Le président du Comité international olympique, Juan Antonio Samaranch, ne cache plus son optimisme pour parvenir à sortir le CIO de la crise à la faveur des dispositions qui vont être prises cette semaine à Lausanne, où la commission exécutive du CIO a commencé ses travaux lundi matin. Après avoir connu un court moment de découragement et vécu trois mois «extrêmement durs et difficiles» où critiques et appels à la démission n’ont cessé de se succéder, il s’est peu à peu mis en position de reprendre l’initiative, à condition de sortir conforté de la session extraordinaire qui doit apporter un dénouement au scandale de corruption de Salt Lake City, mercredi et jeudi. Les marques de sympathie et d’encouragement provenant essentiellement des milieux sportifs n’ont pas été les seules à l’y aider. De vieilles et solides amitiés y ont aussi contribué, comme celle de son ancien rival à la présidence, le Suisse Marc Hodler, l’homme qui a lancé le pavé dans la mare, et du juge sénégalais Keba Mbaye, qui tient un rôle de conseiller personnel sinon de confident. «Sans eux, le président serait un homme seul», remarque-t-on parmi ses proches collaborateurs. Cette solitude dans laquelle il vit plus ou moins depuis qu’il s’est installé à Lausanne, Juan Antonio Samaranch veut la rompre pour terminer son mandat «la tête haute». Il compte beaucoup sur ses pairs dont il va solliciter un vote de confiance qui doit le conforter et lui permettre d’engager une série de réformes en profondeur, comme le lui réclament les milieux politiques qui le soutiennent ainsi que les partenaires économiques du CIO. Façonner un autre CIO «Il y a eu des moments difficiles et il y aura des moments douloureux quand nous prononcerons des exclusions, mais jamais je n’ai songé à démissionner, a-t-il répété. Je vais réclamer la confiance de ceux qui m’ont porté à la présidence. J’espère que je l’obtiendrai et, à partir de là, en tant que capitaine, je sortirai le bateau de la tempête et ensuite, je partirai la tête haute, par la grande porte, après avoir engagé des réformes qui sont nécessaires», a-t-il dit avant d’ajouter: «Et si je n’ai pas la confiance? Alors, j’en tirerai les conséquences». Personne au sein du CIO ne souhaite créer une crise institutionnelle. «Au contraire, les membres vont lui apporter un soutien franc et massif», indique-t-on dans son entourage. Poursuite des enquêtes autour des candidatures passées et «nettoyage total du CIO», mise en place d’un comité d’éthique et d’une commission des réformes avec des axes précis, modification de la procédure d’élection des villes organisatrices seront les thèmes de travail sur lesquels il compte pour convaincre qu’il est déterminé à façonner, avant la fin de son mandat en septembre 2001, un autre CIO. Un CIO qui, selon lui, n’a pas tous les torts, partant du principe que s’il y a des corrompus, il y a aussi des corrupteurs. «Les rapports entre les villes candidates et le CIO doivent changer. J’ai eu tort de ne pas me rendre compte de la situation avant», a-t-il avoué. «Mais nous allons sortir de cette crise et nous en sortirons même renforcés», a conclu M. Samaranch. Sydney a enfreint les règles, selon un rapport Les responsables de la candidature de Sydney aux Jeux olympiques de l’an 2000 et un certain nombre de membres du Comité international olympique (CIO) ont enfreint les règles de l’organisation à de nombreuses reprises, affirme un rapport publié lundi. Toutefois, ces infractions sont beaucoup moins importantes que celles commises dans le cadre de la candidature de la ville américaine de Salt Lake City aux JO d’hiver de 2002. L’auteur du rapport, Tom Sheridan, chargé de cette enquête par le ministre australien des Jeux olympiques Michael Knight, cite notamment des aides financières apportées à des parents d’un membre du CIO ainsi que l’offre d’un emploi au parent d’un autre délégué. Il mentionne également des cas où la valeur des cadeaux faits aux délégués dépassait le niveau permis, ainsi que douze visites en Australie de membres du CIO dont la durée a dépassé les cinq jours autorisés. M. Sheridan, ancien commissaire aux comptes de l’État d’Australie du Sud, conclut cependant qu’il n’a rien découvert qui justifierait l’ouverture d’une enquête par la police ou des poursuites en justice, même s’il souligne que le comportement de certains membres du CIO «relève du qualificatif de mauvaise conduite retenu par la commission d’enquête du CIO sur Salt Lake City». «Aucune comparaison avec Salt Lake City». M. Sheridan critique par ailleurs le flou des règles du CIO en matière de corruption. «Les définitions ne sont pas claires et ne sont guère respectées. Elles sont rarement suivies par les villes candidates», affirme-t-il. Le rapport fait notamment état d’un aller et retour Copenhague-Paris pour le membre danois du CIO Niels Holst-Sorensen et son épouse à l’occasion de la finale des Internationaux de France de tennis en 1993. L’Irlandais Kevin O’Flanagan et son frère, eux, auraient bénéficié d’un Dublin-Londres pour la finale de Wimbledon en 1992. M. Sheridan cite également une somme de 7 220 dollars consacrée aux frais de scolarité de la fille de David Sibandze, membre du Swaziland démissionnaire du CIO, et la fourniture d’emplois à des parents du Roumain Alexandru Siperco et du Finlandais Peter Tallberg. Le ministre australien chargé des questions olympiques Michael Knight s’est félicité de la publication du rapport, estimant qu’aucune autre ville candidate, à part Salt Lake City, n’a fait l’objet d’une enquête aussi poussée. Le ministre a estimé que le rapport était plutôt positif pour Sydney: «Il est évident qu’il n’y aucune comparaison entre ce qui s’est passé à Salt Lake City et ce que Sydney a fait pour obtenir les Jeux de l’an 2000». M. Sheridan a examiné plus de 3000 documents, mais il a recensé 221 dossiers comme manquants ou détruits. Son rapport a été remis au CIO.
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