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Actualités - Chronologie

Milosévic a placé la barre très haut

Conforté par les faux-fuyants des séparatistes albanais qui ont privé les Occidentaux d’un puissant moyen de pression sur Belgrade, notamment la menace de frappes aériennes de l’Otan, Slobodan Milosevic a placé la barre très haut à la veille des pourparlers sur le Kosovo. Après avoir approuvé en février, lors de la conférence de Rambouillet (France), les grandes lignes du projet d’accord élaboré par le Groupe de contact, le gouvernement yougoslave a fait marche arrière. Parallèlement, les forces serbes ont accentué leurs opérations contre l’Armée de libération du Kosovo (UCK), la police a délivré des mandats d’arrêt contre des chefs de l’organisation séparatiste — dont certains sont attendus lundi à la conférence de Paris — et la justice a engagé des poursuites contre des journaux kosovars accusés de «propager le terrorisme». Des mesures que des diplomates occidentaux n’hésitent pas à qualifier de «provocations». Belgrade conteste aujourd’hui la plupart des dispositions du plan de paix, n’acceptant pratiquement que les 10 principes généraux énoncés en préambule. Surtout, il rejette «définitivement», selon le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov, le déploiement d’une force «militaire ou policière multinationale» chargée de mettre en œuvre l’accord de paix. Le chef de l’État yougoslave soutient que le contenu de l’accord est en contradiction flagrante avec les 10 principes de base, en particulier celui de la sauvegarde de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Yougoslavie (RFY - Serbie et Monténégro). Le projet du Groupe de contact, discuté pendant 17 jours à Rambouillet, doit accorder une large autonomie au Kosovo. La province aurait une Constitution, un président, un gouvernement, une Cour suprême et serait représentée dans les instances fédérales, des attributs qui l’apparenteraient, aux yeux des Serbes, à une «troisième république» yougoslave. Le danger est grand de voir le Monténégro se détacher de la Serbie si un tel scénario devenait réalité. En vertu de la Constitution yougoslave, cette petite république est l’égale de la Serbie et se considère comme étant une «moitié» de la RFY, ce qu’elle ne serait plus en cas d’émergence d’une troisième entité. La thèse de M. Milosevic est que le statut prévu pour le Kosovo permettrait aux Albanais (90% de la population locale) de jouer un rôle politique dominant, faisant des Serbes et des autres petites communautés (Turcs, Tziganes, musulmans non-Albanais) des citoyens de second rang. Quant à la présence d’une force de paix internationale, en dépit d’une campagne anti-occidentale menée tambour battant, Belgrade n’a pas totalement fermé la porte. M. Ivica Dacic, porte-parole du Parti socialiste (SPS) de M. Milosevic, a déclaré jeudi que «sans invitation» de la Yougoslavie, aucune troupe étrangère ne peut se déployer sur son territoire. Cette «petite phrase» semble indiquer qu’en haut lieu, on n’exclut pas totalement une telle éventualité. Belgrade est soutenu par Moscou, son seul allié au sein du Groupe de contact, qui comprend également l’Allemagne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie. M. Ivanov affirme qu’au sein du groupe, il y a «unanimité pour penser que le déploiement d’une opération militaire ou policière au Kosovo sans l’accord de Belgrade est impossible». De son côté, le chef de la diplomatie grecque, Georges Papandréou, qui s’est entretenu le même jour avec M. Milosevic, estime que «nous sommes si près d’un accord qu’aucune intervention militaire (alliée) ne peut plus être justifiée. Une solution qui respectera l’intégrité territoriale de la Yougoslavie et les droits de l’homme des Kosovars est si proche que l’Otan ne peut plus frapper», a-t-il dit.
Conforté par les faux-fuyants des séparatistes albanais qui ont privé les Occidentaux d’un puissant moyen de pression sur Belgrade, notamment la menace de frappes aériennes de l’Otan, Slobodan Milosevic a placé la barre très haut à la veille des pourparlers sur le Kosovo. Après avoir approuvé en février, lors de la conférence de Rambouillet (France), les grandes lignes du projet d’accord élaboré par le Groupe de contact, le gouvernement yougoslave a fait marche arrière. Parallèlement, les forces serbes ont accentué leurs opérations contre l’Armée de libération du Kosovo (UCK), la police a délivré des mandats d’arrêt contre des chefs de l’organisation séparatiste — dont certains sont attendus lundi à la conférence de Paris — et la justice a engagé des poursuites contre des journaux kosovars...