La demande du dollar s’est nettement contractée hier, à Beyrouth, en cette dernière journée ouvrable sur le marché des changes, en raison de la fermeture des guichets des banques aujourd’hui pour la clôture des comptes de fin d’année. En revanche, l’offre du billet vert s’est un peu développée, le faisant négocier à des cours inférieurs au taux moyen indicatif fixé par la Banque du Liban (BDL) pour cette monnaie à 1 507,50 LL consécutivement au maintien de sa fourchette d’intervention entre un plus bas à 1 501,00 LL et un plus haut à 1 514,00 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. C’est donc dans des échanges peu nourris que le dollar a été finalement traité sur le marché interbancaire entre 1505,00 et 1 506,00 LL, après un départ entre 1 508,00 et 1 509,00 LL contre 1 511,00 et 1 512,00 LL la veille. Pourtant, le volume d’affaires de la journée d’hier n’a pas dépassé quelque sept millions de dollars entièrement négociés par les établissements de crédit de la place à l’achat et à la vente, dans un marché équilibré de lui-même. L’euro se dirige vers la parité avec le dollar À l’étranger, les principales devises ont évolué dans des marges étroites en cette avant dernière journée ouvrable de l’année sur les marchés des changes internationaux, ignorant largement les rares informations économiques des deux côtés de l’Atlantique, dans un climat engourdi par les fêtes. L’euro est resté de son côté insensible aux commentaires du président de la Bundesbank, Ernst Welteke, indiquant qu’il n’existe pour le moment aucune raison de commencer à discuter d’un changement des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE). «Nous ne devons pas commencer une discussion sur les taux d’intérêt à l’occasion de chaque chiffre publié, qui peut changer d’un jour à l’autre» , a estimé M. Wlteke. «Une fois que le passage à l’an 2000 sera derrière nous et que les inquiétudes se seront dissipées, je pense que nous aurons un mouvement à la hausse de l’euro» a-t-il indiqué par ailleurs. Mais la monnaie unique européenne est restée insensible à ces propos ainsi qu’à la publication dans la matinée d’hier de l’enquête mensuelle de l’INSEE sur la conjoncture de l’industrie française, montrant que l’activité dans l’industrie manufacturière en France devrait plafonner à un haut niveau. Pourtant, le dollar a bien réagi hier à la publication de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine (leading indicator) établi par le Conference Board, montrant une hausse de 0,3 % le mois dernier contre 0,1 % en octobre. Le billet vert a, en effet, présenté des signes de fermeté face à l’euro qui s’est rapproché de la parité, tout en restant généralement vulnérable vis-à-vis de la devise nippone, passant par moment sous le seuil des 102,00 yen. Il en est de même face à la livre sterling qui a trouvé appui dans les perspectives de hausse des taux britanniques, après l’annonce d’une forte augmentation des prix de logements au Royaume-Uni en décembre. C’est ainsi qu’il s’est négocié à New York comme suit : – 1,0045 pour un euro contre 1,0063, la veille – 1,6175 pour un sterling contre 1,6150 – 1,9475 DM contre 1,9440 – 6,5305 FF contre 6,5200 – 1,5965 FS contre 1,5940 – 1 927,65 lires contre 1 924,65 – 102,00 yens contre 102,40. Bourse de Beyrouth : sous le signe de la hausse de Solidere La Bourse de Beyrouth a été tirée à la hausse hier par les actions A et B de Solidere qui sont remontées de 8 1/8 à 8 3/8 dollars et de 8 3/8 à 8 1/2 dollars respectivement dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,43 % à 77,15 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 177,81 points comme la veille. Cette reprise de la cote s’est déroulée hier dans un volume d’affaires relativement nourri avec 123 700 actions d’une valeur globale de 382 788 dollars. Wall Street : de record en record Sur les places boursières internationales, Wall Street a continué hier sa course aux records, tirée à la hausse par les valeurs de la haute technologie, des télécommunications et des cycliques. De plus, la petite détente observée sur le rendement moyen de l’obligation du Trésor à 30 ans, principale référence, malgré la hausse de 0,3 % de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine le mois dernier, est venue aussi rassurer la communauté financière à la veille de l’an 2000. Toutefois, le volume réduit des transactions a augmenté la volatilité des principaux indicateurs boursiers, cela d’autant que la grande majorité des investisseurs ont déjà bouclé leurs positions avant la fin de l’année. C’est dans ce contexte de vacances que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a enregistré hier un nouveau record historique en remontant d’un plus bas à 11 470,74 points à un plus haut à 11 543,08 points, avant d’afficher en préclôture 11 506,04 points, en hausse de 29,33 points sur la veille. Bonne tenue des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont progressé mercredi, aidés par la bonne orientation de Wall Street en matinée après son record de la veille, mais ils ont toutefois terminé en deçà de leurs meilleurs niveaux du jour. L’indice Eurotop 300, qui avait inscrit dans la journée un record absolu à 1 564,89, a terminé sur un gain de 0,59 %, à 1 562,50, tandis que l’Euro Stoxx 50 a progressé de 0,38 %, à 4 807,01. La Bourse de Londres, fermée ces deux derniers jours, a inscrit son troisième