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Actualités - Chronologie

Recherche Liens et relations entre gestes et parole (photos)

Les peuples méditerranéens, on le sait, parlent avec les mains. Ils les agitent pour décrire ou décrier, menacer, renforcer un argument ou une opinion. Un geste de la main peut insulter, éconduire, blesser à mort, ou appeler, avouer un sentiment caché, exprimer de l’amour ou de la répugnance. Des psychologues britanniques et américains sont en train de décortiquer les liens des gestes qui accompagnent la parole. Pour les chercheurs britanniques, les gesticulations qui accompagnent la parole ne facilitent pas le flux du langage ni sa production. Les chercheurs américains y voient un moyen inconscient de renforcer et de prolonger l’effet de la parole. Deux thèses qui s’opposent en attendant le verdict définitif. Entre-temps, même si les gesticulations remplacent difficilement des mots bien choisis et l’orfèvrerie de certaines phrases, il y a des gestes qui ouvrent grandes les portes du cœur. Et tant pis pour la science et ses éprouvettes... Le mot qui fuit, le mot sur la langue qui se refuse malgré l’agacement du sujet et les efforts de sa mémoire. Un ballet des mains accompagne presque spontanément cette recherche du mot rebelle. On ne peut, en fait, nier le lien troublant unissant les gestes aux mots. Et pas seulement chez les Orientaux... Dans leurs expériences, les deux psychologues se sont appliqués à favoriser, chez soixante de leurs étudiants, l’apparition du mot fuyant sur le bout de la langue. Les trente premiers volontaires étaient libres de gesticuler à leur guise, à partir de la définition de 25 mots peu courants (passoire, xylophone, atrium, etc.). Les trente autres étudiants soumis à la même épreuve étaient interdits de mouvements: défense d’agiter les mains, les pieds ou les muscles du visage lorsque le mot leur échappait. Or, attelés à la même tâche que les autres, non seulement ils trouvèrent un plus grand nombre de mots (72,4%) que les gesticulants (66,8%) mais ils eurent aussi bien moins de mots récalcitrants à repêcher (9,6%) contre 14,9% pour le groupe des remuants. Ces résultats ont conduit les deux chercheurs à la conclusion «qu’agiter les mains, marteler la table, se frotter le front, remuer les pieds ou encore faire des gestes descriptifs évoquant le mot recherché n’aident et ne facilitent nullement l’accès au lexique mental». La version américaine Le point de vue des psychologues américains est à l’opposé de cette thèse. Selon le psycholinguiste David McNeil, qui a établi une liste de 44 gestes associés au langage, recensés par lui-même, les gestes seraient un moyen inconscient d’empêcher l’interlocuteur d’interrompre la conversation, tandis que l’orateur cherche le mot manquant. À l’exemple de l’ordinateur affichant sur son écran un minuscule montre-bracelet pour indiquer qu’il est en train d’explorer sa mémoire. Il s’agirait, donc, d’un processus relié à l’intelligence (cognitif) revêtant un rôle social. Pour David McNeil, professeur à l’Université de Chicago, le mouvement des mains complète et prolonge les informations apportées par les mots. L’emploi de l’index, par exemple, où le martèlement des doigts renforce l’importance que le locuteur attache à ses propos ou à son discours. Argumentation contestée par l’Américaine Java Iverson qui remarque que la gesticulation a aussi lieu durant des entretiens téléphoniques. Ou encore, comme elle l’a elle-même expérimenté, lors des conversations avec des personnes non-voyantes. Cette psychologue de l’Université de l’Indiana estime que les gestes assistent plus celui qui les exécute que celui qui en est témoin. Cette spécialiste poursuit à l’heure actuelle l’étude de l’influence des gestes en question sur la mémoire. En projetant à des volontaires, totalement libres de leurs mouvements, un court film de dessins animés, elle leur demande de se remémorer les détails une semaine plus tard. Selon les résultats préliminaires, la restitution est plus fidèle chez les volontaires à gesticulation prononcée. De quoi réconforter les peuples qui, instinctivement, unissent le geste à la parole... et tant pis pour les Britanniques, dont les travaux contredisent cette participation des mains au labeur cérébral. Il faut peut-être rappeler que pour un certain nombre de peuples, les jeux de mains continuent à être considérés le propre des vilains. «Shoking my Dear...».
Les peuples méditerranéens, on le sait, parlent avec les mains. Ils les agitent pour décrire ou décrier, menacer, renforcer un argument ou une opinion. Un geste de la main peut insulter, éconduire, blesser à mort, ou appeler, avouer un sentiment caché, exprimer de l’amour ou de la répugnance. Des psychologues britanniques et américains sont en train de décortiquer les liens des gestes qui accompagnent la parole. Pour les chercheurs britanniques, les gesticulations qui accompagnent la parole ne facilitent pas le flux du langage ni sa production. Les chercheurs américains y voient un moyen inconscient de renforcer et de prolonger l’effet de la parole. Deux thèses qui s’opposent en attendant le verdict définitif. Entre-temps, même si les gesticulations remplacent difficilement des mots bien choisis et l’orfèvrerie de...