Ricardo Lagos, l'artisan du retour de la démocratie
le 14 décembre 1999 à 00h00
Le socialiste Ricardo Lagos a joué un rôle fondamental dans le retour de la démocratie au Chili. Président de l’Alliance démocratique, qui regroupait dans les années 80 la majorité des partis opposés au régime militaire, il fut l’un des partisans les plus convaincus de la nécessité de participer au référendum d’octobre 1988, qui se solda par un échec pour le général Pinochet et ouvrit la voie au retour à la démocratie. Le 25 avril 1988, Ricardo Lagos avait stupéfié le pays en pointant un index accusateur vers les caméras de télévision qui le filmaient et en enjoignant le général Pinochet à quitter le pouvoir. Deux ans plus tôt, il avait été emprisonné après qu’un commando de guérilleros eut mitraillé un convoi de Pinochet, tuant cinq de ses gardes du corps. Il avait été libéré trois semaines plus tard après une intense campagne internationale. Ricardo Lagos aura fort à faire lors du second tour, le 16 janvier, pour devenir le second président socialiste élu du Chili après Salvador Allende, dont il fut un collaborateur. Allende l’avait désigné en 1973 comme ambassadeur en Union soviétique, une fonction qu’il ne put occuper, sa nomination ayant été rejetée par l’opposition. Brillant universitaire, avocat et économiste, âgé de 61 ans, Ricardo Lagos s’identifie à un socialisme moderne, rénové, proche de la social-démocratie. Sous sa conduite, le socialisme chilien a renoué avec la démocratie-chrétienne, opposée au socialisme sous le régime Allende. Après être devenu avocat, il passa un doctorat en économie à l’Université américaine de Duke (Caroline du Nord) en 1962 et fut professeur à l’Université du Chili pendant les dix années suivantes. Entre 1974 et 1978, il travailla à l’Université de Caroline du Nord, aux Nations unies et à l’Organisation internationale du travail. Il a été ministre de l’Éducation du président démocrate-chrétien Patricio Aylwin (1990-1994) et ministre des Travaux publics du gouvernement d’Eduardo Frei, une fonction qu’il a abandonnée il y a sept mois pour se lancer dans la campagne des présidentielles.
Le socialiste Ricardo Lagos a joué un rôle fondamental dans le retour de la démocratie au Chili. Président de l’Alliance démocratique, qui regroupait dans les années 80 la majorité des partis opposés au régime militaire, il fut l’un des partisans les plus convaincus de la nécessité de participer au référendum d’octobre 1988, qui se solda par un échec pour le général Pinochet et ouvrit la voie au retour à la démocratie. Le 25 avril 1988, Ricardo Lagos avait stupéfié le pays en pointant un index accusateur vers les caméras de télévision qui le filmaient et en enjoignant le général Pinochet à quitter le pouvoir. Deux ans plus tôt, il avait été emprisonné après qu’un commando de guérilleros eut mitraillé un convoi de Pinochet, tuant cinq de ses gardes du corps. Il avait été libéré trois semaines...
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