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Actualités - Chronologie

Deux communautés en colère

Le gouvernement espagnol a réussi en quelques semaines à faire une belle unanimité contre lui, tant à Gibraltar que dans la ville andalouse voisine de La Linea, où il est la cible de toutes les colères. Les deux communautés sont frappées de plein fouet par les sévères contrôles de véhicules mis en place le mois dernier par l’Espagne pour protester contre l’arraisonnement d’un bateau de pêche par la police de Gibraltar. Le gardien du parc de stationnement municipal de La Linea, qui longe le bord de mer, conseille vivement aux automobilistes de laisser leur voiture côté espagnol. «Il y a au moins deux heures de queue pour sortir de Gibraltar et on ne sait pas combien de jours, de semaines ça va durer», dit-il. L’agent de police espagnol qui contrôle les passeports à «la verja» (la grille) – les Espagnols refusent de parler de frontière pour cette colonie britannique qu’ils revendiquent – n’est guère plus encourageant : «Le mieux, c’est de continuer à pied... c’est un conflit politique pour des affaires de pêche», explique-t-il. Une fois la grille en fer forgé noir franchie, un panneau en plusieurs langues avertit le visiteur côté britannique et l’invite à protester : «Gibraltar regrette les ennuis causés par les restrictions imposées par les autorités espagnoles qui vont à l’encontre des droits de libre passage de l’Union européenne... Si vous voulez vous plaindre à l’Union européenne ou à votre gouvernement, nous vous prions de passer par notre bureau de plaintes». Pour le dirigeant du Parti libéral de Gibraltar, Joseph Garcia, cette crise montre que, concernant la colonie britannique, «l’Espagne ne change pas, sa mentalité reste celle de Franco». Côté espagnol, Valentin Galceran, un Galicien de 49 ans, responsable magasinier dans une épicerie de vente en gros à Gibraltar, résidant depuis 8 ans à La Linea, a pris la tête de la protestation contre son gouvernement. Au lendemain de l’entrée en vigueur des contrôles, il a fondé l’Union des travailleurs de Gibraltar qui dit compter près de 1 200 membres. Il assure que, quotidiennement, 4 000 habitants de la zone se rendent à Gibraltar. Ils travaillent dans le commerce, la restauration, les chantiers navals, une raffinerie et comme employés de maison. Gibraltar, dit-il, est le plus gros employeur de La Linea, une ville de 60 000 habitants, «l’une des plus pauvres d’Espagne», selon lui, où 40 % de la population sont au chômage. «Avant, il y avait à Gibraltar la sécurité de l’emploi à vie. Maintenant, c’est l’incertitude», explique Galceran qui accuse Madrid d’avoir réagi à la légère «sans penser aux conséquences des contrôles». Au moins 20 Espagnols ont été licenciés depuis le début de la crise, dit-il. Il condamne aussi la «commission fantôme», placée sous la responsabilité du vice-président du gouvernement espagnol, Francisco Alvarez Cascos, chargée d’indemniser les Espagnols victimes de cette crise «car, jusqu’à présent, on ne sait pas ce qu’elle fait».
Le gouvernement espagnol a réussi en quelques semaines à faire une belle unanimité contre lui, tant à Gibraltar que dans la ville andalouse voisine de La Linea, où il est la cible de toutes les colères. Les deux communautés sont frappées de plein fouet par les sévères contrôles de véhicules mis en place le mois dernier par l’Espagne pour protester contre l’arraisonnement d’un bateau de pêche par la police de Gibraltar. Le gardien du parc de stationnement municipal de La Linea, qui longe le bord de mer, conseille vivement aux automobilistes de laisser leur voiture côté espagnol. «Il y a au moins deux heures de queue pour sortir de Gibraltar et on ne sait pas combien de jours, de semaines ça va durer», dit-il. L’agent de police espagnol qui contrôle les passeports à «la verja» (la grille) – les Espagnols...