Le marché des changes de Beyrouth est resté fermé hier en raison du chômage officiel pour le lundi de Pâques chez les communautés catholiques. Il reprendra ses activités dès aujourd’hui avant de les suspendre dès vendredi prochain à l’occasion des Pâques orthodoxes. Rappelons que le dollar avait clôturé la semaine dernière dans un climat tumultueux au haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) entre 1 513,00 et 1 514,00 LL, soit à un niveau sensiblement supérieur au taux moyen indicatif fixé à 1 508,00 LL depuis la mi-décembre. Nette reprise du dollar à l’étranger À l’étranger, où les marchés des changes européens étaient également fermés pour le lundi de Pâques, le dollar a repris son mouvement ascensionnel à New York, face aux autres grandes monnaies, après un départ ferme dans la matinée à Tokyo, contre le yen. Le billet vert a été tiré à la hausse face aux monnaies européennes par l’accès de faiblesse du yen, malgré la publication hier de chiffres montrant une amélioration de l’indice de confiance des industriels japonais, selon l’enquête trimestrielle de conjoncture Tankan de la Banque du Japon. A cela auraient contribué les déclarations faites par le vice-ministre japonais des Finances, Eisuke Sakakibara, laissant entendre que la politique des changes de son pays resterait inchangée afin de relancer l’économie par un yen faible. Après ces déclarations, la devise nippone, qui s’était raffermie à l’annonce des résultats de cette enquête de conjoncture, ne tardait pas à renouer avec la baisse grâce à des prises de bénéfice, portant le dollar jusqu’au seuil des 122,00 yen. À cet égard, il est utile de relever que le sentiment des milieux d’affaires japonais s’est éclairci en mars dernier et que les industriels nippons sont plus ou moins majoritaires à porter un jugement positif sur l’économie de leur pays. Ainsi, l’indice de confiance dans la grande industrie est revenu de -49 points à -47 points, selon le Tankan, dont l’indice est calculé en faisant la somme des opinions positives et négatives des patrons sur toute une série d’indicateurs de gestion, comme le niveau des stocks, les sureffectifs et la situation de trésorerie ainsi que de l’accroissement de la demande publique. À noter également le redressement constaté chez les petites entreprises avec un indice revenu de -56 points à -53 points, alors que la Banque du Japon tablait sur une nouvelle dégradation de cet indice. L’amélioration est aussi à peu près en ligne avec les prévisions concernant les entreprises non manufacturières, avec un indice à -34 points. Mais tous ceux qui avaient vendu du dollar à l’annonce de cette enquête se sont empressés de le racheter après les déclarations de Sakakibara, dans la crainte d’une intervention inopinée de la Banque centrale japonaise. Dans ce contexte fort favorable au billet vert, l’euro a dû subir des ventes bénéficiaires au profit du dollar dans le sillage du yen. Cela d’autant que l’économie américaine continuait de présenter des signes de vigueur incontestables. À cet effet, les opérateurs ont fait état des chiffres de l’emploi aux États-Unis le mois dernier selon lesquels le taux de chômage avait diminué de 4,40 % en février à 4,20 % en mars, soit le plus bas niveau jamais atteint depuis février 1970, consécutivement à la création de 46 000 emplois non agricoles le mois dernier, après 297 000 en février et 217 000 en janvier, soit au total quelque 560 000 emplois au premier trimestre 1999. Ces résultats, reflétant des signes de surchauffe et laissant envisager un prochain durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, ont donc nourri des courants spéculatifs à la hausse du dollar qui s’est négocié à New York en hausse comme suit : – 1,0719 pour un euro contre 1,0795, jeudi dernier – 1,6005 pour un sterling contre 1,6040 – 1,8245 DM contre 1,8125 – 6,1190 FF contre 6,0790 – 1,4900 FS contre 1,4810 – 1806,25 lires contre 1795,35 – 121,75 yens contre 120,45. Wall Street en territoire record Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth ainsi que toutes les Bourses européennes