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Actualités - Reportages

Incalculable, le bug de l'an 2000 effraie les assureurs

La menace d’un bug informatique lors du passage à l’an 2000 était un défi pour tous les industriels au CeBIT de Hanovre, mais il effraie encore plus les assureurs. Aucun grand nom de l’assurance ne proposait une couverture spéciale pour protéger les utilisateurs ou les fabricants contre les éventuels sinistres ou accidents dus à un changement de millénaire défectueux. Aucun n’était venu au CeBIT. Les assureurs sont pourtant en première ligne. L’Allemand Munich Ré, numéro un mondial de la réassurance, a fait la liste des «effets potentiels»: erreurs de calcul, perte de données, arrêt des circuits de production automatisés, blocage informatique. Traduction pour les entreprises : une perte financière. Pour les assureurs, un flot de réclamations. «Il n’y a dans le monde entier aucune assurance digne de ce nom sur le marché», reconnaît-on chez Allianz. «Nous voulons aussi gagner de l’argent et, dans ce cas, le risque pèse trop sur les assureurs», justifie Martin Bendrich, porte-parole de la compagnie. Autre argument du premier assureur allemand : «Le problème n’est pas apparu sans prévenir. Les entreprises ont eu le temps de se préparer». Allianz croise les doigts mais prévoit quand même des renforts d’effectifs pour le début de l’an 2000. En réalité, le danger semble impossible à mesurer par les modèles mathématiques habituels. Ordinateurs, installations téléphoniques, télésurveillance, magnétoscopes, pacemakers, personne ne sait ce qui va se passer, si les assureurs seront submergés de demandes de remboursement, ni combien ils devront débourser dans le pire des scénarios. Il n’est pas sûr que les experts mobilisés trouvent, sur des centaines de millions de logiciels ou produits à horloges intégrées, tous les champs réservés à la date pour les corriger à temps. Ils doivent empêcher les appareils d’interpréter les deux zéros de l’an 2000 comme un retour à 1900, à chaque fois que la date est signifiée par deux chiffres. La carte de la prévention Encore faut-il connaître les langages de programmation aussi antiques que le Cobol ou bien savoir quels microprocesseurs ont été intégrés et dans quel but. «Si seulement on savait où sont les erreurs...», soupire Axel Greune, porte-parole de HDI, un des grands de l’assurance en Allemagne. Dans leur propre intérêt, les assureurs jouent la carte de la prévention à coup de brochures, sites Internet, numéros verts et menacent de ne pas rembourser les négligents qui n’auront pas tout fait pour passer le 31 décembre sans encombre. «Si vous conduisez en état d’ivresse, vous n’êtes pas assuré», fait remarquer un expert de Gerling, numéro un de l’assurance industrielle en Allemagne avec plus de 200 000 clients. Il ajoute: «Notre client est couvert s’il fait tout pour éviter un dommage». Comment prouver sa bonne volonté le jour venu? Obtenir si possible un certificat du fabricant ou du revendeur et garder une trace de toutes les démarches entreprises. Plus simple, se faire certifier la compatibilité en 2000 directement par son assureur. Gerling met ses juristes, informaticiens ou mathématiciens à disposition. Un service bien sûr payant. En cas de pépin? «Nous traiterons au cas par cas», indique HDI. Chez Gerling aussi «cela dépend du contrat». Quant à Allianz: «Les accidents et sinistres provoqués par une panne informatique sont couverts par les contrats en cours, mais pas si de l’argent ou du matériel est perdu». Si une canalisation gèle après une panne de chauffage, Allianz paiera. Mais pour un magnétoscope dont la garantie sera périmée, il ne restera plus qu’à attaquer le fabricant.
La menace d’un bug informatique lors du passage à l’an 2000 était un défi pour tous les industriels au CeBIT de Hanovre, mais il effraie encore plus les assureurs. Aucun grand nom de l’assurance ne proposait une couverture spéciale pour protéger les utilisateurs ou les fabricants contre les éventuels sinistres ou accidents dus à un changement de millénaire défectueux. Aucun n’était venu au CeBIT. Les assureurs sont pourtant en première ligne. L’Allemand Munich Ré, numéro un mondial de la réassurance, a fait la liste des «effets potentiels»: erreurs de calcul, perte de données, arrêt des circuits de production automatisés, blocage informatique. Traduction pour les entreprises : une perte financière. Pour les assureurs, un flot de réclamations. «Il n’y a dans le monde entier aucune assurance digne de ce...