L’avocat de l’ancien ministre de l’Intérieur Abdollah Nouri a déposé hier une «demande d’annulation» de la condamnation de son client après avoir rencontré le président Mohammad Khatami. «J’ai rencontré ce matin l’ayatollah Morteza Moghtadaï, procureur de la République, et j’ai déposé une requête d’annulation de la condamnation de M. Nouri», a déclaré Me Mohsen Rahami dans une conférence de presse à Téhéran. Selon l’avocat, «si cette requête est acceptée, M. Nouri pourra demander à la Cour suprême d’ordonner un nouveau procès». L’avocat a tenu à souligner qu’il avait décidé de demander l’annulation «pure et simple» de la condamnation de M. Nouri, après avoir rencontré le président Mohammad Khatami et l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani. «J’ai répondu aux vœux de mes interlocuteurs en ayant déposé ma requête», a ajouté le juriste, affirmant que M. Nouri proteste contre «la procédure juridique» utilisée lors de son procès devant le Tribunal religieux spécial (TRS, juridiction d’exception chargée de juger des membres du clergé en Iran). M. Nouri a été condamné à cinq ans de prison pour «propagande anti-islamique» dans son journal interdit Khordad. Me Rahami avait affirmé que M. Nouri ne voulait pas faire appel de sa condamnation. La justice avait fixé le 17 décembre comme date limite pour un recours en appel de la condamnation. Le refus de M. Nouri de faire appel s’explique par le fait qu’il ne reconnaît pas le TRS, qui l’avait jugé. M. Nouri s’était dit prêt à être jugé devant «un tribunal civil». Âgé de 52 ans, M. Nouri est un allié politique du président réformateur Mohammad Khatami et très populaire parmi les jeunes. Il avait chargé son avocat par procuration de déposer sa candidature aux législatives du 18 février 2000. Tant que la condamnation de M. Nouri, prononcée par le TRS, n’est pas suspendue par une cour d’appel, il ne pourra pas se présenter au scrutin. Toute candidature au Parlement doit être approuvée en dernier lieu par le Conseil de surveillance, une instance de contrôle constitutionnel dominée par les conservateurs qui juge de la conformité des candidats aux «principes de base de la révolution islamique». En rendant son verdict, le juge du tribunal clérical Mohammad Salimi avait présenté le jugement de M. Nouri comme «définitif». Mais quelques jours plus tard, le président du tribunal, Mohseni Ejeï, avait indiqué qu’un appel était recevable, ce qui, comme le prévoit la procédure, devait permettre à M. Nouri de se porter candidat aux élections. Chiffre record Au total, 6 800 candidats, dont plus de 250 femmes, se sont inscrits aux élections législatives du 18 février en Iran, un chiffre record pour un scrutin législatif. À Téhéran, ville de dix millions d’habitants, plus d’un millier de personnes, dont une centaine de femmes, ont déposé leur candidature, a ajouté le ministère dans un communiqué diffusé en milieu de journée par la radio et la télévision d’État. Les commissions de supervision des élections relevant du ministère de l’Intérieur et du Conseil constitutionnel ont commencé dès samedi matin l’examen des dossiers des candidats, a ajouté le ministère. Plusieurs personnalités politiques radicales, proches du président réformateur Mohammad Khatami, se sont portées candidates pour la circonscription de la capitale, qui compte 30 sièges à pourvoir et où les résultats du scrutin sont déterminants pour la physionomie politique de la prochaine Assemblée. En revanche, le président du Parlement sortant Ali Akbar Nategh-Nouri, chef de file des conservateurs, a créé la surprise en refusant de se représenter. Selon le journal Abrar, M. Nategh-Nouri devrait remplacer Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani à la tête du Conseil de discernement, une instance d’arbitrage du régime islamique. M. Rafsandjani, ancien chef de l’État, s’est porté candidat à Téhéran, tout comme l’ex-ministre des Renseignements, l’hodjatoleslam Ali Fallahian, l’une des personnalités les plus connues du régime. En outre, environ 80% des 270 députés de l’Assemblée sortante se sont représentés au prochain scrutin.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’avocat de l’ancien ministre de l’Intérieur Abdollah Nouri a déposé hier une «demande d’annulation» de la condamnation de son client après avoir rencontré le président Mohammad Khatami. «J’ai rencontré ce matin l’ayatollah Morteza Moghtadaï, procureur de la République, et j’ai déposé une requête d’annulation de la condamnation de M. Nouri», a déclaré Me Mohsen Rahami dans une conférence de presse à Téhéran. Selon l’avocat, «si cette requête est acceptée, M. Nouri pourra demander à la Cour suprême d’ordonner un nouveau procès». L’avocat a tenu à souligner qu’il avait décidé de demander l’annulation «pure et simple» de la condamnation de M. Nouri, après avoir rencontré le président Mohammad Khatami et l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani. «J’ai répondu aux...