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Actualités - Chronologie

Archéologie - L'Egypte, principale source "Commerce" d'antiquités

En dépit d’un renforcement de la coopération policière internationale et d’une meilleure surveillance des sites les plus prisés, le trafic d’antiquités dans le monde, à commencer par celui des trésors égyptiens, reste en pleine expansion, estiment des experts à Londres. «Tous les éléments en notre possession montrent que la contrebande d’objets du patrimoine culturel ne cesse de croître», explique l’ancien directeur du département de criminalité archéologique de Scotland Yard, Richard Ellis, qui a récemment quitté ses fonctions. «Cela représente une menace pour l’héritage de l’espèce humaine toute entière car ces reliques sont irremplaçables», souligne-t-il. «Depuis la chute du Rideau de fer, le trafic est particulièrement intense en provenance de l’Europe de l’Est et de la Russie», précise l’inspecteur. Les ventes illégales de pièces antiques ont également bondi en Chine, où 4 000 objets anciens, qui dataient d’époque allant de l’âge de pierre à la dynastie Qing, ont pu être confisqués ces dernières années par les douanes britanniques et renvoyés dans leur pays d’origine. Mais l’une des principales sources de ce juteux «commerce» reste l’Égypte, théâtre d’un pillage systématique depuis des siècles de son héritage archéologique. La conclusion, heureuse, à la fin de la semaine dernière à Londres d’une vaste affaire de vol d’antiquités provenant de ce pays a mis au jour la sophistication des méthodes utilisées par les trafiquants. Maquillage scientifique Pour la première fois, les autorités du Caire ont pu reprendre possession, des mains de la police britannique, d’une cinquantaine d’objets d’une valeur inestimable (papyrus, hiéroglyphes gravés sur pierre, statuettes) saisis après le démantèlement d’un gang dirigé par un restaurateur archéologique britannique. L’homme, Jonathan Tokely-Parry, purge déjà depuis 1997 une peine de six ans de prison au Royaume-Uni. Neuf de ses complices égyptiens — certains agents de la police nationale des antiquités — ont été parallèlement condamnés dans leur pays. Après avoir amassé leur butin au début des années 1990 sur le site de Saqqara, la Cité des morts de l’ancienne Memphis, au sud du Caire, les malfaiteurs avaient maquillé les pièces avec un soin scientifique, les faisant passer pour des souvenirs touristiques sans valeur. Les œuvres les plus grandes étaient découpées pour faciliter le transport, recouvertes d’une fine pellicule de plastique, sur laquelle était apposée une feuille dorée, ou carrément repeintes. Arrivés en Grande-Bretagne, les malfaiteurs les nettoyaient dans un bain à base d’acide puis les «recollaient» avant de les monnayer, munis de faux certificats d’authenticité, sur le marché de l’art. Ils avaient finalement été confondus grâce à la vigilance d’un expert du British Museum qui, consulté par un des «clients» du gang, avait soupçonné un vol. La réussite de cette enquête dissimule mal pourtant l’étendue du fléau. «Franchement, il est très difficile d’empêcher ce trafic», reconnaît un diplomate égyptien en poste à Londres qui a suivi le dossier. «L’Égypte baigne dans un océan d’antiquités, où que vous alliez dans le désert, vous pouvez en trouver et il est impossible de tout surveiller», ajoute-t-il. La contrebande se nourrit également d’un marché de l’antiquité en essor et très spéculatif. Londres constitue l’une de ses trois places fortes avec Paris et New York. C’est tout naturellement vers ces villes que se retournent les trafiquants. «Le marché est constitué à 30 % de collectionneurs privés et à 70 % de marchands qui passent leur temps à se vendre entre eux les objets en espérant faire à chaque fois un bénéfice sur l’opération», explique Grant Sidey, un inspecteur de Scotland Yard en charge de ces questions. «Je ne peux pas croire que tous ignorent l’origine illégale de certaines des pièces qu’ils achètent», conclut-il.
En dépit d’un renforcement de la coopération policière internationale et d’une meilleure surveillance des sites les plus prisés, le trafic d’antiquités dans le monde, à commencer par celui des trésors égyptiens, reste en pleine expansion, estiment des experts à Londres. «Tous les éléments en notre possession montrent que la contrebande d’objets du patrimoine culturel ne cesse de croître», explique l’ancien directeur du département de criminalité archéologique de Scotland Yard, Richard Ellis, qui a récemment quitté ses fonctions. «Cela représente une menace pour l’héritage de l’espèce humaine toute entière car ces reliques sont irremplaçables», souligne-t-il. «Depuis la chute du Rideau de fer, le trafic est particulièrement intense en provenance de l’Europe de l’Est et de la Russie», précise...