record de clôture consécutif avec un gain de 0,43 % pour le FTSE. La Bourse de Francfort a fait exception à la tendance générale, l’indice DAX, qui avait gagné jusqu’à 0,04 % en séance, ayant effacé la totalité de son avance pour terminer sur un très léger repli de 0,03 %. Sur les autres places, la hausse a atteint 0,60 % à Amsterdam, 0,56 % à Zurich, 0,55 % à Madrid, 0,42 % à Bruxelles, 0,26 % à Milan et 0,18 % à Paris. Comme sur tous les autres marchés à travers le monde, l’activité s’est fortement ralentie à l’approche de la fin de l’année, mais les rares opérateurs présents ont trouvé un encouragement dans la nouvelle avance de Wall Street mardi, ce qui a permis une progression des cours dès la matinée. Cette avance s’est ensuite renforcée lorsque les principaux indices ont battu de nouveaux records. Sur les places européennes, les compartiments les mieux orientés ont été ceux des industries de base, de l’automobile et des technologiques, tandis que les replis les plus sensibles se rencontrairent dans les médias. À Francfort, DaimlerChrysler, la valeur la plus travaillée de la séance (3,1 millions de pièces), a affiché un gain de 2,69 %, au lendemain de l’annonce par le groupe d’une hausse de son chiffre d’affaires 1999, selon des données préliminaires. Le groupe germano-américain s’est dit en outre très confiant pour l’an 2000. La plus forte hausse de l’ensemble des places européennes est revenue à Royal Sun Alliance qui a gagné jusqu’à 13 %, la presse ayant évoqué l’éventualité d’une OPA sur cet assureur britannique. Le titre a conservé en clôture un gain très substantiel de 11,58 %. À Londres également, British Telecommunications, très entourée, a continué de profiter de l’engouement des petits investisseurs pour les télécommunications et terminé sur un gain de 4,63 %. Dans le même secteur toutefois, les allemands Deutsche Telekom et Mannesmann ont cédé respectivement 0,42 % et 0,58 %. Les deux groupes ont annoncé une augmentation de près des deux tiers de leur nombre d’abonnés au téléphone mobile en 1999. À Paris, Alcatel, plus forte hausse de l’indice, a bondi de 4,87 %, bénéficiant tout à la fois de la perspective d’une forte demande de câbles électriques après les destructions provoquées par les tempêtes et de commentaires favorables du Financial Times. Autres «valeurs tempête» de l’indice CAC, Saint-Gobain a pris 3,59 %, Alstom 3,45 % et Schneider Electric 2,39 %. Lafarge, que certains placent dans la même catégorie, s’est également distingué avec un gain de 2,36 %, tandis que Castorama Dubois prenait 5,34 %. La crainte persistante de voir remis en question le projet du gouvernement allemand de supprimer l’impôt sur les participations croisées des entreprises a pesé sur les financières, ces sociétés ayant toutes des participations dans des entreprises d’autres secteurs. Parmi elles, la Deutsche Bank, qui s’était envolée à l’annonce de ce projet, a abandonné 2,75 %. Tokyo : en légère reprise La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 0,1 % mercredi, dans des échanges réduits, les investisseurs commençant à déserter le marché à la veille de la dernière séance d’avant les festivités de fin d’année. L’indice Nikkei a terminé sur un gain de 27,06 points, à 18 810,58 points, un niveau qui se situe très loin du record historique de 38 915,87 points atteint il y a dix ans, jour pour jour. Les actions «d’entreprises japonaises aussi connues que Sony et Fujitsu ont atteint récemment des niveaux record, mais les cours de nombreuses sociétés immobilières, financières et de construction notamment sont tombés à un cinquième de leur valeur de l’époque», a souligné M. Tsuyoshi Segawa, de New Japan Securities. «Cela correspond aux changements d’époque», a ajouté M. Segawa, qui s’attend à ce que les titres liés à l’informatique mènent le marché et l’industrie japonaise à présent. Le boom économique japonais au cours des années 1980 était «anormal», selon lui. La bulle financière que l’on avait connue, due à la spéculation sur les cours de Bourse et la valeur des terrains, est «quelque chose qui ne se produira plus de nouveau», au moins à courte échéance, avance-t-il. Selon lui, les cours de certaines actions vont baisser mais les titres informatiques ou ceux de l’industrie de pointe vont continuer à renforcer leurs gains. L’indice élargi Topix a avancé de 11,26 points mercredi, à 1 712,27, avec 320 millions d’actions échangées contre 306,7 millions mardi. Les achats ont porté sur les valeurs de télécommunications, d’équipement électrique et d’informatique, a indiqué M. Hiroichi Nishi, de Nikko Securities. La Bourse de Tokyo n’a pas suivi Wall Street, qui a battu un nouveau record, mardi soir, avec une hausse de 0,75 % de l’indice Dow Jones, à 11 476,71 points. «En dépit du record de Wall Street la veille, les achats de valeurs de haute technologie connues ne se sont pas étendus aux autres secteurs d’activité et les actions des banques se sont repliées», a constaté Tatsuo Kurokawa, analyste chez Nomura Securities, soulignant le faible nombre d’intervenants sur le marché en cette période de fin d’année. Le groupe d’électronique grand public japonais Sony, qui a annoncé lundi une division de ses actions ordinaires sur la base de deux nouvelles pour une ancienne, effective en mai, a continué à attirer de nombreux investisseurs.
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