Le téléphone mobile de demain aura un service Internet de poche et les opérateurs présents au salon mondial de l’informatique et des télécommunications CeBIT se frottaient déjà les mains. Réserver un hôtel, consulter la météo, la Bourse ou des horaires d’avions, obtenir des résultats sportifs ou un résumé du journal télévisé : les opérateurs téléphoniques sont prêts à lancer un vrai minitel portatif. Payant évidemment. Ils n’attendent plus que la sortie sur le marché des prototypes qui ont été exposés au CeBIT. Les nouveaux combinés ont en commun une technologie permettant d’envoyer des textes Internet à des terminaux sans fil, suivant un protocole nommé WAP (Wireless Application Protocol). Alcatel lancera un premier modèle de téléphone-WAP le 26 mars, le «One Touch Internet Ready». Il précédera Siemens avec son S25 et le leader mondial Nokia, dont le nouveau 7 110 sera disponible cet été. Pas donnés, ils coûteront jusqu’à 715 dollars, selon les démonstrateurs. Le service désiré s’affichera en 30 à 40 secondes, et comme pour une connexion Internet classique, la liaison est susceptible de s’interrompre subitement. À l’abonné de la rétablir, à ses frais. Mais attention, les fans d’Internet ne doivent pas espérer consulter toutes les adresses possibles et imaginables du Web pour tuer le temps à l’aéroport. En réalité, le téléphone n’ouvrira pas grandes les portes de l’Internet mais seulement une modeste fenêtre. Pas d’images, pas de graphiques, pas de multimédia, pas de sexe, mais du texte et rien que du texte. «Cela n’aurait aucun sens de transmettre une page complète d’Internet», explique Andre Boettcher, ingénieur chez Mannesmann Mobilfunk, leader allemand de la téléphonie mobile. L’Internet du pauvre La surface de l’écran n’excède pas six lignes de 3 centimètres, quel que soit le modèle. Nokia a beau avoir perfectionné son modèle, il reste pénible d’écrire avec les neuf touches du téléphone. De plus, un portable n’a pas la puissance d’un ordinateur et, compte tenu du faible débit des données sur les fréquences mobiles, la transmission d’une page serait hors de prix. En somme, le téléphone-WAP donne une variante bien maigre d’Internet. «Il s’agit d’informations ciblées, on est limité à l’essentiel», reconnaît M. Boettcher. «Mais cela pourrait croître à la vitesse de l’éclair». Pour Mannesmann, le succès ne fait aucun doute, car son service SMS, permettant d’envoyer des e-mail d’un portable à l’autre, est déjà en plein boom. Les opérateurs ne craignent pas la concurrence des «communicateurs», ces téléphones portables couplés à un petit ordinateur. «Pour beaucoup de gens, ils sont trop complexes et trop gros», dit M. Boettcher. À la clé de l’Internet de poche, il y a le développement de services payants juteux, porteurs de chiffre d’affaires. Le potentiel est énorme vu l’explosion du nombre de portables partout dans le monde (un milliard prévus en 2005). Les opérateurs allemands multiplient les contrats avec des fournisseurs de contenus, comme les télévisions ou les journaux, et réclament déjà plus de fréquences pour toutes ces données dévoreuses de capacités de transmission.
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