Le maroquinier italien Gucci, après un temps d’hésitation, a repris partiellement Sanofi Beauté, en s’emparant des parfums et du prêt-à-porter d’Yves Saint-Laurent (YSL), mais délaissant l’activité haute couture du célèbre couturier français. Le groupe italien a préféré renoncer à la haute couture, qui est un foyer de pertes récurrentes, pour se consacrer au développement plus rentable des parfums et des lignes de prêt-à-porter d’YSL. Pour Gucci, leader dans la maroquinerie, l’acquisition de la marque YSL «représente une avancée stratégique majeure lui permettant de se positionner comme un groupe de luxe multi-marques» sur le même terrain que LVMH. La haute couture Saint-Laurent, dont les ventes et les pertes ne sont pas publiées, sera filialisée à l’intérieur d’Artémis, la holding personnelle de François Pinault, patron du Printemps et de La Redoute. Cette activité figurait dans la corbeille de Sanofi Beauté achetée en mars dernier à Sanofi, la filiale pharmaceutique du pétrolier Elf Aquitaine, par M. Pinault, pour 6 milliards de francs. Cette acquisition entrait dans la stratégie de M. Pinault de créer un pôle mondial du luxe, en s’appuyant notamment sur Gucci, également convoité par son rival Bernard Arnault, président du géant mondial du luxe LVMH. Ouvertures de magasins Ce dernier avait vivement contesté l’augmentation de capital de Gucci, qui avait fait, fin 1998, de M. Pinault son actionnaire majoritaire, alors que LVMH, arrivé le premier dans le capital de l’Italien, devait se contenter d’une participation minoritaire de 20 %. Après quelques semaines d’hésitation, Gucci a racheté Sanofi Beauté pour un milliard de dollars, soit environ le prix payé par Artémis. Mais l’Italien a dû débourser en outre 70 millions de dollars pour acquérir auprès des cofondateurs de la griffe YSL, le styliste Yves Saint-Laurent et l’homme d’affaires Pierre Bergé, la totalité des droits sur la marque et l’image de YSL. «Cette transaction particulière permet à Gucci de prendre le contrôle total de la marque Yves Saint-Laurent», a expliqué un porte-parole de Gucci à Milan. Mais, MM. Saint-Laurent et Bergé «continueront à conseiller les sociétés Yves Saint-Laurent Couture et Yves Saint-Laurent Parfums», a indiqué Gucci. M. Bergé, qui conduira le développement futur de la haute couture chez Artémis, reste en effet président du conseil de surveillance de Yves Saint Laurent Couture, l’activité prêt-à-porter intégrée dans Gucci. Il pourra nommer deux des sept membres de ce conseil, les cinq autres étant nommés par Gucci. Toutefois, la direction opérationnelle du prêt-à-porter reviendra à Mark Lee, jusqu’à présent directeur international merchandising de Gucci. Le repreneur italien a annoncé qu’il allait lancer «un programme intensif d’ouvertures de magasins sur les marchés-clés des produits de luxe». Gucci «prévoit également de développer l’image d’YSL en s’appuyant sur une gestion globale de la marque et une augmentation des investissements en communication». Sanofi Beauté, qui a changé deux fois de propriétaire en moins d’un an, a réalisé en 1998 un chiffre d’affaires de 696,4 millions de dollars pour un résultat d’exploitation de 76,4 millions de dollars. Outre la gamme YSL (couture et parfums), Sanofi Beauté possède les marques Roger et Gallet, ainsi que les licences de parfums Van Cleef and Arpels, Oscar de la Renta, Fendi et Krizia.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le maroquinier italien Gucci, après un temps d’hésitation, a repris partiellement Sanofi Beauté, en s’emparant des parfums et du prêt-à-porter d’Yves Saint-Laurent (YSL), mais délaissant l’activité haute couture du célèbre couturier français. Le groupe italien a préféré renoncer à la haute couture, qui est un foyer de pertes récurrentes, pour se consacrer au développement plus rentable des parfums et des lignes de prêt-à-porter d’YSL. Pour Gucci, leader dans la maroquinerie, l’acquisition de la marque YSL «représente une avancée stratégique majeure lui permettant de se positionner comme un groupe de luxe multi-marques» sur le même terrain que LVMH. La haute couture Saint-Laurent, dont les ventes et les pertes ne sont pas publiées, sera filialisée à l’intérieur d’Artémis, la holding...