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Actualités - Chronologie

Iouri Loujkov, un maire puissant, efficace et controversé

Iouri Loujkov, réélu dès le premier tour à la tête de la mairie de Moscou, règne sans partage sur la capitale russe depuis plus de sept ans. La casquette toujours vissée sur sa tête ronde, cet homme jovial, de petite taille, est adulé par ses partisans qui lui ont fait une réputation d’homme de terrain, de «bâtisseur». Mais il est vilipendé par ses adversaires qui assurent avoir accumulé contre lui de multiple dossiers compromettants. M. Loujkov, 63 ans, est codirigeant avec l’ex-Premier ministre Evgueni Primakov de l’alliance centre-gauche OVR, principal adversaire du Kremlin pour les législatives. Il devra renoncer à son siège de député pour le confortable fauteuil de maire de Moscou, cette ville de neuf millions d’habitants dont la réussite lui est étroitement associée. Loujkov est réputé pour sa capacité à réunir autour de lui des partisans fidèles et efficaces, à attirer les investisseurs, et faire la promotion des projets moscovites auprès du Parlement et du gouvernement. Et ses succès s’affichent : la plus grande cathédrale de Russie, détruite par les bolcheviks et reconstruite grâce à Loujkov, des quartiers résidentiels qui naissent chaque mois, construits à l’occidentale, un luxueux centre commercial creusé au pied du Kremlin... La capitale, même après la crise financière, reste la vitrine du capitalisme russe : premier centre industriel du pays, où les salaires sont nettement supérieurs à la moyenne nationale, où les retraites sont payées en temps et en heure. Mais Iouri Loujkov, qui se vante d’avoir gagné 40 procès en diffamation ces dernières années, est aussi la cible d’accusations incessantes et a fait l’objet pendant la campagne d’une violente offensive médiatique par les médias officiels qui a réussi à faire chuter la liste OVR. Il est pêle-mêle dénoncé pour avoir offert à sa femme un étalon trop cher pour son salaire de fonctionnaire, accusé de résider dans un «palais immense» près de la capitale et d’avoir des relations douteuses avec le chef de la secte Aoum, ou encore d’être à l’origine du meurtre d’un homme d’affaires américain à Moscou. Globalement, on lui reproche d’avoir laissé se développer autour de lui une atmosphère de corruption et de favoritisme. Mais M. Loujkov a sans doute aussi dans ses tiroirs des dossiers sur ses adversaires. Après des études à l’Institut pétrolier et chimique de Moscou, il a fait toute sa carrière au sein de «l’appareil» de la capitale, d’abord au PC, puis aux côtés de Boris Eltsine. En juin 1991, il est élu vice-maire sur la liste du réformateur Gavril Popov et succède à ce dernier lorsqu’il démissionne un an plus tard. Longtemps considéré comme un prétendant sérieux à la succession de Boris Eltsine, Iouri Loujkov semble vouloir s’effacer derrière son allié Evgueni Primakov, plus populaire que lui dans le pays, pour la présidentielle de juin 2000.
Iouri Loujkov, réélu dès le premier tour à la tête de la mairie de Moscou, règne sans partage sur la capitale russe depuis plus de sept ans. La casquette toujours vissée sur sa tête ronde, cet homme jovial, de petite taille, est adulé par ses partisans qui lui ont fait une réputation d’homme de terrain, de «bâtisseur». Mais il est vilipendé par ses adversaires qui assurent avoir accumulé contre lui de multiple dossiers compromettants. M. Loujkov, 63 ans, est codirigeant avec l’ex-Premier ministre Evgueni Primakov de l’alliance centre-gauche OVR, principal adversaire du Kremlin pour les législatives. Il devra renoncer à son siège de député pour le confortable fauteuil de maire de Moscou, cette ville de neuf millions d’habitants dont la réussite lui est étroitement associée. Loujkov est réputé pour sa...