Le dollar a entamé la semaine, hier, à Beyrouth, dans un marché «acheteur» et généralement réticent à l’offre au-dessous du taux moyen indicatif fixé par la Banque du Liban (BDL) pour cette monnaie. Le billet vert s’est, en effet, négocié dans les échanges interbancaires entre 1 509,00 et 1 510,00 LL toute la journée, pendant que la BDL continuait à le proposer à la vente à 1 514,00 LL tout en se déclarant prête à l’acheter à 1 501,00 LL, pour le faire clôturer en moyenne à 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, compte tenu de la réticence de l’offre et de l’étroitesse de la demande, le volume d’affaires n’aurait pas dépassé hier quelque dix millions de dollars entièrement échangés à l’achat et à la vente par les établissements de crédit de la place, dans un marché équilibré de lui-même sans aucune intervention de la BDL. Vulnérabilité du dollar à la veille de la Fed À l’étranger, les grandes devises sont restées confinées dans des marges étroites en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux à la veille de la réunion aujourd’hui du comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed) et dans des échanges de plus en plus calmes à quelques jours des fêtes de Noël et de fin d’année. L’absence d’actualité économique importante et l’apathie croissante des marchés financiers à l’approche des fêtes ont limité hier les mouvements des devises. De plus, les cambistes se sont montrés prudents à la veille de la décision de la Fed sur les taux d’intérêt américains. Même si la grande majorité des analystes tablent sur un statu quo monétaire aux États-Unis, certains craignent toujours que la Fed signale une inclinaison à relever son taux directeur lors de sa prochaine réunion de février 2000. Les opérateurs seront également attentifs dans les prochains jours aux différentes données économiques européennes à paraître, au premier rang desquelles figurent aujourd’hui les chiffres de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) italien pour le troisième trimestre, suivis demain des données sur les prix à l’importation en Allemagne le mois dernier et après demain de celles sur les dépenses des ménages en France pendant la même période, pour s’assurer de la reprise des économies dans la zone euro. La livre sterling est restée de son côté ferme face au billet vert et n’a pas réagi sensiblement aux derniers chiffres publiés hier sur le déficit public britannique qui s’est élevé à 2,01 milliards de livres le mois dernier contre un excédent de 9,10 milliards en octobre. Il en est de même du yen qui s’est apprécié face au billet vert malgré la diminution de 25,7 % de l’excédent commercial nippon le mois dernier par rapport à la période correspondante de 1998, à 6,35 milliards de dollars. Dans ce contexte, la devise américaine a éprouvé beaucoup de difficultés à se maintenir à ses meilleurs niveaux de la semaine dernière, surtout après l’accès de faiblesse hier de Wall Street, se négociant à New York à la baisse, comme suit : – 1,0110 pour un euro contre 1,0080, vendredi dernier – 1,6055 pour un sterling contre 1,6050 – 1,9345 DM contre 1,9400 – 6,4880 FF contre 6,5065 – 1,5810 FS contre 1,5900 – 1 915,20 lires contre 1 920,50 – 102,35 yens contre 103,25. Bourse de Beyrouth : poursuite de la hausse de Solidere À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est davantage raffermie hier, avec la poursuite de la hausse des deux actions A et B de Solidere de 7 1/2 à 7 7/8 dollars chacune et de la Byblos Bank C de 2 1/16 à 2 1/8 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,95 % à 75,97 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a progressé de 0,11 % à 177,00 points. Ce mouvement de hausse s’est produit toutefois dans un volume d’affaires modérément étoffé avec 129 166 actions d’une valeur globale de 312 420 dollars. Affaiblissement de Wall Street Sur les places boursières internationales, Wall Street a fait preuve de vulnérabilité à la veille de la réunion aujourd’hui du comité de l’open market de la Fed qui, selon la majorité des analystes, ne devrait pas apporter de changements à la politique monétaire américaine mais pourrait faire part de son intention de relever les taux des fonds fédéraux (Fed funds) lors de sa prochaine réunion en février pour freiner le rythme de l’expansion de l’économie. En outre, des dénouements de positions après les expirations trimestrielles d’options sur des actions et des indices boursiers vendredi, ont pesé hier sur le Dow Jones et le Standard and Poor’s 500. Pourtant, le Nasdaq de la Bourse électronique a continué, en revanche, à profiter d’achats dans la haute technologie encouragés par les annonces d’une série de divisions d’actions par des sociétés du secteur, comme Oracle et Red Hat. