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Actualités - Chronologie

Spectacle "La religieuse oubliée" à Fanar

Le forum sur le thème du tourisme interarabe organisé la semaine dernière à Beyrouth dans le cadre de la quatrième exposition de l’AWTTE (Arab World Travel and Tourism Exchange), qui s’est tenue au Beirut Hall du 18 au 22 du mois en cours, a mis en relief la nécessité de prendre des mesures pour développer ce secteur. Le forum s’est déroulé en présence notamment du ministre du Tourisme Arthur Nazarian et de ses homologues syrien et jordanien, Danhou Daoud et Akl Baltaji. Il a fourni l’occasion de poser le problème du tourisme interarabe, notamment par rapport au Liban, et à la coopération qui devrait être renforcée sur ce plan entre Beyrouth, d’une part, et Amman et Damas, d’autre part. Les ministres libanais et syrien ont insisté dans ce cadre sur la nécessité de développer le transport terrestre, maritime et aérien comme moyen de dynamiser le tourisme interarabe. Ils ont prôné la réactivation de l’accord de coopération touristique conclu en 1974 entre le Liban, la Syrie et la Jordanie. Ils ont par ailleurs souligné l’importance du rôle promotionnel que les médias arabes ont à jouer pour promouvoir les sites touristiques de la région. Ce dossier relatif au développement du tourisme interarabe paraît d’autant plus important – et vital pour le Liban – qu’à la veille du troisième millénaire, le tourisme semble être devenu l’industrie numéro un dans le monde. Dans le commerce mondial, les dépenses dans ce secteur économique occupent la première place. Celles-ci représentent 8,5 % des dépenses mondiales, le pétrole 7 %, les voitures 6 %, les appareils électroniques 5 % et les textiles 2 %. En 1998, les dépenses dans le secteur du tourisme dans le monde ont atteint 450 milliards de dollars. Selon les prévisions de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), ces dépenses atteindraient, en 2020, 1 500 milliards de dollars. Le monde arabe tente de sortir de sa léthargie en s’employant à réactiver ce secteur qui constitue désormais une source importante de revenus. Le tourisme interarabe présente d’autant plus d’intérêt, selon les experts touristiques, qu’il est une source «stable» de revenus pour les pays de la région et pour les citoyens. Cette catégorie de touristes est à l’abri de l’influence des médias occidentaux qui ont tendance à gonfler les événements d’ordre sécuritaire ou autres dont la scène régionale est le théâtre. Une fois habitués à un endroit déterminé dans un des pays de la région, les touristes arabes répètent l’expérience en optant pour des séjours plus longs et, dans la plupart des cas, pour des séjours en famille. De plus, les touristes étrangers ne se rendent pas plus d’une fois à la même destination. Le cas de l’Égypte illustre d’une manière frappante l’importance du tourisme interarabe. Les incidents d’ordre sécuritaire survenus l’été dernier dans ce pays n’ont pas perturbé d’une manière dramatique la saison touristique à Louxor et à Assouan grâce à l’affluence des touristes arabes qui avaient maintenu leurs réservations pour la période des vacances. Faible proportion La proportion du tourisme interarabe est la plus faible dans le monde. Le tourisme intereuropéen est de 82 % et celui des pays éloignés de 18 %. Pour ce qui est du sud-est asiatique et des îles Caraïbes, le tourisme interne est de 80 % et celui des pays éloignés de 20 %. Le tourisme interarabe ne représente pas plus de 48% et le tourisme des pays éloignés 52 %. M. Osman Aidi, président de l’Union arabe du tourisme et de l’hôtellerie, estime que le tourisme interarabe devrait être dynamisé d’autant plus que le tourisme des pays éloignés ayant pour destination le monde arabe constitue une proportion très faible du tourisme international. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme interarabe accuserait en 2020 une baisse passant de 48 % à 37 % alors que le tourisme des pays éloignés augmenterait de 52 % à 63 %. Pour améliorer le secteur touristique dans le monde arabe, des investissements supplémentaires dans ce secteur sont nécessaires. Ils devraient être d’autant plus importants que les pays arabes bénéficient de sites archéologiques d’une grande valeur culturelle. Du Maroc aux pays du Golfe, tous ces pays possèdent «des trésors» qui méritent d’être exploités dans le cadre d’un tourisme culturel. Le nombre de touristes étrangers qui se rendent annuellement à Chypre est supérieur à celui