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Actualités - Chronologie

Tournée chargée pour William Cohen

Un programme américain de défense antimissile et l’aspiration des Européens à conquérir une plus grande indépendance militaire à l’égard des États-Unis devraient dominer la tournée cette semaine en Europe du secrétaire américain à la Défense William Cohen. Le chef du Pentagone quitte aujourd’hui Washington pour Munich, première étape d’une visite chargée de cinq jours prévue en Allemagne, Roumanie et Belgique où a lieu une rencontre des ministres de la Défense de l’Otan. Ce voyage survient alors que se fait jour en Europe une volonté d’unir davantage les forces armées nationales et réduire l’écart avec les capacités américaines. Depuis que les raids aériens sur le Kosovo ont révélé le retard de l’Europe, Washington pousse ses alliés à augmenter leurs dépenses militaires pour acquérir des systèmes ultramodernes dans la perspective des urgences à venir. Tirant une leçon quelque peu différente du Kosovo, les Européens et en particulier la France y ont vu la nécessité de contrebalancer la domination militaire américaine par un pilier européen plus solide. Des responsables du Pentagone ont exprimé leur soutien en faveur d’une telle initiative, mais tant qu’elle reste dans le cadre de l’Otan et conduit les Européens à se conformer aux exigences de l’Alliance atlantique. «Nous voyons une dynamique politique se développer vers de plus grandes capacités en Europe et nous souhaitons l’encourager», a déclaré un haut responsable de la Défense. M. Cohen s’était montré plus prudent quelque temps auparavant. «C’est quelque chose que nous soutenons, à condition que les membres européens de l’Otan ne se drapent pas dans la rhétorique d’une sécurité européenne et d’une identité de défense pour acquérir des systèmes non compatibles avec l’Initiative de capacités défensives (DCI)», avait-il dit. La DCI est le nom donné par l’Otan aux efforts inspirés par les États-Unis pour réduire l’écart entre Américains et Européens au sein de l’Alliance. Rassurer les Alliés Si Washington s’inquiète de voir les Européens suivre leur propre chemin, ces derniers sont également préoccupés par les projets américains de système national de défense antimissile. Certains dirigeants européens craignent que cela ne mette en péril les accords de contrôle des armements signés avec Moscou, n’entraîne une nouvelle et coûteuse course aux armements et n’affaiblisse l’engagement des États-Unis aux côtés de l’Europe en cas de conflit. À Bruxelles, M. Cohen expliquera la position américaine pour rassurer ses alliés, a dit un responsable de la Défense. Le président américain Bill Clinton doit décider l’été prochain de donner ou non son feu vert au déploiement pour 2005 d’un système capable de protéger les États-Unis contre une attaque limitée de missiles lancés par des États jugés «incontrôlables», comme la Corée du Nord ou l’Iran. La Russie est opposée à tout changement au traité antimissile balistique ABM de 1972, qu’un tel déploiement suppose. En Roumanie, M. Cohen participera demain mardi à une réunion des ministres de la Défense des pays du sud-est de l’Europe. Il rencontrera également les autorités roumaines à Bucarest. Il se rendra ensuite à Hambourg (nord de l’Allemagne) où il s’adressera à des militaires allemands, puis dans une école du Pentagone à Garmisch (sud de l’Allemagne) destinée à former des responsables de la défense est-européens. Il ira enfin jeudi à Bruxelles pour participer à la réunion de deux jours des ministres de la Défense de l’Otan.
Un programme américain de défense antimissile et l’aspiration des Européens à conquérir une plus grande indépendance militaire à l’égard des États-Unis devraient dominer la tournée cette semaine en Europe du secrétaire américain à la Défense William Cohen. Le chef du Pentagone quitte aujourd’hui Washington pour Munich, première étape d’une visite chargée de cinq jours prévue en Allemagne, Roumanie et Belgique où a lieu une rencontre des ministres de la Défense de l’Otan. Ce voyage survient alors que se fait jour en Europe une volonté d’unir davantage les forces armées nationales et réduire l’écart avec les capacités américaines. Depuis que les raids aériens sur le Kosovo ont révélé le retard de l’Europe, Washington pousse ses alliés à augmenter leurs dépenses militaires pour acquérir des...