L’offre du dollar s’est contractée hier, à Beyrouth, sans pour autant entraîner le moindre développement de la demande. Dans ce contexte, et compte tenu du maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du billet vert entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, celui-ci a dû finalement clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le milieu de décembre dernier. De leur côté, les établissements de crédit ont négocié pratiquement le dollar entre 1510,50 et 1 511,50 LL, après l’avoir ouvert entre 1509,00 et 1 510,00 LL pour le pousser légèrement ensuite à 1 509,50/1 510,50 LL, dans un marché calme et équilibré de lui-même, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé au total quelque neuf millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques sans aucune intervention de la BDL. Raffermissement de l’euro et du yen À l’étranger et contrairement à toute attente, l’euro a renoué avec la hausse hier face au dollar, après avoir souffert dans la matinée du rejet des propositions du président yougoslave Slobodan Milosevic par les pays de l’Otan au sujet du conflit au Kosovo. La monnaie unique européenne a été soutenue par des rachats destinés à couvrir des positions prises au début des frappes de l’Otan contre la Yougoslavie, malgré une faiblesse persistante des fondamentaux économiques dans la zone euro, ont indiqué les cambistes. «Le sentiment initial des opérateurs a été de vendre à découvert de l’euro au début des frappes de l’Otan et maintenant, ils sont nombreux à se presser de couvrir leurs positions», précise-t-on dans ces mêmes milieux. Ainsi, le marché s’est montré indifférent hier aux chiffres très mauvais du chômage en France avec comme corollaire une sensible hausse de 0,3 % du nombre des demandeurs d’emplois en février, témoignant du ralentissement de l’économie française qui s’inscrit dans une tendance générale d’affaiblissement conjoncturel en Europe. Il est resté, en outre, insensible à la multiplication des signes de croissance de l’économie américaine illustrés par la révision définitive à la hausse du produit intérieur brut (PIB) américain de 6 % au quatrième trimestre 1998 ainsi que par l’augmentation de l’indice des directeurs d’achat de Chicago de 52,9 points en février à 57,- points en mars. De ce fait, les divergences économiques entre les États-Unis, l’Europe et le Japon, qui ne cessent de s’accroître, ne devaient pas jouer hier à l’actif du dollar même face au yen et au sterling qui ont évolué dans le sillage de l’euro à l’approche du long congé du week-end de Pâques. Il s’est négocié, en effet, à New York, comme suit : – 1,0790 pour un euro contre 1,0715, la veille – 1,6120 pour un sterling contre 1,6105 – 1,8125 DM contre 1,8255 – 6,0790 FF contre 6,1235 – 1,4785 FS contre 1,4900 – 1794,50 lires contre 1808,30 – 118,45 yens contre 120,35. Bourse de Beyrouth : nouvel accès de faiblesse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier du nouvel accès de faiblesse de l’action A de Solidere et de celle de la Banque Byblos, alors que le restant de la cote était stable ou déserté par les opérateurs. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises a abandonné 0,55 % à 80,27 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a perdu 0,21 % à 190,18 points. Cette évolution s’est produite hier dans un marché à activité restreinte et concentrée essentiellement sur les actions Solidere de la catégorie A qui ont représenté 92 % des 235 204 actions échangées hier d’une valeur globale de 1 863 385 dollars. Irrégularité de Wall Street Quant à Wall Street, elle a présenté hier des signes d’irrégularité, éprouvant beaucoup de difficulté à s’orienter dans une direction précise à la veille d’un long week-end chômé aux États-Unis où les marchés boursiers américains seront fermés demain pour les fêtes de Pâques. Cela étant, nombre d’opérateurs ont estimé devoir engranger les gains que leur procure la récente remontée de la cote américaine, après que le Dow industriel eut franchi le cap historique des 10 000 points. À cet égard, les avis des experts ont