Le dollar a entamé la semaine hier, à Beyrouth, dans un marché sur lequel la demande l’a emporté sur l’offre. Mais après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à le vendre à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, il devait achever la journée au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, tout en se négociant pratiquement bien au-dessus de ce niveau. Il a été, en effet, traité sur le marché interbancaire à des cours très proches du haut de la fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 511,50 et 1 512,50 LL, après qu’on eut relevé une certaine propension à la vente du billet vert à 1 513,00 LL. Pourtant, le volume d’affaires est demeuré assez modéré, ne dépassant pas quelque neuf millions de dollars, entièrement échangés par les établissements de crédit à l’achat et à la vente, dans un marché équilibré de lui-même sans aucune intervention de la BDL. L’euro se maintient et le yen se reprend face au dollar À l’étranger, l’euro et le dollar ont évolué dans des marges étroites, hier, sur les marchés des changes internationaux, tandis que le yen s’est légèrement apprécié dans un climat léthargique en raison de la fermeture du marché britannique et de l’absence d’incitations en raison des fêtes de fin d’année, selon des sources de marché. Compte tenu donc de la fermeture des marchés britanniques et de l’absence d’indicateurs des deux côtés de l’Atlantique, la parité euro-dollar devrait évoluer dans des marges étroites. Le marché n’a pas donc bougé, hier, et c’est déjà «la trêve des confiseurs», indique-t-on dans les milieux cambistes. Et d’ajouter que tout le monde a des consignes plus ou moins fortes pour ne pas traiter en raison du passage à l’an 2000. Pourtant, le yen s’est redressé et les récentes interventions de la Banque du Japon pour affaiblir sa devise ne l’a pas empêchée de se diriger vers le seuil psychologique des 101,00 yens pour un dollar. A cela auraient contribué les chiffres d’activité au Japon qui restent bien orientés, laissant croire à des perspectives assez positives , à une euphorie sur les marchés des actions japonaises et donc à une réallocation des portefeuilles actions en faveur du Japon et par ricochet du yen, explique-t-on dans les milieux cambistes. Cela étant, le marché de désorienté qu’il était hier, pourrait dès demain être tiré de sa torpeur par l’enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie française pour le mois de décembre ou par l’indice composite des principaux indicateurs américains (leading indicator) pour le mois de novembre. La déclaration du principal économiste de la Banque centrale européenne (BCE), Otmar Issing, en faveur de l’euro à long terme ne devait avoir aucun impact sur le marché. Ce dernier a estimé hier que les disparités entre les croissances européenne et américaine, qui ont affaibli l’euro cette année, devraient disparaître dans les deux années à venir. Et d’ajouter que la stabilité des prix dans la zone euro renforcera la confiance dans la monnaie unique européenne qui a perdu quelque 15 % de sa valeur contre le dollar depuis son lancement au début de cette année. Donc c’est dans un contexte d’accalmie que le dollar s’est finalement négocié à New York, sur un ton toujours mitigé comme suit : – 1,0133 pour un euro contre 1,0130, vendredi dernier, à Londres – 1,6173 pour un sterling contre 1,6160 – 1,9300 DM contre 1,9305 – 6,4735 FF contre 6,4745 – 1,5845 FS contre 1,5850 – 1 910,85 lires contre 1 911,05 –102,25 yens contre 103,00. Bourse de Beyrouth : en léger repli À la Bourse de Beyrouth ce sont les baisses des actions B de Solidere et C de la Banque Audi qui l’ont emporté sur la hausse des actions C de la Byblos Bank. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,21 % à 76,49 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a cédé 0,11 % à 177,61 points. Ce mouvement s’est produit toutefois dans un marché étriqué avec au total quelque 28 680 actions négociées d’une valeur totale de 160 541 dollars. Wall Street : tendance mitigée Sur les places boursières internationales, la tendance était partagée, hier, à Wall Street entre la fermeté des valeurs cycliques et la vulnérabilité de celles de la haute technologie qui avaient affiché de nouveaux records de hausse la semaine dernière. C’est donc sous la pression de quelques dégagements bénéficiaires que l’indice Nasdaq de la Bourse électronique s’est installé à la baisse après avoir brièvement passé la barre des 4 000 points à l’ouverture, alors que le Dow Jones des 30 vedettes industrielles affichait une bonne forme dans le sillage de l’euphorie qui avait dominé les marchés à la veille de Noël. En effet, le DJIA a dû fluctuer dans le sens de la hausse dans des échanges très modérés, entre un plus bas à 11 410,34 points et un plus haut à 11 475,34 points avant d’afficher en pré-clôture 11 443,99 points, gagnant 38,23 points sur jeudi dernier, Wall Street étant fermée vendredi. Irrégularité des Bourses européennes après de nouveaux records Les marchés boursiers d’Europe continentale ont inscrit de nouveaux records lundi en séance, grâce à la grande fermeté des financières et des technologique, mais