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Actualités - Chronologie

Vogues, vagues et féminisme La décennie des filles

Les dernières dix ans du siècle? C’est la décennie des «filles». Qui oserait contester cette proclamation du redoutable Bust, porte-parole du nouveau féminisme USA? Le New Girl Order (NGO) est le féminisme «troisième vague». Il succède aux suffragettes au chignon et au parapluie en bataille ainsi qu’aux incendiaires soutiens-gorge des années 70. Les porte-drapeaux du New Girl Order s’appellent Debbie Stollen, Marcelle Karp, Laurie Henzel. Leur journal porte-parole, Bust, débuta comme une modeste feuille de chou, polycopiée et agrafée à la main. Le contenu était assuré par les trois fondatrices et leurs copines. Elles y déversaient leurs «trop-pleins» à propos de tout et de tous. Elles abordaient dans leurs écrits tous les thèmes qui concernent la vie quotidienne des femmes et dont personne ne parle jamais. Résultat: une petite revue hors du commun, drôle, énergique, provocatrice, émancipée et irrévérencieuse... Elle fit immédiatement sensation et ne tarda pas à devenir «la seule voix féminine authentique» happée des kiosques et des devantures des libraires dès sa parution. Son secret de réussite consiste dans le savant dosage d’insolent réalisme versé au sein d’un univers illusoire très fastueux servi sur papier glacé. L’univers en question est peuplé de célébrités maladivement égocentriques et d’opulents annonceurs adorateurs de leur forme et d’un faste hors du temps qu’ils prônent. Bust proclame que tant que les femmes manqueront de confiance en elles-mêmes, toutes ces industries qui exploitent leur manque de discernement vont continuer à faire des millions sur leur dos... En fait, ce qui fait le succès et la fortune de ce journal néo-féministe c’est le sentiment d’incompatibilité, d’inadéquation, qu’il crée chez les lectrices par l’image judicieusement caricaturale d’un univers dont il feint tracer les reflets fastueux, illusoires. Journal-pamphlet très original «fait main et à domicile» mais contenant quand même publicités et photos couleur, Bust est tiré à 32000 exemplaires, paraissant deux fois l’an. Un vrai record pour une publication dont chaque numéro coûte environ 30000 dollars. «Personne n’est rémunéré chez nous, excepté l’imprimeur», assurent en gros caractères les trois fondatrices-directrices de la revue. Qu’est-ce qui fait l’énorme succès de cette publication artisanale qui gagne à grand pas le lectorat d’une bonne partie des États-Unis? Sans doute son franc-parler et son style direct, proche du vécu. Les confidences publiées, envoyées par les lectrices, sont des textes qui reflètent une réalité profonde. On y trouve des confessions hilarantes, crues, intimes mais aussi dérangeantes, révélatrices. Publiées certes sous pseudonymes, elles ne reflètent pas moins une réalité généralement insoupçonnée. Des vogues et des courants Il faut rappeler que le féminisme occupe une part de lion dans les chroniques. Elles permettent ainsi de constater que si celui des périodes passées était basé sur la lutte pour l’égalité, les droits, condamnant sans merci fards, provocation et mini-jupes, celui d’aujourd’hui a énormément élargi sa vision. Le choix reste libre entre «sexy look» et «aspect hommasse». Les militantes peuvent parfaitement être des «aguicheuses». La vie privée n’est plus aussi méticuleusement reniflée que dans le passé. Femme mariée ou femme libérée, femme à hommes ou sombre célibataire, elle n’a pas à subir la surveillance, l’opprobre ou le déshonneur d’autrefois. Sa vie lui appartient. «Il y a trente ans, proclame un article du dernier numéro de Bust, on pensait que le suprême cadeau fait aux femmes par le féminisme était la récompense d’être heureuse sans partenaire. Aujourd’hui on réalise que c’est faux. Il y a encore beaucoup de choses à changer et bien du terrain à gagner, mais la plupart des femmes, féministes ou pas, aspirent et souhaitent partager leur vie avec quelqu’un». Même si les femmes restent toujours les mêmes, il y a des modes pour les idées, les comportements, la vision du couple, comme celle de l’existence. Si elles ne changent pas deux ou trois fois l’an, elles ne sont pas moins versatiles que la longueur des jupes. Il n’est plus à la mode, on le constate, de brûler ses sous-vêtements ou de se vouer au culte solitaire de la laideur partisane. Sans être accusée de lèse-féminisme et sans risquer le lynchage, une «militante» aujourd’hui a le droit d’aspirer d’être au mieux de sa forme, de s’occuper de son corps et ne pas haïr les hommes. Au lieu d’être contre eux, elles préfèrent en être tout contre...
Les dernières dix ans du siècle? C’est la décennie des «filles». Qui oserait contester cette proclamation du redoutable Bust, porte-parole du nouveau féminisme USA? Le New Girl Order (NGO) est le féminisme «troisième vague». Il succède aux suffragettes au chignon et au parapluie en bataille ainsi qu’aux incendiaires soutiens-gorge des années 70. Les porte-drapeaux du New Girl Order s’appellent Debbie Stollen, Marcelle Karp, Laurie Henzel. Leur journal porte-parole, Bust, débuta comme une modeste feuille de chou, polycopiée et agrafée à la main. Le contenu était assuré par les trois fondatrices et leurs copines. Elles y déversaient leurs «trop-pleins» à propos de tout et de tous. Elles abordaient dans leurs écrits tous les thèmes qui concernent la vie quotidienne des femmes et dont personne ne parle jamais....