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Actualités - Chronologie

La Macédoine, un pays à l'équilibre fragile

L’équilibre fragile de la Macédoine, un petit pays de deux millions d’habitants et 25 000 kilomètres carrés, est ébranlé par les tirs de l’Otan qui visent depuis deux jours la Yougoslavie voisine, estimait-on vendredi à Skopje. Jeudi soir, une violente manifestation s’est déroulée dans la capitale. L’ambassade américaine, ainsi que les représentations britannique et allemande, ont été prises à partie. La police, débordée, n’est intervenue qu’après coup. Avant les frappes, la seule inquiétude clairement perceptible provenait de l’afflux de réfugiés albanais. La population macédonienne compte environ 30 % d’Albanais. Les Macédoniens sont 60 % et les autres ethnies sont largement minoritaires. Les Serbes ne représentent que 2 %, soit 40 000 personnes. Les habitants craignent que l’équilibre fragile de ce pays, indépendant depuis 1991, ne soit rompu par un afflux massif d’Albanais qui iraient se fondre rapidement dans leur communauté. Celle-ci, installée dans le nord-ouest du pays, a déjà posé des problèmes au gouvernement précédent, qui avait même mis en prison ses principaux responsables à la suite d’incidents violents. Le nouveau gouvernement nommé après les élections législatives d’octobre 1998 est issu d’une coalition. Le parti au pouvoir, d’essence slave, aurait pu s’en passer, ayant obtenu une majorité de 62 sièges sur 120. Mais il a intégré dans le gouvernement le Parti démocratique albanais (DPA), le plus extrémiste, en lui offrant cinq portefeuilles, s’assurant ainsi une tranquillité intérieure. Sur le plan extérieur, les Macédoniens, qui étaient yougoslaves il y a 10 ans dans le cadre d’une république fédérée, ont vivement réagi après les frappes de l’Otan. Visages fermés, la plupart des habitants interrogés ne cachent pas leur inquiétude. Ils se disent plus «choqués» par l’action militaire, qu’ils considèrent offensive, qu’inquiétés par d’éventuelles représailles visant les forces de l’Otan qui auraient des effets sur les populations. La manifestation de jeudi après-midi, si elle a sans doute été organisée par le petit Parti démocratique serbe – qui, à plusieurs reprises, a mobilisé ses troupes contre la présence de l’Otan –, a pris une ampleur inattendue. Les policiers se sont laissés surprendre. Des cars sont descendus des villes voisines, mais aucun rassemblement n’avait été fixé. Partis 500 de l’hôtel Continental, où ils avaient crié leur mécontentement devant la presse internationale, ils se sont retrouvés 10 000 devant l’ambassade américaine. Le premier ministre, Ljubco Georgievski, a reconnu dans une interview à la presse gouvernementale diffusée vendredi matin qu’un sentiment anti-Otan apparaissait «petit à petit» parmi les habitants. Il a expliqué qu’à ses yeux, l’Otan offrait une garantie aérienne et terrestre maximale.
L’équilibre fragile de la Macédoine, un petit pays de deux millions d’habitants et 25 000 kilomètres carrés, est ébranlé par les tirs de l’Otan qui visent depuis deux jours la Yougoslavie voisine, estimait-on vendredi à Skopje. Jeudi soir, une violente manifestation s’est déroulée dans la capitale. L’ambassade américaine, ainsi que les représentations britannique et allemande, ont été prises à partie. La police, débordée, n’est intervenue qu’après coup. Avant les frappes, la seule inquiétude clairement perceptible provenait de l’afflux de réfugiés albanais. La population macédonienne compte environ 30 % d’Albanais. Les Macédoniens sont 60 % et les autres ethnies sont largement minoritaires. Les Serbes ne représentent que 2 %, soit 40 000 personnes. Les habitants craignent que l’équilibre...