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû osciller entre un plus haut à 11 310,03 points et un plus bas à 11 110,22 points, avant d’afficher en préclôture 11 127,75 points, en baisse de 129,68 points sur vendredi dernier. Hésitation des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont débuté la semaine sur une note hésitante puis ont effacé une partie de leurs gains initiaux. L’attention des intervenants s’est portée surtout sur les fusions annoncées dans les secteurs de la pharmacie et de la banque tandis que les premiers résultats des élections législatives en Russie sont jugés encourageants, le Parlement devant être moins largement dominé par les communistes. À la fin de la journée l’indice paneuropéen Eurotop 300 a progressé de 0,6 %, à 1 516,26, tandis que l’euro STOXX 50 des valeurs vedettes de la zone euro affichait un léger gain de 0,2 %, à 4 547,33. La Bourse de Francfort a gagné encore 0,33 % et celle de Paris 0,34 %, tandis que Madrid est pratiquement inchangée à + 0,03 %. Sur les autres places, les gains ressortent à 1,15 % à Milan, 0,51 % à Amsterdam, 0,38 % à Zurich, 0,21 % à Londres et 0,09 % à Bruxelles. Le groupe américain de sciences de la vie Monsanto et le groupe pharmaceutique américano-suédois Pharmacia & Upjohn ont annoncé dimanche leur décision de fusionner pour créer un groupe de plus de 50 milliards de dollars de capitalisation boursière. Le nouveau groupe sera le numéro onze mondial de la pharmacie, avec un chiffre d’affaires de 10 milliards de dollars pour les seuls médicaments vendus sur ordonnance. Dans le même domaine, hier lundi a été le premier jour de cotation à Paris, Francfort et New York d’Aventis, la société issue de la fusion du français Rhône-Poulenc et de l’allemand Hoechst. Le nouveau titre, qui avait ouvert au niveau de clôture de Rhône-Poulenc vendredi, soit à 65,10 euros, a ensuite perdu jusqu’à cinq pour cent, avant de réduire ses pertes pour les ramener à Paris à 1,53 %, à 61,05 euros. La Bourse de Madrid a pu effacer ses pertes initiales grâce à l’enthousiasme suscité par la fusion de Banco Bilbao Vizcaya et Argentaria, qui vont créer ainsi la banque BBVA. Après l’approbation samedi de cette fusion par les actionnaires des deux établissements, l’action BBV est en très léger progrès de 0,07 % en matinée, à 14,08 euros, tandis qu’Argentaria gagne 0,03 %, à 23,19 euros. Les boursiers se sont déclarés déçus par les faibles gains de 0,11 % conservés vendredi en clôture par le Dow Jones à Wall Street, même si le Nasdaq a affiché un nouveau record, en hausse de 1,02 %. Les professionnels s’attendent à une certaine volatilité des cours en Europe, due à la contraction des liquidités à l’approche du nouvel an. En effet, bon nombre de gérants de portefeuille ont déjà bouclé leurs opérations pour l’année, craignant d’avoir à procéder des opérations de liquidations au moment du changement de millénaire. «Beaucoup d’institutionnels ont arrêté leurs comptes, donc on peut toujours s’attendre à de fortes fluctuations dans un marché étroit», a dit un courtier d’une firme britannique. Tokyo : clôture en hausse La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 0,4 % lundi, le retrait du yen ayant encouragé les investisseurs à repartir à la chasse aux valeurs exportatrices. L’indice Nikkei 225 a progressé de 80,37 points à 18 175,49. L’indice élargi Topix a, quant à lui, perdu 10,99 points à 1 622,49, dans un volume d’échanges estimé à 494 millions d’actions contre 541,2 millions vendredi. La baisse du yen dans la matinée avait incité les investisseurs à se porter sur les valeurs exportatrices telles que Sony, Toyota Motor et Sharp, ont indiqué de sources de marché. «Les investisseurs ont acheté des exportatrices après le léger recul du yen face au dollar», a estimé Masaaki Higashida de Nomura Securities. Un yen plus faible rend les exportations japonaises plus compétitives en rendant les produits nippons comparativement meilleur marché. Au cours des échanges, la devise japonaise est tombée jusqu’à 103,40. «Toutefois, les achats sont restés modestes, les investisseurs ne disposant pas d’incitations claires», a ajouté M. Higashida. De nombreux investisseurs ont profité de la hausse du marché pour prendre leurs bénéfices et réduire leurs positions avant la fin de l’année, selon les opérateurs. «Les investisseurs institutionnels doivent encore réduire leurs positions avant la fin de l’année, quant aux courtiers, ils essaient de ne plus prendre de nouvelles positions à partir de maintenant», a expliqué un opérateur de Chuo Securities. «Dans de telles conditions, la plupart des investisseurs achètent des valeurs sur lesquelles ils peuvent rapidement prendre leurs bénéfices, comme Toyota et Sony».
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