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Actualités - Reportages

Droits de l'homme Les défenseurs des libertés de plus en plus réprimés

La répression à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme «s’étend et paraît s’enraciner» dans beaucoup de pays du monde, a souligné hier l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, dans son deuxième rapport annuel. Cet observatoire est un programme commun à la Fédération internationale des Ligues de droits de l’homme (FIDH), basée à Paris, et à l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), basée à Genève. «Dans près de 60 États, soit près du tiers de la planète, les militants sont harcelés et réprimés. Dans une dizaine de pays, il est absolument impossible de défendre les droits humains de façon indépendante; dans une trentaine d’autres, cette activité est systématiquement ou constamment contrecarrée», indique l’observatoire. «Entre novembre 1998 et octobre 1999, au moins 200 défenseurs des droits de l’homme ont été pris pour cible en raison de leurs activités», selon ce rapport. «Au cours de cette année, au moins 16 défenseurs ont été sommairement exécutés et 96 ont fait l’objet d’une disparition forcée, d’un enlèvement ou d’une détention arbitraire, certains d’entre eux ont été torturés», ajoute-t-il. Le rapport passe en revue la situation des défenseurs des droits de l’homme dans les principales régions du monde. «Si le bilan d’ensemble est critique, voire peu réjouissant ailleurs, il est particulièrement sévère pour l’Afrique qui fait figure, à cette étape tragique de son histoire, de continent martyr des droits de l’homme», note le rapport. L’observatoire affirme que la République démocratique du Congo (RDC) «détient le triste record du nombre d’arrestations ou de détentions arbitraires, avec 15 cas recensés cette année sur l’ensemble du territoire». Il note en revanche des progrès au Nigeria, où la liberté d’action des défenseurs des droits de l’homme «s’est considérablement améliorée depuis la chute du régime du général Sani Abacha en juin 1998 et l’investiture du président Olusegun Obasanjo, le 29 mai 1999». En Amérique latine, observe le rapport, «l’engagement en faveur des libertés fondamentales est souvent synonyme de mort». «Durant ces deux dernières années, plus de 80 attentats ont été perpétrés à l’encontre d’individus ou d’organisations, au cours desquels au moins 20 défenseurs ont trouvé la mort», indique-t-il. «En Colombie, pour cette seule année 1999, six militants ont payé de leur vie leur combat pour la paix», ajoute-t-il. En Europe, l’observatoire insiste sur la situation de la Turquie. Selon lui, 15 défenseurs des droits humains y ont fait l’objet de poursuites judiciaires. Parmi eux, Akin Birdal, vice-président de la FIDH, a été condamné à deux ans de prison par la Cour de sûreté de l’État. Le rapport s’intéresse aussi au Royaume-Uni. «Les seuls cas de défenseurs harcelés figurent parmi les avocats exerçant leurs activités en Irlande du Nord», indique l’observatoire en dénonçant les «intimidations» émanant de la police d’Irlande du Nord, contrôlée par Londres. Au Maghreb et au Proche-Orient, l’année «a été marquée par l’adoption de nouvelles lois ou mesures restreignant la liberté d’action des organisations de défense des droits de l’homme». Dans les territoires palestiniens, les défenseurs voient leurs activités entravées à la fois par les Israéliens et par les autorités palestiniennes, selon l’observatoire. Le rapport dénonce aussi «l’arsenal répressif d’une très grande sophistication» employé en Tunisie.
La répression à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme «s’étend et paraît s’enraciner» dans beaucoup de pays du monde, a souligné hier l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, dans son deuxième rapport annuel. Cet observatoire est un programme commun à la Fédération internationale des Ligues de droits de l’homme (FIDH), basée à Paris, et à l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), basée à Genève. «Dans près de 60 États, soit près du tiers de la planète, les militants sont harcelés et réprimés. Dans une dizaine de pays, il est absolument impossible de défendre les droits humains de façon indépendante; dans une trentaine d’autres, cette activité est systématiquement ou constamment contrecarrée», indique l’observatoire. «Entre novembre...