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Actualités - Chronologie

Les USA ne se risquent plus à un pronostic

Les responsables américains espéraient que la conférence de Paris se résumerait à une cérémonie de signature de l’accord de paix au Kosovo discuté trois semaines plus tôt mais leur stratégie a fait long feu et ils ne se hasardent plus à en prédire le résultat. Dès la réunion de Rambouillet, les États-Unis avaient conclu qu’ils n’avaient de chances de mobiliser leurs alliés européens pour des frappes de l’Otan contre les Serbes que si la situation était claire et nette, c’est-à-dire si Belgrade refusait catégoriquement le plan de règlement au Kosovo et si les Kosovars l’acceptaient sans réserve. Le ministre grec des Affaires étrangères Georges Papandréou, de retour de Belgrade, a donné vendredi un nouvel exemple des réticences européennes en affirmant qu’un accord «est si proche que l’Otan ne peut plus frapper». Les dissensions entre les Kosovars modérés et les durs de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui se raccrochent à leurs rêves d’indépendance et répugnent à désarmer, ont conduit à l’impasse. Vendredi soir, dans l’avion qui la ramenait du Missouri où elle avait célébré l’entrée dans l’Otan de la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, le secrétaire d’État Madeleine Albright ne se risquait plus à un pronostic. «Nous allons voir comment les choses vont tourner au cours du week-end et à Rambouillet II », disait-elle. Elle notait que l’étoile montante de l’UCK, Hashim Thaçi, venait de réitérer l’intention des Kosovars de signer rapidement l’accord de paix, mais sans prendre cette promesse pour argent comptant. «J’attends de voir», a-t-elle lancé. Divers responsables kosovars avaient fait la même promesse au médiateur américain Christopher Hill et à l’ancien sénateur républicain Bob Dole. Quant aux Serbes, Mme Albright a dit attendre de son homologue russe Igor Ivanov un «compte-rendu plus détaillé» de sa mission de médiation à Belgrade, apparemment infructueuse. Mme Albright semble croire que M. Milosevic pourrait finir par céder, sans que l’Otan ait besoin de faire parler la poudre: «Je pense que Milosevic comprend la menace d’utiliser la force». «Les Serbes, explique-t-elle, essaient de faire croire qu’il y a deux documents mais il est impossible d’appliquer le document politique sans une force sous commandement Otan». «S’ils refusent de discuter du chapitre militaire, il n’y a pas d’accord» possible, a-t-elle expliqué, ajoutant: «Nous voulons continuer de travailler sur ce problème». Il n’est «pas prévu», cependant, que l’émissaire américain Richard Holbrooke reparte à Belgrade, après l’échec de sa première mission mercredi. Mme Albright elle-même n’a pas l’intention de participer à la conférence de Paris pour le moment: «Je ne sais pas (quand j’irai), je n’ai pas fait de projets précis». Ces derniers jours, le pessimisme semblait l’emporter à Washington. La Chambre des représentants a contribué à affaiblir la position du gouvernement Clinton en insistant pour débattre de l’opportunité de déployer des soldats américains au Kosovo en cas d’accord de paix. La résolution autorisant l’envoi de 4 000 hommes a été adoptée jeudi soir à une voix de majorité seulement et elle est assortie de recommandations strictes sur la durée et le coût de l’engagement américain.
Les responsables américains espéraient que la conférence de Paris se résumerait à une cérémonie de signature de l’accord de paix au Kosovo discuté trois semaines plus tôt mais leur stratégie a fait long feu et ils ne se hasardent plus à en prédire le résultat. Dès la réunion de Rambouillet, les États-Unis avaient conclu qu’ils n’avaient de chances de mobiliser leurs alliés européens pour des frappes de l’Otan contre les Serbes que si la situation était claire et nette, c’est-à-dire si Belgrade refusait catégoriquement le plan de règlement au Kosovo et si les Kosovars l’acceptaient sans réserve. Le ministre grec des Affaires étrangères Georges Papandréou, de retour de Belgrade, a donné vendredi un nouvel exemple des réticences européennes en affirmant qu’un accord «est si proche que l’Otan ne...