divergé hier quant à l’orientation future de la cote américaine à la lumière des fondamentaux de l’économie. D’un côté, les statistiques publiées hier montrant que le PIB américain a finalement progressé en rythme annuel de 6 % au quatrième trimestre 1998, laissaient craindre une reprise de l’inflation à terme. Cela d’autant qu’on apprenait des directeurs d’achat de Chicago que leur indice mensuel aurait progressé de 52,9 points en février à 57 points le mois dernier. Mais d’un autre côté, il s’est avéré que les commandes à l’industrie auraient baissé de 2,5 % en février après une hausse de 1,5 % en janvier, soit le recul le plus marqué depuis près de quatre ans, excluant toute tendance à la surchauffe de l’économie américaine. Eu égard à toutes ces considérations, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fluctuer toute la journée d’hier entre un plus haut à 10 002,34 points et un plus bas à 9 884,12 points, avant d’afficher en préclôture 9 903,62 points, en léger recul de 9,64 points sur la veille. Les Bourses européennes clôturent en hausse Les Bourses européennes ont clôturé en hausse mercredi et ont plus que regagé le terrain perdu la veille, soutenues par les valeurs de la technologie et de la pharmacie qui leur ont permis de poursuivre la tendance favorable constatée ces cinq derniers jours. Mais les analystes se demandent toutefois jusqu’où le marché pourra progresser à court terme, en raison des incertitudes suscitées par la croissance économique, les résultats des sociétés et les retombées du conflit en Yougoslavie. La Bourse de Paris a gagné 1,36 % et celles de Francfort et de Londres 0,50 %. «Les marchés sont revenus dans le droit chemin et ont progressé à l’approche des Pâques, mais nous attendre une percée (au-dessus de la résistance) après le long week-end», a déclaré David Brown, de Bear Sterns. Mais deux forces s’opposent. «Il y a la manie des mégafusions où les rumeurs d’acquisition poussent le marché à la hausse et les faibles perspectives de croissance», estime-t-il en ajoutant que cet élément dominera au fil de l’année. «L’évolution dépend encore de l’économie américaine mais les fondamentaux européens de croissance sont faibles», a poursuivi cet analyste. À court terme, les Bourses européennes pourraient suivre Wall Street à la hausse, mais si la situation actuelle persiste, les investisseurs pourraient porter leur attention vers les États-Unis ou les marchés émergents qui offrent des placements plus avantageux. «La plupart des pays européens sont en congé vendredi et lundi, personne ne veut ouvrir des positions. Mais la semaine prochaine, nous constaterons probablement davantage de pertes sur l’euro, la spéculation sur une baisse des taux dans la zone s’intensifiant», a noté un opérateur. Tokyo : en baisse pour la dernière séance de l’année fiscale La Bourse de Tokyo a terminé la dernière séance de l’exercice fiscal 1998/99 en baisse mercredi, plombée par les derniers indicateurs économiques en date qui douchent les espoirs d’un redressement économiques rapide. Les échanges ont toutefois été marqués par la volonté des investisseurs de mettre de l’ordre dans leurs portefeuilles en vue de la fin de l’exercice fiscal. L’indice Nikkei a cédé 22,53 points, soit 0,14 %, à 15 836,59, après avoir fluctué entre 15 651,35 et 16 027,27 points. Le 31 mars de l’année dernière, le Nikkei avait clôturé à 16 527,17 points. Le cours de clôture de la fin de l’exercice fiscal est important pour les boursiers puisqu’il a une incidence sur la valeur des participations des entreprises japonaises ainsi que sur leurs bénéfices. Ce cours a aussi des conséquences sur la performance des portefeuilles des investisseurs institutionnels. L’indice Nikkei avait fortement progressé au début du mois dans l’espoir de voir l’économie japonaise sortir rapidement de l’ornière. Le marché boursier avait également salué les mesures d’assouplissement monétaire décidées par la Banque du Japon (BoJ) et les plans de restructuration annoncés par les entreprises, Sony en tête.
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