L’Irak a appelé hier la communauté internationale à intervenir pour arrêter les raids sur ses installations pétrolières qui perturbent l’exportation de brut, sa principale ressource. «L’intensification des raids américains et britanniques sur les installations pétrolières démontre l’hégémonie et la tyrannie américaines», a déclaré à la presse le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan. Ces attaques «doivent constituer une sonnette d’alarme pour tous les pays épris de paix, qui doivent s’opposer à cette tyrannie et ne pas assister en spectateurs à la destruction systématique par l’Amérique de notre pays», a-t-il ajouté. Le journal Babel, dirigé par Oudaï, fils aîné du président Saddam Hussein, a réclamé une intervention internationale et arabe «pour empêcher ces agressions des avions américains et britanniques qui visent à détruire les installations pétrolières irakiennes». «Les Américains et les Britanniques sont déterminés à infliger le maximum de dégâts à la ressource principale (de l’Irak) et à faire obstacle à l’application du programme “pétrole contre nourriture”», a ajouté le journal. Selon Bagdad, une station de contrôle d’un oléoduc contrôlant l’acheminement du brut des champs de Buzurgan au sud de la ville d’Amara (366 kilomètres au sud de Bagdad) vers le terminal d’exportation de Mina al-Bakr, sur le Golfe, a été détruite dimanche lors d’un raid. L’Onu, citant des inspecteurs indépendants de la plate-forme d’embarquement à Mina al-Bakr, a indiqué que «l’écoulement du pétrole a été brièvement interrompu» dimanche. Un haut responsable du ministère irakien du Pétrole, M. Faleh al-Khayat, cité par le journal al-Qadissiya, a affirmé que le bombardement des installations pétrolières visait «à interrompre les opérations de pompage du brut». Il a indiqué que les experts irakiens allaient «s’employer à permettre l’écoulement du brut en trouvant des moyens de rechange», précisant que la capacité d’exportation actuelle de l’Irak était de plus de deux millions de barils par jour (mbj) et sa capacité de production de 2,6 mbj. Vendredi, une station contrôlant le pompage du brut vers Mina al-Bakr, par lequel transitent environ 56 % des exportations irakiennes, avait été détruite lors d’un raid, mais les exportations se sont poursuivies grâce à un dispositif de secours. Le chef de la diplomatie irakienne Mohammad Saïd al-Sahhaf a adressé un message au secrétaire général de l’Onu Kofi Annan à la suite du raid de vendredi, dans lequel il accuse «les gouvernements américain et britannique d’avoir perpétré un nouveau crime contre l’Irak». M. Sahhaf affirme que les deux pays ont pour but «d’interrompre le pompage du brut à partir de Mina al-Bakr dans une tentative d’arrêter l’application du programme “pétrole contre nourriture” et de détruire les infrastructures irakiennes». Dans son message, dont le texte est publié dans la presse hier, il demande à M. Annan de «prendre une position claire face à cette agression américano-britannique continue» et réclame que cette question soit débattue au Conseil de sécurité, «dans le cadre de ses responsabilités à l’égard du programme “pétrole contre nourriture”».
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