étaient fermées pour le lundi de Pâques. Seules Wall Street, Tokyo et Singapour étaient ouvertes. À la Bourse de New York, la tendance était hier à la hausse dans un marché calme mais euphorique aussi bien sur le marché traditionnel de Wall Street que sur le marché électronique Nasdaq et le marché obligataire qui ont tous évolué au-dessus de leurs derniers niveaux records. Selon les professionnels, l’humeur des opérateurs était haussière en ce début de semaine au lendemain du long week-end pascal. À cela auraient contribué les statistiques du chômage américain (4,20 % en mars) à ses niveaux les plus bas depuis 29 ans mais avec un faible niveau de créations d’emplois (46 000) alors que les analystes financiers tablaient sur 168 000 créations. Il s’agit donc de la plus faible augmentation de nombre des créations nettes d’emplois depuis janvier 1996 et du taux de chômage le plus bas depuis février 1970. De plus, le salaire horaire moyen a progressé de 0,2 % à 13,09 dollars en mars comparativement à février et de 3,6 % sur les douze derniers mois, excluant toute pression inflationniste. Les opérateurs ont été, en outre, sensibilisés par la révision à la hausse de la firme financière Merrill Lynch de ses prévisions de croissance de l’économie américaine pour 1999. Son principal économiste, Bruce Steinberg, estime d’ores et déjà que le produit intérieur brut (PIB) américain va progresser de 3,5 % du 4e trimestre 1998 au 4e trimestre 1999 et de 3 % en l’an 2000. Bruce Steinberg table également sur une croissance de 8,6 % des bénéfices d’exploitation par action en 1999 des sociétés composant l’indice boursier Standard & Poor’s 500 et de 6,3 % en l’an 2000. «L’économie américaine reste robuste et les perspectives de résultats des sociétés s’améliorent. Nous ne voyons rien qui pourrait ralentir l’économie cette année et nous avons remonté en conséquence nos prévisions de croissance du PIB», a-t-il souligné. Mais il n’en demeure pas moins que l’activité était moyenne à Wall Street, hier, mais l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles était franchement en hausse, bondissant d’un plus bas à 9 836,12 points à un plus haut à 10 023,15 points, avant d’afficher en préclôture 10 003,11 points, en hausse de 170,60 points sur jeudi dernier. Tokyo : en hausse après le Tankan La Bourse de Tokyo a terminé lundi en hausse de 0,3 %, des prises de bénéfice en fin de séance gommant la plus grosse partie de la progression enregistrée après la publication de l’enquête trimestrielle de conjoncture Tankan de la Banque du Japon, selon des sources de marché. L’indice Nikkei 225 a gagné 44,59 points pour finir à 16 334,78 points. L’indice élargi Topix a progressé de 3,00 points à 1 307,17 points. Environ 558 millions d’actions ont changé de mains, contre 614,6 millions d’actions vendredi. En matinée, l’indice Nikkei a atteint son plus haut de l’année à 16 634,79 points, puis il a cédé une partie de ses gains en raison de prises de bénéfices, ont indiqué des courtiers. Le sentiment des milieux d’affaires japonais s’est légèrement éclairci en mars, l’indice de confiance dans la grande industrie revenant de -49 points à -47 points, même si les industriels nippons sont encore très largement majoritaires à porter un jugement négatif sur l’économie, selon l’enquête Tankan. Les marchés financiers tablaient sur une amélioration plus franche, leurs prévisions étant centrées sur un indice autour de -43 pts/-44 pts. Ce résultat est également en-deçà des attentes de la BoJ, qui tablait sur -43 pts. La Bourse de Tokyo a progressé malgré l’absence des investisseurs étrangers, dont les achats avaient soutenu la tendance de la place récemment. «Il n’y a pratiquement pas d’ordres des investisseurs étrangers en raison des fêtes de Pâques», a relevé Tsuyoshi Segawa, directeur général du département actions à New Japan Securities. Mais la hausse du Nikkei en séance au-dessus de son record de clôture de l’année du 19 mars témoigne d’une poursuite de la tendance haussière, a estimé M. Segawa.
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