique des précédents gouvernements travaillistes en faveur de la paix. Il hérite d’un ministère longtemps détenu par les religieux et la droite, et entend redistribuer en faveur des écoles publiques les fonds largement octroyés aux écoles religieuses. Yossi Beilin (Justice) : ce politologue qui a participé à l’élaboration des accords d’Oslo espérait, à 51 ans, être chargé de la diplomatie, mais M. Barak a préféré le garder dans un domaine moins politique. M. Beilin espère renforcer le règne des lois civiles décriées par les religieux afin de restaurer l’image de ce ministère ternie par des allégations de corruption contre son prédécesseur, Tzahi Hanegbi. Shlomo Ben Ami (Sécurité intérieure) : cet ancien diplomate et universitaire a été en tête aux primaires du Parti travailliste. À 55 ans, Ben Ami, un juif marocain qui devra diriger la police, aurait préféré les Affaires étrangères ou les Finances. Il compte s’atteler aux problèmes sociaux et aux relations entre citoyens juifs et arabes.
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