L’excédent dégagé par le Japon dans ses transactions courantes avec l’étranger a atteint en janvier son plus haut niveau de l’histoire pour ce mois, avec 807,5 milliards de yens (6,2 milliards d’euros), a annoncé lundi à la presse le ministère japonais des Finances (MoF). Ce solde, largement conforme aux attentes des marchés financiers, est supérieur de 72,2 % à son niveau du même mois de 1998, a précisé le MoF. La balance des comptes courants recouvre les échanges de marchandises et de services (fret, tourisme, assurances...), le produit des placements à l’étranger et certains transferts financiers. Les chiffres de janvier sont toujours très erratiques en raison de l’impact des fêtes de fin d’année au Japon et de la nouvelle année lunaire dans le reste de l’Asie. Le seul excédent commercial de l’archipel a progressé en janvier de 67,0 %, pour atteindre 927,3 mds de yens. Ses exportations se sont en effet moins contractées (-10,9 %, à 3 331,3 mds de yens) que ses importations (-24,5 %, à 2 404,0 mds de yens), selon le communiqué publié par le ministère. Ces chiffres, calculés selon la méthodologie du FMI, diffèrent assez sensiblement de ceux publiés il y a trois semaines par cette même administration – un excédent commercial de 760,3 mds de yens, en hausse de 87,0 % – qui avaient été compilés à partir de relevés douaniers. Selon le ministère des Finances, le bond de l’excédent commercial reflète surtout le fort recul de la facture pétrolière du pays, résultats de la chute concomitante des prix mondiaux du brut et des volumes achetés. Le prix du pétrole acheté par le Japon a reculé d’une année sur l’autre de 38 % (à 11,35 dollars le baril), alors que ses achats en volume se sont contractés de 5,9 %, en raison de la poursuite de la crise économique. Selon un responsable du ministère, le faiblesse des prix du pétrole est une évolution lourde, qui est là pour durer. «La tendance à une hausse de l’excédent courant, tirée par la chute des prix du brut, devrait donc continuer pour le temps présent», a-t-il souligné devant la presse. Il s’agit là d’une évolution notable dans l’analyse du ministère qui estimait jusqu’ici que l’excédent courant nippon était amené à décroître rapidement, sous l’effet des plans gouvernementaux de relance. Pour Hidehiko Fujii, économiste au Japan Research Institute, «les chiffres de janvier reflètent la faiblesse continue de la demande intérieure liée à la récession en cours». Selon lui, le redressement du yen a aussi pénalisé les exportations de l’archipel, en les rendant moins compétitives à l’étranger. Satoru Ogasawara de Credit Suisse First Boston relève pour sa part que les efforts de relance du gouvernement font la part belle aux grands travaux d’infrastructure, «qui sont sans impact sur la demande intérieure». Le déficit du Japon dans les services – le premier du monde – s’est réduit d’une année sur l’autre de -534,7 mds de yens à -501,8 mds de yens, car les Japonais ont continué à bouder les voyages à l’étranger. Même évolution pour les transferts, qui sont passés de -86,4 mds à -83,1 mds de yens. En revanche, les dividendes perçus par l’archipel sur ses placements étrangers sont tombés à +465,1 mds de yens, contre 534,7 mds de yens.
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