Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Une pilule amère pour Pékin

Les concessions que la Chine a offertes aux États-Unis en échange de son ticket d’entrée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) risquent de coûter cher à son industrie, mais elles devraient lui permettre à terme d’améliorer sa compétitivité, ont estimé mercredi des analystes. Si ces concessions entrent en pratique, «l’agriculture, le secteur financier, l’électronique, les télécommunications et l’automobile seront pilonnés par l’ouverture à la concurrence», reconnaît la maison de courtage chinoise Pingan Securities. Depuis New York où il achève sa première tournée aux États-Unis, le Premier ministre Zhu Rongji a indiqué mardi qu’il espérait parvenir à un accord avec Washington sur l’OMC d’ici «deux ou trois mois». M. Zhu a offert plusieurs concessions dès son arrivée sur le sol américain, notamment dans les domaines agricole et des télécommunications, mais les États-Unis les ont jugées insuffisantes pour un accord immédiat, exigeant que la Chine ouvre davantage son marché intérieur. Les deux pays doivent cependant reprendre les négociations à Pékin avant la fin du mois. Les concessions chinoises ont fait frissonner dans les milieux industriels où l’on craint pour la survie des petites entreprises du secteur d’État, qui restent très éloignées des normes de rentabilité internationales, même après 20 ans de réformes économiques. Dans l’informatique, où la Chine a offert de supprimer des droits de douane actuellement fixés à 13,3 %, les marges bénéficiaires et la survie même des fabricants d’ordinateurs sont en jeu, selon l’analyse de Pingan Securities. L’industrie pharmaceutique sera elle aussi en difficulté si les tarifs douaniers sont effectivement ramenés entre 5,5 et 6 %. Quant aux constructeurs automobiles, ils ont beaucoup à perdre d’une baisse des tarifs, compris entre 80 % et 100 % actuellement, à 25 % en 2005, même s’ils payeront moins cher leur pièces détachées importées, remarque la maison de courtage. L’agriculture se retrouvera confrontée à une concurrence acharnée sur les marchés mondiaux, a reconnu le vice-ministre de l’Agriculture, Wan Baorui, cité mercredi par le China Daily. Mais en dépit de ces inquiétudes, les experts étrangers en poste à Pékin jugent les concessions chinoises positives pour l’économie. Elles devraient à terme permettre à l’État de se décharger du fardeau des entreprises publiques non rentables. «La rapidité de l’ouverture du marché à la concurrence étrangère met tout le monde en état d’alerte. Mais c’est la seule solution si la Chine veut véritablement participer à la mondialisation», remarque Andy Xie, économiste de la banque Morgan Stanley Dean Witter à Hong Kong. L’afflux de capitaux étrangers permis par l’adhésion de la Chine à l’OMC bénéficierait à l’économie, estime-t-il. Pour l’économiste Laurence Brahm, du consultant Naga Courtyard, «l’adhésion à l’OMC est à double tranchant». «En s’ouvrant à l’étranger, l’industrie nationale perd la protection de l’État. Mais en s’ouvrant et en établissant des coentreprises avec les groupes étrangers, leurs problèmes peuvent être résolus», assure l’économiste.
Les concessions que la Chine a offertes aux États-Unis en échange de son ticket d’entrée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) risquent de coûter cher à son industrie, mais elles devraient lui permettre à terme d’améliorer sa compétitivité, ont estimé mercredi des analystes. Si ces concessions entrent en pratique, «l’agriculture, le secteur financier, l’électronique, les télécommunications et l’automobile seront pilonnés par l’ouverture à la concurrence», reconnaît la maison de courtage chinoise Pingan Securities. Depuis New York où il achève sa première tournée aux États-Unis, le Premier ministre Zhu Rongji a indiqué mardi qu’il espérait parvenir à un accord avec Washington sur l’OMC d’ici «deux ou trois mois». M. Zhu a offert plusieurs concessions dès son arrivée sur le sol...