Le marché des changes de Beyrouth est resté fermé hier, en raison du chômage officiel pour le lundi de Pâques chez les communautés orthodoxes, il reprendra ses activités normalement dès aujourd’hui. Rappelons que le dollar avait clôturé la semaine dernière dans un climat plus favorable aux placements en livre libanaise qu’auparavant, après l’adoption par le Conseil des ministres d’un projet de budget 1999 avec un déficit ne dépassant pas 40,20 %. Ce projet, qui a été bien accueilli par la communauté financière, devait entraîner un certain relâchement des pressions sur la monnaie nationale en faisant négocier le dollar sur le marché interbancaire légèrement au-dessous du haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL), entre 1 512,50 et 1 513,50 LL dans des échanges équilibrés. Réduction des pertes du dollar après la flambée de Wall Street À l’étranger, le dollar a été maintenu sous pression toute la journée d’hier sur les marchés des changes internationaux alors que les opérateurs craignaient une importante correction à Wall Street après l’avertissement lancé par le premier fabricant d’ordinateurs au monde Compaq Computers sur ses bénéfices au premier trimestre 1999. À cet égard, les cambistes ont fait savoir que le billet vert a souffert dès les premiers échanges de la perspective d’un net recul du marché des actions américain après l’annonce par Compaq qu’il prévoyait de dégager au premier trimestre un bénéfice par action de l’ordre de 15 cents alors que les analystes financiers s’attendaient à 31 cents par action. Même si les craintes des cambistes ne se sont pas concrétisées, Wall Street ne s’étant que très légèrement repliée, la prudence est restée de mise toute la journée et le dollar n’est pas parvenu à se reprendre. En effet, l’euro en a profité pour repasser au-dessus de la barre de 1,08 dollar, frôlant même le seuil de 1,09 dollar. L’appréciation de la monnaie unique européenne a été toutefois limitée par la poursuite des actions militaires de l’Otan en Yougoslavie. Sa tendance devrait en outre dépendre aussi des prochaines données sur les économies de la zone euro à la lumière de l’évolution du baromètre IFO sur le climat des affaires en Allemagne devant être publié ces prochains jours. Cela d’autant que les marchés paraissaient hier suspendus en attendant aussi les chiffres américains sur les ventes de détails et sur les prix à la consommation attendus aujourd’hui. Eu égard à toutes ces considérations et compte tenu de la forte reprise de Wall Street, le dollar est parvenu à réduire ses pertes matinales, se négociant à New York à rythme modéré de baisse, comme suit : – 1,0825 pour un euro contre 1,0790, vendredi dernier. – 1,6130 pour un sterling contre 1,6105. – 1,8065 DM contre 1,8115. – 6,0595 FF contre 6,0795. – 1,4810 FS contre 1,4830. – 1 788,70 lires contre 1 794,50. – 120,10 yens contre 121,00. Wall Street : de record en record Sur les marchés des valeurs mobilières, Wall Street, qui avait largement anticipé dès l’ouverture hier l’avertissement lancé par le fabricant d’ordinateurs Compaq sur ses résultats financiers au premier trimestre, ne tardait pas à renouer avec la hausse ensuite, battant tous ses précédents records historiques. De fait, la reprise des vedettes d’autres secteurs de la cote américaine dont AT & T, Merck, Caterpillar, dans une proportion plus grande que la baisse de l’ensemble du secteur de la haute technologie dans le sillage de Compaq, est venue donc tirer l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles vers le haut. Celui-ci a dû donc fluctuer entre un plus bas à 10 096,69 points et un plus haut à 10 323,13 points, avant d’afficher en préclôture 10 302,60 points, en hausse de 128,76 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes en légère baisse, rassurées par le Dow Jones Les Bourses européennes ont effacé la plupart de leurs pertes et ont terminé