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Actualités - Reportages

Le mouvement ne ment jamais

Marianna Hraibi parle elle aussi de la thérapie par «la gestuelle». Non pas qu’elle soit elle-même thérapeute, loin de là. Mais, comme elle le dit avec une pointe d’humour, la danse «guérit» (à sa façon bien sûr) les maux de l’âme et «coûte beaucoup moins cher qu’un thérapeute». Sur invitation de Mmes Georgette Gebara et Mona Knio, qui l’avaient toutes deux reçues pour un stage de danse moderne dans leur école et studio respectifs, cette adepte de Graham, installée au États-Unis depuis bien longtemps, vient d’effectuer un bref passage au Liban, le temps de nous communiquer sa passion du geste. Marianne Hraibi n’a pas seulement le talent de se mouvoir en beauté; elle a aussi le sens du mot et sait émouvoir son audience. Lors d’une causerie à l’hôpital Saint-Georges, à l’institut médical Mind (Institute for neuro-psychological disorders), le Dr John Fayad, psychiatre et musicien professionnel, a parlé de cette relation profonde qui existe entre l’art et l’épanouissement personnel ( well-being). «Je n’ai pu survivre que par le moyen de la danse», dira Marianne Hraibi en parlant de sa souffrance engendrée par la guerre du Liban, et de son exil. «Je suis une danseuse, dit-elle. Je ne connais rien à la médecine, mais je peux vous dire qu’il existe un sens profond d’accomplissement qui accompagne les exercices de danse». De plus, dit-elle, chacun de nous peut exécuter n’importe quel mouvement. «Lorsque vous avez réussi à le faire une première fois, il y a de très fortes chances de réussir une seconde et une troisième fois». En danse, il y a «toujours plus», car il n’y a pas de destination finale pour un mouvement, enchaîne Mme Hraibi qui parle de cette propension en nous à vouloir parfaire le geste et de cette tension qui nous pousse vers «quelque chose de plus», dit-elle, en accompagnant ses paroles d’un port de bras dont seuls les danseurs connaissent le secret. «Chaque moment est une danse de la vie, dira Marianne Hraibi, et ce dès les premiers instants de notre existence, et tant que nous faisons partie de cet univers[...]». Tout comme les autres langages, en danse, on apprend «l’alphabet du mouvement pour en faire ensuite des phrases». Bien rôdé au style de Martha Graham, et imprégnée par sa philosophie du geste, son élève libanaise note que rien n’est arbitraire dans la technique de la pionnière de la danse moderne. Il y a tout simplement de la motivation, des émotions et surtout un sens extraordinaire de sécurité, d’où une habilité à comprendre qui nous sommes et à mieux se situer dans ce monde. Enfin, dit-elle, il s’agit de moments uniques que personne au monde ne peut vous ravir. «Ils sont précieusement vôtres», parce que ce sont des instants rares où l’on se permet de vivre toute l’intensité qui est en chacun de nous, de libérer son esprit et puis de donner libre cours à ses impulsions qui, longtemps, ont été mises en sourdine. La danse ne connaît point d’inhibitions. Toute notre vie a tourné autour d’interdits du genre : «Attention, pas trop ! Pas autant!» enchaîne Marianne Hraibi. Alors que par la danse, «c’est le trop, et le toujours plus» qui sont sollicités. L’expérience de la danse est cette union quasi magique entre l’esprit, la musique et le mouvement. Car, pour la disciple de Graham, «le mouvement ne ment jamais», un peu comme si la vérité et toute la sincérité du monde étaient à fleur de peau.
Marianna Hraibi parle elle aussi de la thérapie par «la gestuelle». Non pas qu’elle soit elle-même thérapeute, loin de là. Mais, comme elle le dit avec une pointe d’humour, la danse «guérit» (à sa façon bien sûr) les maux de l’âme et «coûte beaucoup moins cher qu’un thérapeute». Sur invitation de Mmes Georgette Gebara et Mona Knio, qui l’avaient toutes deux reçues pour un stage de danse moderne dans leur école et studio respectifs, cette adepte de Graham, installée au États-Unis depuis bien longtemps, vient d’effectuer un bref passage au Liban, le temps de nous communiquer sa passion du geste. Marianne Hraibi n’a pas seulement le talent de se mouvoir en beauté; elle a aussi le sens du mot et sait émouvoir son audience. Lors d’une causerie à l’hôpital Saint-Georges, à l’institut médical Mind...