Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Comment relancer les négociations ?

Les 135 États membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), encore sous le choc de l’échec de Seattle, ne savent pas comment relancer les négociations commerciales. Leurs ambassadeurs, réunis vendredi dernier pour la première fois à Genève depuis la conférence ministérielle (30 novembre-3 décembre) au sein du Conseil général (exécutif de l’OMC), ont préféré remettre à janvier l’évaluation de ce qui s’est passé à Seattle et ce qu’il convient d’entreprendre. Les États-membres ont «estimé qu’aborder cette question dans la réunion d’aujourd’hui n’était pas une bonne idée», a résumé vendredi le porte-parole de l’OMC, Keith Rockwell. Plusieurs diplomates ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient voir la séance aborder cette question conflictuelle, arguant du fait que leur gouvernement respectif n’avait pas encore achevé l’examen de l’échec de Seattle. Les deux semaines passées depuis la conférence «n’ont pas été suffisantes» pour permettre aux capitales d’examiner les raisons de cet échec, a souligné l’ambassadeur du Maroc, Nacer Benjelloun-Touimi. «La température est encore trop élevée. Il faudra une évaluation à froid», a-t-il dit. La représentante américaine au commerce, Charlene Barshefsky, qui présidait la conférence de Seattle, avait chargé le directeur général Mike Moore de poursuivre à Genève au niveau des ambassadeurs des consultations pour continuer le processus engagé dans la capitale de l’État de Washington. Pour les États-Unis, la conférence n’est que suspendue. L’ambassadrice américaine à l’OMC, Rita Hayes, a de nouveau souligné les «progrès» réalisés à Seattle. «Nous avons réduit les différences entre nous», a-t-elle dit. Le conseil général de vendredi n’a donc fait qu’approuver le budget de fonctionnement pour l’an 2000 (quelque 85,1 millions de dollars, en hausse de 4,5 % par rapport à 1999) et entériner la demande d’adhésion de la Jordanie. Tout le reste «est suspendu» jusqu’à l’an prochain, a dit Keith Rockwell, en affirmant qu’il y a même des divergences de vues sur le statut de la conférence de Seattle aux termes de l’OMC. «Les membres ont dit très clairement que des consultations informelles sont nécessaires sur une grande variété de questions», affirme une déclaration adoptée par consensus. Selon les accords de Marrakech mettant fin à l’Uruguay Round en 1994, des négociations doivent s’ouvrir le 1er janvier 2000 sur l’agriculture et les services, pour en poursuivre la libéralisation. Formellement donc, les négociations seront ouvertes au début de l’année, mais aucune modalité ni calendrier n’ont été arrêtés, tout cela étant confié aux consultations informelles entre pays membres et au prochain conseil général en janvier. Un flou préoccupant règne également sur la prolongation des groupes de travail concernant la concurrence, l’investissement, les marchés publics, le commerce électronique. Des délais arrivent aussi à échéance au 31 décembre pour la mise en œuvre de différents accords, notamment sur la propriété intellectuelle et les mesures liées à l’investissement. Les pays pauvres, qui ne sont pas prêts, s’en sont alarmés. La déclaration adoptée par consensus par le conseil général demande en substance aux États membres d’«exercer leur retenue», en clair d’éviter de déposer des plaintes contre ces pays pendant cette période transitoire. L’ambassadeur du Maroc, qui est chef de file du groupe des pays non alignés, s’est dit confiant : «L’avion de l’OMC a traversé au-dessus de Seattle une zone de turbulences. Il a atterri. Il va falloir l’huiler, changer certaines pièces. Mais il est intact et il revolera».
Les 135 États membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), encore sous le choc de l’échec de Seattle, ne savent pas comment relancer les négociations commerciales. Leurs ambassadeurs, réunis vendredi dernier pour la première fois à Genève depuis la conférence ministérielle (30 novembre-3 décembre) au sein du Conseil général (exécutif de l’OMC), ont préféré remettre à janvier l’évaluation de ce qui s’est passé à Seattle et ce qu’il convient d’entreprendre. Les États-membres ont «estimé qu’aborder cette question dans la réunion d’aujourd’hui n’était pas une bonne idée», a résumé vendredi le porte-parole de l’OMC, Keith Rockwell. Plusieurs diplomates ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient voir la séance aborder cette question conflictuelle, arguant du fait que leur...