en légère baisse lundi, rassurées par le redressement de Wall Street. Des analystes avaient prédit que, sous le coup de l’avertissement sur ses résultats lancé vendredi par Compaq, le Dow Jones reculerait de 100 points dans les premiers échanges, voire repasserait sous la barre des 10 000. Mais au moment de la clôture des places européennes le principal indicateur de Wall Street était sorti du rouge et gagnait du terrain. À Paris le CAC 40 n’a perdu que 0,19 % à 4 355,00 points après un plus bas de 4 310,32. À Londres, le FTSE 100 est revenu d’un creux de 6 377,2 pour terminer à 6 441,2 (-0,49 %). Le Xetra Dax des transactions électroniques de Francfort a terminé en hausse de 0,66 %. Milan et Madrid ont reculé de 0,62 %, Zurich de 0,46 %, Bruxelles de 0,21 % et Amsterdam de 0,29 %. «Il était difficile de prévoir l’impact qu’aurait l’annonce de Compaq sur le marché américain», a indiqué Gareth Evans (ING Barings). «La conclusion est que les contre-performances de Compaq ne sont pas révélatrices d’une tendance générale dans le secteur des technologies de l’information», a-t-il ajouté. Quoi qu’il en soit, Compaq, qui perdait près de 20 % à la mi-séance à Wall Street, a pesé sur l’ensemble des valeurs technologiques européennes. Ainsi SAP a perdu 1,7 % à Francfort, Misys, Colt Telecom et Telewest ont respectivement lâché 2,6 %, 3,1 % et 4,4 % à Londres et STMicroelectronics a reculé de 2,1 % à Paris. Seul Baan, à Amsterdam, a tiré son épingle du jeu, en s’adjugeant 8,33 %. Le secteur automobile a en revanche connu une bonne journée, avec Renault qui a bondi de 5,64 %, après les propos rassurants tenus par son président dans un entretien à La Tribune, disant notamment que la position du constructeur sur l’avenir de la branche poids lourds de Nissan n’était pas arrêtée et que la cession de sa part de 22,5 % dans cette branche était possible. Les Telecoms en vedette Les titres de Telecom Italia et d’Olivetti ont été très en vue après l’annulation ce week-end, faute de quorum, de l’assemblée des actionnaires de l’opérateur historique, qui devait se prononcer sur un plan de défense contre l’OPA hostile d’Olivetti. Cet échec, qui rapproche Olivetti de son but, a propulsé Télécom à 9,88 euros, soit un bond de 5,42 %. Telecom Italia Mobile (TIM), dont Telecom Italia avait prévu d’acheter les parts restantes, a en revanche lâché 5,37 %, cette éventualité étant désormais moins probable. Olivetti, un moment en hausse de 4,33 %, a clôturé à 2,9 euros, une avancée de 0,73 %. Au cours de la journée, BT, Telefonica ou France Telecom, ont démenti être un possible «chevalier blanc» qui viendrait à la rescousse de Telecom. À Francfort, Mannesman a pris 2,63 %, dans la perspective du rachat des participations d’Olivetti dans Omnitel et Infostrada en Italie, opération prévue si le groupe réussit son OPA. Dans le secteur chimique, le britannique Laporte s’est adjugé 28,7 % après avoir annoncé qu’il était en négociations en vue de son éventuelle reprise. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a terminé lundi en repli (-2,1 %), les investisseurs prenant leurs bénéfices après les importants gains de la semaine précédente, a-t-on appris de sources boursières. L’indice Nikkei 225 a cédé 348,23 points, pour finir à 16 507,40. L’indice élargi Topix a perdu 26,71 points pour finir à 1 316,20. «En raison des forts gains de la semaine dernière, les investisseurs ont engrangé des bénéfices en vendant tout particulièrement les valeurs vedettes et de haute technologie», a expliqué Mitsuhiro Nakano, analyste au Daiwa Research Institute. La semaine dernière le Nikkei 225 s’était apprécié de 565,44 points (+3,5 %). Les investisseurs restent optimistes sur les chances d’un rebond de l’indice vedette jusqu’au seuil des 17 000 points après des achats records en mars, ont indiqué les opérateurs.
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