ils n’ont pas pu tous maintenir leurs gains jusqu’à la clôture. Les marchés britanniques sont restés fermés et le seront encore mardi. Les emprunts d’État de la zone euro ont quant à eux cédé un peu de terrain dans des échanges très étroits. Les indices des valeurs vedettes ont atteint en séance de nouveaux plus hauts historiques sur les marchés de Francfort, Paris, Amsterdam, Madrid, Milan et Helsinki, puis ils ont dû réduire leurs gains dans l’après-midi, les effaçant totalement dans certains cas. En clôture, l’indice paneuropéen Eurotop 300 a conservé une avance de 0,21 %, à 1 548,77, tandis que l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro a progressé de 0,08 % seulement, à 4 785,17. Milan (+1,56 %) et Francfort (+0,81 %) ont affiché de nouveaux records de clôture, Zurich a gagné encore 0,22 % et Amsterdam était pratiquement inchangée (-0,01 %) mais Paris a terminé en baisse de 0,31 %, tandis que Madrid et Bruxelles perdaient respectivement 0,61 % et 0,78 %. À Francfort, les banques et autres financières ont poursuivi sur leur lancée de la semaine dernière, continuant de bien réagir au projet de défiscalisation, pour les sociétés, des bénéfices tirés de la vente de participations dans d’autres entreprises. Plus forte hausse des valeurs du DAX, Deutsche Bank a progressé de 6,88 %, HypoVerein de 2,56 % et Dresdner de 3,8 %. La compagnie d’assurances Allianz, pour laquelle la réforme fiscale semble également très profitable compte tenu de ses importantes participations dans d’autres sociétés allemandes, a gagné 3,79 %. Dans le même compartiment, Munich Re a clôturé en repli de 2,35 % sur des prises de bénéfices. Les assureurs français ont été assez peu affectés par la tempête qui a traversé dimanche l’Europe du Nord, à l’exception de Scor qui a reculé de 4,34 %. Cette baisse est cependant à relativiser sachant que le titre a bondi de 8 % vendredi. AGF a reculé de 0,46 % et Axa a progressé de 0,22 %. Il faudra attendre plusieurs jours avant de connaître une première estimation des dégâts, ont fait savoir les compagnies d’assurance. En Suisse, Zurich Financial Services a pris 1,6 %, soutenue par une rumeur selon laquelle la société pourrait faire une offre sur la britannique Royal & Sun Alliance. À Paris, la spéculation autour du Crédit Lyonnais s’est apaisée, le titre ne progressant que de 0,20 %. En revanche, Canal Plus a poursuivi sa progression avec un gain de 5,04 % suite à la diffusion la semaine dernière d’études favorables, notamment par Schroders qui a un objectif de cours de 200 euros pour le titre. Bouygues a également encore progressé, de 3,05 %, bénéficiant toujours de la spéculation autour de son activité télécommunications. Plus forte hausse de la place, Cap Gemini conserve une avance de 6,40 %, après un record historique en séance. Dans le compartiment, généralement en repli, de l’énergie, TotalFina a reculé de 5,04 %, affectée à retardement par le naufrage du pétrolier Erika alors que la marée noire a commencé à arriver sur le littoral du sud de la Bretagne. Les analystes estiment que l’impact baisser sur le titre est avant tout d’ordre psychologique et rappellent que l’assurance de l’armateur et le Fipol (fonds d’indemnisation financé par l’industrie pétrolière) prendront en charge la totalité des coûts de dépollution. Mannesmann a affiché une hausse de 0,92 %. Ce groupe allemand a démenti une information du Sunday Business selon laquelle il serait ouvert à une OPA amicale pour contrer l’OPA hostile de Vodafone Airtouch. Tokyo : clôture en légère baisse La Bourse de Tokyo s’est modérément repliée lundi, les investisseurs, préférant jouer la sécurité, liquidant leurs positions avant la fin de l’année. «Personne n’a souhaité entrer dans la nouvelle année avec ses anciennes positions. Donc, mis à part quelques valeurs, le marché a reculé», a commenté Masarum Yamano, de Taiheiyo Securities. L’indice Nikkei 225 a perdu 38,05 points, soit 0,20 %, à 18 546,90 et le contrat mars 60 points à 18 600. L’indice Topix de l’ensemble des valeurs de la première section a cédé 12,77 points, soit 0,76 %, à 1 657,88. Parmi les quelques valeurs qui ont suscité un intérêt acheteur figurent Tomen, plus forte hausse en pourcentage et Kyocera, nouvellement introduites sur le second marché la semaine dernière. La société de négoce Tomen a annoncé qu’elle coopérera avec Olympus Capital Holdings Asia de Hong Kong dans la télévision câblée au Japon. Tomen a gagné 21,8 % à 106 yens. Pour sa part, Kyocera a franchi pour la première fois les 20 000 yens, après que Merrill Lynch eut porté de 18 500 à 22 300 yens son objectif de cours du premier fabricant mondial de céramique pour circuits intégrés. À la suite de cette annonce, Dresdner Kleinwort Benson est passé de «conserver» à «accumuler» sur le titre. La société est recherchée depuis que les opérateurs des télécommunications KDD, DDI et IDO ont présenté un projet de fusion au début du mois pour contester la domination de Nippon Telegraph and Telephone. Kyocera sera le principal actionnaire de la société issue de la fusion. Le titre s’est adjugé 5,90 % à 20 500 yens.
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