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Actualités - Opinion

Carnet de route Déterminismes ....

On peut penser ce que l’on veut. Par exemple, que «l’État est un être énorme, terrible, débile. Cyclope d’une puissance et d’une maladresse insignes, enfant monstrueux de la Force et du Droit». On peut mépriser ou approuver ceux qui, pour rien au monde, ne participeraient de «la vocation municipale». On peut aussi être profondément attaché au concept et à la nécessité absolue de l’État. Fouad Boutros au Liban, Badinter en France, et tant d’autres dans le monde, aussi sincères, aussi juristes, aussi soucieux de la «chose publique». Cela dit, le Liban, fût-il ou non un État dans toute l’acceptation du terme, souhaite se comporter comme s’il l’était. Libre à lui, mille fois. Mais il ne le peut pas vraiment, pour les raisons que tout le monde sait. Exogènes. Endogènes. Hétérogènes. Alors, on voit ceci : – Un gouvernement républicain qui prend la tangente (offensives tous azimuts, excellentes en leur principe, élusives dans leurs modalités, incertaines dans leur détermination entière). Il fait ce qu’il peut, dans ce sens qu’il ne peut pas plus, qu’il ne peut pas mieux, car il est contraint. Le grand public veut des têtes, celles qu’il estime être les plus responsables. Pour l’instant, l’Exécutif ne lui donne que des boucs émissaires, certains qui furent foncièrement malhonnêtes, d’autres beaucoup moins, mais des boucs émissaires. Des petits. Cela saute aux yeux de tous. Et naïves hirondelles sont celles qui croient que l’on remontera jusqu’aux sommets. Peut-être, d’ailleurs, ne serait-ce pas tout à fait sage, mais cela est une autre affaire. – Des interpellations d’étudiants aounistes. On peut aimer Aoun ou ne pas l’aimer, le tenir pour un dangereux fanatique ou pas. Le fait est qu’il existe des citoyens à part entière qui s’en réclament, qui s’y accrochent, par conviction convaincue, par désespoir ou par espoir, qu’importe. Ils en ont le droit. – Et ainsi de suite, et à l’avenant, les exemples sont nombreux. C’est ennuyeux, mais ce n’est pas tragique. D’abord parce que c’est «moins pire», proportionnellement plus intègre, et plus porteur d’espoir qu’il y a quelques mois, on se comprend. Je parle du gouvernement. Alors l’État ? En principe émanation de la nation, elle-même émanation du peuple (voir les manuels), il a toujours fait problème sur notre territoire. On l’a tenté. Où en est-il ? Aux juristes de répondre. Alors la patrie ? Aux métaphysiciens de répondre. En attendant, peut-être, une vindicte tout aussi légitime mais moins passionnelle. Un même esprit de décision, mais avec un exposé des motifs plus clair. Il n’est pas interdit d’annoncer, fût-ce entre les lignes, jusqu’où l’on veut aller. Peut-être serait-ce moins habile, mais tellement plus intelligent. PS – Les citations du début sont de Valéry et de Cioran : littérature et politique. Fouad Boutros et Robert Badinter, sans citations : magistrature et politique, (et l’une dans l’autre...). Resterait basket-ball et politique, mais nous ne sommes pas là pour jouer du ballon ni nous jouer de la politique ! Même s’il faut que le ludique l’emporte sur tout. Parfois.
On peut penser ce que l’on veut. Par exemple, que «l’État est un être énorme, terrible, débile. Cyclope d’une puissance et d’une maladresse insignes, enfant monstrueux de la Force et du Droit». On peut mépriser ou approuver ceux qui, pour rien au monde, ne participeraient de «la vocation municipale». On peut aussi être profondément attaché au concept et à la nécessité absolue de l’État. Fouad Boutros au Liban, Badinter en France, et tant d’autres dans le monde, aussi sincères, aussi juristes, aussi soucieux de la «chose publique». Cela dit, le Liban, fût-il ou non un État dans toute l’acceptation du terme, souhaite se comporter comme s’il l’était. Libre à lui, mille fois. Mais il ne le peut pas vraiment, pour les raisons que tout le monde sait. Exogènes. Endogènes. Hétérogènes. Alors, on voit...