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Actualités - Chronologie

Le 1er janvier 2000 sera un jour de deuil

Le 1er janvier 2000 tombe le 11 day 1378 dans le calendrier iranien: un jour comme les autres. Mais ce sera jour de deuil en Iran puisque qu’il marquera, selon le calendrier musulman, le 23 ramadan 1420, anniversaire de la mort d’Ali, l’imam vénéré des chiites. La «frénésie du millénaire», qui s’est développée depuis plusieurs mois en Occident, n’a pas touché l’Iran: pas une banderole, pas une guirlande ni un panneau à la gloire de l’an 2000 n’est visible dans les rues pour annoncer l’avènement du nouveau millénaire. L’Iran est en effet le seul pays au monde qui vit au rythme de deux calendriers, l’un civil et solaire, l’autre lunaire et religieux (Hégire), mais qui ignore superbement le grégorien. Le calendrier musulman se base sur l’exode du prophète de La Mecque à Médine à l’âge de 42 ans, alors que le calendrier iranien débute avec la naissance du prophète. La Saint-Sylvestre et le 1er janvier 2000 seront évidemment fêtés par les chrétiens, qui sont quelque 300 000, arméniens et chaldéens, mais aussi par la communauté étrangère et par de nombreux Iraniens aisés, notamment du nord de Téhéran, qui voudront s’unir par la pensée avec ceux de leur famille en Occident. En revanche, pour l’immense majorité des quelque 60 millions d’Iraniens de confession musulmane chiite, la nuit du 31 décembre au 1er janvier sera une nuit de prière, marquée par des cérémonies dans toutes les mosquées du pays. Ce sera le «Ghadr», un des temps forts du chiisme, qui célèbre la mort, après une longue agonie, de l’imam Ali, le «commandeur des croyants», frappé et martyrisé à Koufa, en 661 après Jésus-Christ, puis enterré à Najaf, deux villes saintes d’Irak. En Iran, les médias, les écoles, les dirigeants politiques, toutes les fêtes non musulmanes se réfèrent au calendrier national, hérité de la Perse antique, qui commence le jour du printemps, en général le 21 mars – mais ce sera le 20 mars en l’an 2000. Le calendrier grégorien est familier uniquement de ceux qui travaillent avec les entreprises ou pays étrangers. Le calendrier iranien a été créé il y a 7 000 ans, en fonction du livre saint des zoroastriens, l’Avesta, dont les douze mois sont toujours en vigueur. Le zoroastrianisme, la religion de Zarathoustra, qui adore le Dieu créateur Ahura-Mazda, principe du bien, est considéré par de nombreux théologiens comme l’ancêtre des religions monothéistes. Le calendrier iranien fut interdit lors de la conquête arabe, aux premières années de l’Hégire, et il faudra attendre 1850 pour qu’il réapparaisse, mais cette fois-ci basé sur la naissance du prophète Mahomet. En 1925, Reza Pahlavi, le père du dernier chah d’Iran, commence à «désarabiser» l’Iran en réformant le calendrier et en rétablissant les mois de l’Avesta. «Notre calendrier est le plus exact au monde, car il se base exactement sur les saisons naturelles», souligne l’astrophysicien Iradj Malekpour, de l’Université de Téhéran. «Pour nous, nous sommes en 1378 et le 20 mars prochain, nous serons en 1379. Nous ne célébrons jamais particulièrement ni les siècles, ni les millénaires. Et nous n’abandonnerons jamais notre calendrier!», ajoute-t-il.
Le 1er janvier 2000 tombe le 11 day 1378 dans le calendrier iranien: un jour comme les autres. Mais ce sera jour de deuil en Iran puisque qu’il marquera, selon le calendrier musulman, le 23 ramadan 1420, anniversaire de la mort d’Ali, l’imam vénéré des chiites. La «frénésie du millénaire», qui s’est développée depuis plusieurs mois en Occident, n’a pas touché l’Iran: pas une banderole, pas une guirlande ni un panneau à la gloire de l’an 2000 n’est visible dans les rues pour annoncer l’avènement du nouveau millénaire. L’Iran est en effet le seul pays au monde qui vit au rythme de deux calendriers, l’un civil et solaire, l’autre lunaire et religieux (Hégire), mais qui ignore superbement le grégorien. Le calendrier musulman se base sur l’exode du prophète de La Mecque à Médine à l’âge de 42...