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Actualités - Chronologie

L'Empire du milieu demeure intraitable

Quarante ans après l’écrasement du soulèvement de Lhassa, l’impasse reste totale entre le dalaï-lama et le régime chinois, qui célèbre triomphalement les «réformes démocratiques» mises en place sur le toit du monde depuis le départ du guide spirituel tibétain. Alors que le président chinois Jiang Zemin avait indiqué en juin dernier devant son homologue américain Bill Clinton avoir établi «des canaux de communications» avec le dalaï-lama, aucune avancée concrète n’a été constatée depuis. Au contraire, les médias chinois ont poursuivi leurs attaques contre le chef des Tibétains en exil, l’accusant d’être responsable du blocage actuel par son obstination à réclamer l’indépendance du pays des neiges. Le dalaï-lama affirme ne pas vouloir l’indépendance du Tibet, mais seulement une véritable autonomie. Cela ne suffit pas à Pékin, qui exige que le dalaï-lama «mette fin à ses activités séparatistes, abandonne sa position en faveur de l’indépendance du Tibet, reconnaisse que le Tibet est une partie inaliénable de la Chine, que Taïwan est une province chinoise et que le gouvernement central est l’unique gouvernement légitime de la Chine», comme l’a rappelé mardi Raidi, président de l’assemblée populaire régionale du Tibet. Une fois remplies ces conditions «la porte du dialogue reste ouverte», a-t-il assuré à Pékin lors d’une conférence de presse. La propagande chinoise a tourné à plein régime ces dernières semaines pour célébrer le quarantième anniversaire des réformes imposées par Pékin dans la foulée de la répression des émeutes de Lhassa. Mardi, l’agence Chine nouvelle a diffusé une dépêche en 18 feuillets pour expliquer que la question de l’indépendance du Tibet n’est que le résultat d’une agression étrangère et qu’elle a «été utilisée par les impérialistes pour diviser la Chine depuis deux siècles». Pékin-qui se base sur l’incorporation du pays dans une carte de Chine de l’époque mongole (1271-1368)-affirme que le Tibet fait depuis partie intégrante du territoire chinois. Le 10 mars 1959, le peuple de la capitale tibétaine se soulevait par crainte d’une tentative d’enlèvement du dalaï-lama par les troupes chinoises, entrées huit ans et demi plus tôt au Tibet. La répression, qui devait faire des milliers de morts, obligeait le dalaï-lama à choisir l’exil en Inde. Le Tibet devait faire l’objet d’une répression féroce, particulièrement pendant la «Révolution culturelle» (1966-76), avant un certain assouplissement au début des années 1980, lorsque des émissaires du dalaï-lama seront reçus à Pékin. Mais un nouveau soulèvement dans les rues de Lhassa, il y a tout juste 10 ans, donnait lieu à une nouvelle répression faisant des dizaines de morts et à un placement du Tibet sous haute surveillance. Selon Raidi, la mainmise de Pékin sur le pays des neiges a favorisé le développement économique et social de la «région autonome», enfin sortie de l’obscurantisme. «Le dalaï-lama est le représentant du féodalisme et du servage dans l’ancien Tibet. Sous sa coupe, les Tibétains étaient réduits à l’état d’animaux. Depuis, le Tibet a bénéficié d’une évolution sans égale dans l’histoire», a assuré le principal membre du gouvernement régional appartenant à l’ethnie tibétaine. «Les 4 dernières décennies ont vu les Tibétains jouir de tous leurs droits de l’homme et devenir maîtres de leur destin», a-t-il ajouté, se félicitant tour à tour de la multiplication par 4,6 de la production de céréales depuis 1959, de la hausse de l’espérance de vie de 35 à 56 ans et de la baisse du taux d’analphabétisme de 97% à 47%. «Si le dalaï-lama n’avait pas entravé nos efforts, nous aurions accompli ces progrès encore plus vite», a-t-il estimé. Hier, Lhassa était placée sous haute surveillance militaire à l’approche du quarantième anniversaire du soulèvement de la capitale tibétaine, ont indiqué mercredi à Pékin des touristes occidentaux de retour du Tibet. «On remarque que la sécurité est renforcée dès qu’on arrive à Lhassa», a déclaré un touriste ayant quitté le Tibet dimanche. «La place Barkhor (située aux pieds du palais du Potala dans le centre de la ville) est remplie de policiers en armes ou en civil. D’autres surveillent la place depuis les toits», a-t-il ajouté. La place Barkhor avait été le théâtre du début des émeutes anti-chinoises du 10 mars 1959 et du 8 mars 1989. Les premières se sont soldées par des milliers de morts parmi la population tibétaine et les dernières par au moins 70 morts.
Quarante ans après l’écrasement du soulèvement de Lhassa, l’impasse reste totale entre le dalaï-lama et le régime chinois, qui célèbre triomphalement les «réformes démocratiques» mises en place sur le toit du monde depuis le départ du guide spirituel tibétain. Alors que le président chinois Jiang Zemin avait indiqué en juin dernier devant son homologue américain Bill Clinton avoir établi «des canaux de communications» avec le dalaï-lama, aucune avancée concrète n’a été constatée depuis. Au contraire, les médias chinois ont poursuivi leurs attaques contre le chef des Tibétains en exil, l’accusant d’être responsable du blocage actuel par son obstination à réclamer l’indépendance du pays des neiges. Le dalaï-lama affirme ne pas vouloir l’indépendance du Tibet, mais seulement une véritable...