des touristes qui choisissent comme destination pour leurs vacances un tour comprenant le Liban, la Syrie et la Jordanie. Dans sa dernière édition, Newsweek a listé le Liban, la Syrie et la Jordanie comme étant des destinations touristiques sûres. Et pourtant, lors d’un séminaire sur le tourisme tenu à Francfort, il y a une quinzaine de jours, souligne M. Aidi, le représentant de l’un des plus prestigieux tour opérateur en Allemagne a affirmé que les touristes allemands se rendent en grand nombre en Tunisie, au Maroc et en Égypte mais pas au Liban, en Syrie ou en Jordanie où la sécurité n’est pas garantie. Or, tel n’est pas le cas. Ces trois pays sont de loin plus sûrs qu’Israël ou la Turquie bien que le nombre d’Allemands qui se rendent en Israël représente près de deux fois le nombre de ceux qui se rendent au Liban, en Syrie et en Jordanie. En effet, annuellement, près de 94 000 touristes allemands viennent au Liban, en Syrie et en Jordanie alors qu’ils sont 222 000 à se rendre en Israël. Le monde arabe, du Maroc au Golfe, attire annuellement 1 900 000 touristes allemands, la Turquie, à elle seule, attire 2 240 000, soit près du double. Développer le tourisme interarabe Pour promouvoir le tourisme interarabe, M. Aidi préconise l’ouverture du ciel des pays arabes pendant certaines périodes de l’année et l’application de tarifs préférentiels pour les touristes arabes. Dans ce prolongement, il a donné l’exemple de la Syrie et de l’Égypte qui ont décidé d’accorder pour l’année en cours aux touristes arabes des tarifs préférentiels atteignant dans certains cas 50% des tarifs appliqués. «Laissons le mouvement des passagers dicter les conditions d’ouverture du ciel des pays arabes», dit-il. Il évoque par ailleurs la nécessité de faciliter les déplacements des Arabes en insistant sur l’abolition des visas. Cette mesure, en vigueur il y a une trentaine d’années dans le monde arabe, a été supprimée pour des considérations d’ordre politique et sécuritaire. «C’est une hérésie, lance M. Aidi, que le touriste étranger puisse se procurer un visa d’entrée à la frontière des pays arabes alors que les ressortissants arabes doivent se rendre auprès des consulats pour l’obtention d’un visa». Et d’ajouter : «La Syrie a annulé le visa d’entrée pour les ressortissants arabes sans toutefois que sa sécurité ne soit mise en péril». Prenant en exemple l’Union européenne, M. Aidi a mis l’accent, à l’heure de l’informatique, sur la nécessité d’instituer un visa unique d’entrée dans le monde arabe. Ce visa unique s’inscrirait dans le cadre d’une action visant à promouvoir le tourisme dans le monde arabe. Le président de l’Union arabe du tourisme et de l’hôtellerie a insisté sur la mise en application du programme approuvé en 1964 par les pays arabes et visant à faciliter les déplacements des touristes arabes par les voies aérienne, terrestre et maritime. «Il faut accorder toutes les facilités au déplacement des pullmans à travers les pays du monde arabe», dit-il. Conformément aux recommandations de la conférence tenue en 1995 à Damas sur les opportunités d’investissements dans le secteur touristique dans le monde arabe, M. Aidi a souligné l’importance de l’application des législations en vigueur pour encourager les investissements dans le secteur touristique tout en limitant au maximum les interprétations restrictives. Encore faut-il rappeler en dernier lieu que le secteur du tourisme représente une source importante d’emplois. En Tunisie, premier pays arabe touristique, le secteur du tourisme assure des emplois à 25 % de la population. Comme le taux de chômage est élevé dans le monde arabe, la dynamisation du tourisme est primordiale.
Le forum sur le thème du tourisme interarabe organisé la semaine dernière à Beyrouth dans le cadre de la quatrième exposition de l’AWTTE (Arab World Travel and Tourism Exchange), qui s’est tenue au Beirut Hall du 18 au 22 du mois en cours, a mis en relief la nécessité de prendre des mesures pour développer ce secteur. Le forum s’est déroulé en présence notamment du ministre du Tourisme Arthur Nazarian et de ses homologues syrien et jordanien, Danhou Daoud et Akl Baltaji. Il a fourni l’occasion de poser le problème du tourisme interarabe, notamment par rapport au Liban, et à la coopération qui devrait être renforcée sur ce plan entre Beyrouth, d’une part, et Amman et Damas, d’autre part. Les ministres libanais et syrien ont insisté dans ce cadre sur la nécessité de développer le transport terrestre,...