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Actualités - Chronologie

Religion - La quête a augmenté de 20% Miracle par Eurochèque

Le paiement par carte est devenu monnaie courante en Allemagne, à telle enseigne qu’un pasteur de la banlieue de Stuttgart a mis dans son église un terminal Eurochèque qui fait des miracles. Au lieu d’emprunter de l’argent au voisin ou de glisser un bouton dans la fente, les paroissiens en mal de pièces pour l’aumône n’ont plus qu’à insérer leur carte EC. Moralité, depuis le 20 septembre, jour d’installation, «la quête a augmenté de 20 %», exulte le pasteur Gerrit-Willem Oberman, intarissable sur les mérites de sa trouvaille à une époque où les Églises allemandes ont des soucis d’argent. «Avec la carte, il est rare qu’on ne donne qu’un mark», explique-t-il. «Les dons vont jusqu’à 500 marks (255 euros, 275 dollars). Les gens tapent des gros montants car ils peuvent envoyer le reçu aux impôts» pour avoir une déduction. «Pour notre administration interne, c’est bien plus simple», ajoute-t-il avec des accents de chef d’entreprise: «La petite monnaie, c’est très pénible. Il faut la recompter à chaque opération, c’est cher, on perd la moitié de la recette». Sans compter que «l’argent pèse lourd à porter. Je ne peux pas envoyer ma secrétaire, et pour la sécurité, j’ai besoin de deux personnes». L’aventure du tronc électronique de Filderstadt-Bernhausen, pour lequel le pasteur de l’Église évangélique a dû batailler trois ans, est révélatrice de l’épanouissement tardif de la carte EC en Allemagne, où 43 millions de cartes sont en circulation. À l’origine, elle était uniquement une garantie à présenter lors d’un paiement par Eurochèque. Mais, en l’espace de cinq ans, il est devenu possible de régler sa note au restaurant, l’essence ou dans les magasins. Libéralisme Le temps est venu où des fidèles se sont plaints de ne pas pouvoir verser leur obole par carte EC. «Je suis dans une ville nouvelle, près de l’aéroport. Il y a des chefs d’entreprise. Tous voyagent et payent par carte», explique le pasteur. Adepte du libéralisme, diplômé d’économie et de marketing de l’Université de Stanford (Californie), ferré en informatique, Oberman a tout de suite pris son bâton de pèlerin. Comme il aime à le dire: «Nous sommes les oiseaux qui chantons à minuit, car nous savons que le jour va se lever». L’évêque a été «tout de suite d’accord». Mais les banques, au début, lui ont ri au nez: «Ils ont cru à un poisson d’avril. Ils faisaient un blocage mental». À force de «persuasion», M. Oberman a réussi à se faire sponsoriser. Au-delà de la facilité de paiement offerte à ses ouailles, le religieux y a surtout vu une malice pour bousculer les préjugés sur l’Église: «Il y a une bonne part de marketing là-dedans», dit-il. Mission accomplie: «Il y a des gens qui viennent dans l’église juste pour voir l’appareil. On m’appelle de toute l’Allemagne. J’ai donné plus de 100 interviews et je suis passé cinq fois à la télévision». Il faut dire que «nous sommes les premiers en Allemagne et au nord des Alpes». Seules deux autres paroisses en Europe, l’une à Naples (Italie) et l’autre en Espagne, peuvent se flatter d’avoir autant d’à-propos que lui. Une télévision privée a passé «un extrait du service religieux dans une émission de sexe et de crime» et «la presse à scandale a parlé de nous, c’est bien, non»?, s’enflamme-t-il : «Nous sommes lus par des gens qui ne savent même plus que l’église existe». Au reste, la véritable carte de crédit, c’est-à-dire celle offrant le débit différé et de multiples prestations, a plutôt la vie dure en Allemagne. Les études de marché montrent que la peur de perdre le contrôle de ses dépenses est encore forte. En conséquence, le pasteur Oberman n’accepte ni Eurocard, leader du marché allemand avec 8,3 millions de cartes, ni VISA (5,4 millions) dans son église.
Le paiement par carte est devenu monnaie courante en Allemagne, à telle enseigne qu’un pasteur de la banlieue de Stuttgart a mis dans son église un terminal Eurochèque qui fait des miracles. Au lieu d’emprunter de l’argent au voisin ou de glisser un bouton dans la fente, les paroissiens en mal de pièces pour l’aumône n’ont plus qu’à insérer leur carte EC. Moralité, depuis le 20 septembre, jour d’installation, «la quête a augmenté de 20 %», exulte le pasteur Gerrit-Willem Oberman, intarissable sur les mérites de sa trouvaille à une époque où les Églises allemandes ont des soucis d’argent. «Avec la carte, il est rare qu’on ne donne qu’un mark», explique-t-il. «Les dons vont jusqu’à 500 marks (255 euros, 275 dollars). Les gens tapent des gros montants car ils peuvent envoyer le reçu aux impôts»...