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Actualités - Chronologie

Le nouveau grand argentier a le charisme d'une nouille

Hans Eichel, nommé vendredi nouveau ministre allemand des Finances, risque de faire pâle figure auprès de la forte personnalité de son prédécesseur démissionnaire, Oskar Lafontaine: il est autant réputé pour son ouverture aux thèses écologistes et antinucléaires que pour son manque de charisme. Huit ans chef du gouvernement du Land de Hesse, M. Eichel a été battu en février alors que la région de Francfort est traditionnellement acquise aux sociaux-démocrates et aux Verts. Cette défaite n’a pas seulement coûté la direction du Land. Elle va aussi priver le gouvernement de Gerhard Schröder de la majorité absolue à la Chambre haute du Parlement (Bundesrat). Par ses origines, M. Eichel est l’exact opposé du catholique Lafontaine né dans une famille ouvrière : il a grandi dans une famille protestante libérale aisée, son père était architecte et a fait des études d’allemand, de politologie, de philosophie et d’histoire, avant de devenir professeur de lycée. Son engagement politique de jeunesse ira d’ailleurs au camp de Konrad Adenauer, la grande figure de la démocratie-chrétienne allemande d’après-guerre. Mais en 1964, à 23 ans, c’est au SPD qu’il s’inscrit. Il se lancera en politique à Kassel, sa ville natale de la Hesse, dont il deviendra maire à 34 ans en 1975 et qu’il dirigera jusqu’à son arrivée à la tête du Land début 1991. Il est membre de la direction du SPD depuis 1984. Il a été le premier maire d’une grande ville allemande à établir des ponts avec les écologistes en 1981, pour pallier l’érosion de sa majorité municipale d’ailleurs composée depuis 1985 d’autant de femmes que d’hommes. En 1989, il prend la direction du SPD en Hesse, alors brièvement dans l’opposition, mais sans convaincre les commentateurs politiques. Il a le «charisme d’une nouille», écrira alors la Tageszeitung, «le charme d’un fonctionnaire de la sécu», juge le grand quotidien de Francfort, la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il crée un cabinet régional fantôme sur une plate-forme politique proche des écologistes (non au nucléaire, oui au vote des étrangers aux municipales, construction de logements) qui reviendra au pouvoir en 1991 d’extrême justesse. En 1995, il conserve sa majorité grâce à des voix écologistes plus nombreuses. Mais cette année, malgré un bilan économique flatteur, M. Eichel a été battu par des chrétiens-démocrates (CDU) gonflés à bloc contre le projet d’accorder la double nationalité aux immigrés de la 2e et 3e génération, et qui ont su habilement reléguer les thèmes régionaux au second plan. Passionné d’architecture, métier exercé par son père, il est marié à une journaliste et a deux enfants.
Hans Eichel, nommé vendredi nouveau ministre allemand des Finances, risque de faire pâle figure auprès de la forte personnalité de son prédécesseur démissionnaire, Oskar Lafontaine: il est autant réputé pour son ouverture aux thèses écologistes et antinucléaires que pour son manque de charisme. Huit ans chef du gouvernement du Land de Hesse, M. Eichel a été battu en février alors que la région de Francfort est traditionnellement acquise aux sociaux-démocrates et aux Verts. Cette défaite n’a pas seulement coûté la direction du Land. Elle va aussi priver le gouvernement de Gerhard Schröder de la majorité absolue à la Chambre haute du Parlement (Bundesrat). Par ses origines, M. Eichel est l’exact opposé du catholique Lafontaine né dans une famille ouvrière : il a grandi dans une famille protestante libérale...