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Actualités - Chronologie

Indonésie Les peuples indigènes veulent se faire entendre

Des Papous de l’Irian Jaya aux Dayaks du Kalimantan, les peuples indigènes de l’archipel indonésien veulent se faire entendre des autorités de Jakarta afin que les erreurs du passé ne soient pas répétées dans l’Indonésie de demain». Impensable sous la poigne de fer du président Suharto, un congrès, le premier du genre, auquel sont attendus les représentants de quelque 200 de ces groupes ethniques, le plus souvent marginalisés, sinon les victimes, du développement économique, s’ouvre la semaine prochaine à Jakarta. «Pendant des siècles et bien avant la formation de l’État indonésien, les peuples indigènes constituaient la majorité de la population de l’archipel mais ils ont été systématiquement exclus et leurs droits confisqués au nom du “développement national”», indique la brochure de présentation du congrès. Les organisateurs de rencontre se défendent d’ouvrir une boîte de pandore alors que les risques d’une désintégration de l’Indonésie sont devenus un sujet courant de préoccupation qui s’exprime autant dans le discours officiel que dans les commentaires de la presse. Au contraire, explique M. Abdon Nababan, vice-président du comité d’organisation: «Tant que les droits des peuples indigènes ne seront pas rétablis, la source de conflits constants demeurera et l’Indonésie deviendra un enfer». «Il y a une sorte de consensus pour que la question de l’autonomie et celle de l’indépendance ne soient pas discutées et qu’il n’y ait pas d’appel lancé dans ce sens», indique-t-il encore. Mais il ajoute aussitôt que ce ne sont pas les organisateurs mais les participants, attendus de toutes les régions d’Indonésie, qui décideront et qu’il n’est pas exclu que les travaux se terminent par l’adoption d’une déclaration de Jakarta. Alors qu’une telle rencontre aurait, il y a encore un an, envoyé ses organisateurs et potentiels participants directement en prison, des représentants du gouvernement et notamment du ministère de l’Intérieur figurent au rang des invités des travaux qui se déroulent dans un hôtel du centre de Jakarta. Ainsi d’ailleurs que les représentants du Parti démocratique indonésien (PDI, nationaliste) de Mme Megawati Soekarnoputri et du Parti du mandat national (Pan, musulman) de M. Amien Raïs qui figurent parmi les favoris des prochaines élections législatives et présidentielles. D’ailleurs, souligne Abdon Mababan: «Nous voulons que la question, qui est politique et économique, figure dans la campagne électorale». La question du contrôle des revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles ainsi que celle de la propriété de la terre seront centrales aux débats. Ce sera le cas pour les représentants de l’Irian Jaya dont l’un des principaux chefs traditionnels, Tom Beanal, a officiellement annoncé la semaine dernière au président Habibie vouloir être indépendants de l’Indonésie. Mais il ne sera pas le seul: une personnalité de la province de Riau (Sumatra) où se trouvent les gisements d’hydrocarbures qui représentent la moitié des ressources pétrolières de l’Indonésie a déclaré cette semaine que, faute d’un véritable partage des ressources, elle exigerait de se séparer de l’Indonésie. La suggestion n’a pas été du goût du ministre coordonnateur de la sécurité et des affaires politiques, M. Feisal Tanjung, qui a ainsi immédiatement menacé d’un «action ferme et déterminée» ceux qui pensaient à exprimer une telle demande. Ex-commandant en chef de l’armée indonésienne sous M. Suharto, M. Tanjung a ajouté que «même sans révolte, la simple déclaration d’un désir de se séparer était anticonstitutionnelle». Le Congrès des peuples indigènes de l’archipel, qui est parrainé par les principales organisations non gouvernementales indonésiennes, doit se dérouler du 17 au 22 mars prochain après avoir été précédé d’un séminaire qui commence aujourd’hui.
Des Papous de l’Irian Jaya aux Dayaks du Kalimantan, les peuples indigènes de l’archipel indonésien veulent se faire entendre des autorités de Jakarta afin que les erreurs du passé ne soient pas répétées dans l’Indonésie de demain». Impensable sous la poigne de fer du président Suharto, un congrès, le premier du genre, auquel sont attendus les représentants de quelque 200 de ces groupes ethniques, le plus souvent marginalisés, sinon les victimes, du développement économique, s’ouvre la semaine prochaine à Jakarta. «Pendant des siècles et bien avant la formation de l’État indonésien, les peuples indigènes constituaient la majorité de la population de l’archipel mais ils ont été systématiquement exclus et leurs droits confisqués au nom du “développement national”», indique la brochure de...