De la défense collective de l'Europe aux opérations de paix
le 03 avril 1999 à 00h00
Il y a 50 ans, le 4 avril 1949, douze pays signaient à Washington le Traité de l’Atlantique Nord, fondateur de l’Otan (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). La Belgique, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande (qui n’a pas d’armée), l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Canada et les États-Unis créaient ainsi l’Alliance atlantique, qui prévoyait un système de défense collective face aux menaces représentées, selon ces pays, par l’Union soviétique. La «guerre froide» atteint à l’époque ses températures les plus basses, après le «coup de Prague» (25 février 1948) et le succès des communistes en Tchécoslovaquie ou le blocus de Berlin, de juin 1948 à mai 1949. Trois ans plus tard, en février 1952, la Turquie et la Grèce rejoignent l’Alliance et, en mai 1955, c’est au tour de la République fédérale d’Allemagne du chancelier Konrad Adenauer d’y entrer. L’Espagne devient, en mai 1982, le seizième membre de l’Alliance. L’article 5 du traité de Washington, le plus important, prévoit que les pays signataires se portent mutuellement assistance en cas d’agression contre l’un d’entre eux. En 1966, le général de Gaulle fait une distinction entre le Traité de Washington et l’organisation, qui met en œuvre ce traité. La France décide alors de se retirer de l’organisation militaire intégrée de l’alliance et demande le départ des forces étrangères (essentiellement américaines) et des quartiers généraux. Le siège de l’alliance, qui était passé de Londres à Paris, est alors transféré à Bruxelles. La France déclare toutefois rester liée par le Traité de Washington et donc engagée par les obligations réciproques en cas d’agression. Elle cesse néanmoins d’être représentée dans la structure militaire intégrée de l’Alliance. Le danger des nationalismes Privée d’ennemi(s) avec la fin de la guerre froide, l’Otan a mis depuis sa logistique et sa force de frappe au service des «missions de paix» conduites par les Nations unies. L’explosion de la Yougoslavie, sous la poussée des nationalismes de tous bords, donne ainsi à l’Otan l’occasion d’entrer dans une nouvelle phase. Le 10 avril 1994, en Bosnie-Herzégovine, une première frappe aérienne est lancée sous l’autorité du Conseil de sécurité des Nations unies contre des objectifs serbes afin d’empêcher l’étranglement de Sarajevo et des zones de sécurité menacées. Les attaques se prolongent à intervalles jusqu’en octobre 1995. En décembre de la même année, l’Otan lance une première «opération de paix» en Bosnie également, terrestre cette fois-ci, en déployant 60 000 militaires avec l’Ifor, devenue Sfor fin 1996. Le 24 mars dernier, l’alliance militaire occidentale, dirigée par les États-Unis, entame une nouvelle série de frappes aériennes contre des objectifs serbes pour forcer Belgrade à cesser la répression au Kosovo et à accepter le plan de paix international. C’est la première fois que l’Otan engage une action militaire sans autorisation du Conseil de sécurité, qui a pourtant, selon la charte de l’Onu, «la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale». L’Otan s’est élargie le 12 mars dernier à trois anciens membres du Pacte de Varsovie : avec la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, l’Alliance atlantique compte aujourd’hui 19 membres.
Il y a 50 ans, le 4 avril 1949, douze pays signaient à Washington le Traité de l’Atlantique Nord, fondateur de l’Otan (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). La Belgique, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande (qui n’a pas d’armée), l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Canada et les États-Unis créaient ainsi l’Alliance atlantique, qui prévoyait un système de défense collective face aux menaces représentées, selon ces pays, par l’Union soviétique. La «guerre froide» atteint à l’époque ses températures les plus basses, après le «coup de Prague» (25 février 1948) et le succès des communistes en Tchécoslovaquie ou le blocus de Berlin, de juin 1948 à mai 1949. Trois ans plus tard, en février 1952, la Turquie et la Grèce rejoignent l’Alliance...
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