La croissance du commerce mondial semble reprendre son ascension après le ralentissement des dernières années provoqué par la crise financière en Asie. Des chiffres préliminaires indiquent un arrêt du ralentissement des échanges mondiaux dans les premiers mois de 1999, puis une accélération au deuxième trimestre, selon le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce Mike Moore. Alors que l’OMC s’apprête à tenir sa troisième conférence ministérielle du 30 novembre au 3 décembre, cette prévision peut contribuer à mieux faire passer le message en faveur du libre-échange. Les préparatifs se sont enlisés, les pays en développement et les pays développés étant en désaccord sur la portée du nouveau cycle de négociations commerciales que doit lancer la conférence de Seattle. En dépit des ralentissements du commerce international et des produits intérieurs bruts cumulés en 1998, M. Moore se félicite du refus des pays les plus affectés par la crise asiatique d’imposer des mesures protectionnistes, y voyant une marque de confiance dans le système commercial multilatéral. Début novembre, l’ancien Premier ministre néo-zélandais a relevé que la crise économique très sérieuse partie d’Asie n’avait pas remis en cause les règles de l’OMC. «Le système et le bon sens des gouvernements ont contribué à maintenir les marchés ouverts, facilitant les ajustements et apportant une contribution indispensable à une sortie de la crise», a-t-il dit. La progression en volume du commerce des marchandises (biens agricoles et textiles inclus) devrait atteindre 4 % en moyenne – comme en 1998 –, pourvu que les échanges s’accélèrent dans la seconde moitié de 1999, a déclaré M. Moore dans son rapport. L’année record 1997 avait vu les exportations mondiales de marchandises progresser de 10,5 % en volume, tandis qu’entre 1990 et 1995, le taux de croissance était de 6 % en moyenne. On a assisté ensuite en 1998 à un ralentissement de la croissance du commerce mondial alors que la crise asiatique s’approfondissait et que son impact se faisait sentir en dehors de l’Asie. M. Moore voudrait que le prochain cycle puisse être baptisé «le cycle du développement», mais la part des pays en développement dans le commerce mondial a décliné l’an dernier pour la première fois en plus d’une décennie. Les résultats commerciaux en volume varient d’une région à l’autre, particulièrement pour les importations. L’Asie a vu ses importations chuter de 8,5 %, tandis qu’en Afrique et au Moyen-Orient, elles ont légèrement baissé ou ont stagné. En Europe occidentale cependant, les importations ont crû de 7,5 %, et en Amérique du Nord, en Amérique latine et dans les économies en transition, de 10 %. Près des deux tiers des économies mondiales ont enregistré une diminution des revenus de leurs exportations en 1998, qui se sont établis à leur niveau le plus faible depuis le début de la décennie. Les exportations de marchandises et de services ont atteint 6 500 milliards de dollars en 1998, soit un recul de près de 2 % en dollars par rapport à 1997. Les exportations de marchandises en valeur provenant des États-Unis ont légèrement décru et leur croissance en volume a enregistré une décélération (à 3 %, comparé à 11 % en 1997), tandis que leurs prix baissaient. En Amérique latine, la valeur des exportations de marchandises a chuté de 2 %. Le commerce des biens manufacturés, moteur traditionnel de l’expansion du commerce mondial, a enregistré l’an dernier l’une des croissances les plus basses des années 1990, soit 3,5 %, comparé à 12 % en 1997. Les échanges de services ont stagné l’an dernier pour la première fois depuis 1980, toutes les régions principales du monde enregistrant une baisse – à l’exception de l’Europe de l’Ouest, où la croissance du commerce des services a été plus élevée qu’en 1997.
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