Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les fusions bancaires restent nationales

Une fusion entre la BNP et SG-Paribas marquerait un pas important dans le processus de regroupement bancaire en cours en Europe sans toutefois franchir l’étape attendue d’une grande fusion transfrontalière, en phase avec l’union monétaire. Le lancement de l’euro a jeté les bases d’un futur marché par-européen des services financiers qui reste à réaliser et pour lequel les banques se préparent en cherchant d’abord à se renforcer sur leur marché intérieur. «Les premières initiatives de croissance externe d’une banque européenne ont lieu naturellement au niveau national où les fusions sont plus faciles d’un point de vue culturel et d’un point de vue réglementaire», note une étude d’universitaires européens publiée récemment par le Centre pour la recherche en politique économique (CEPR), un institut d’étude britannique. Seules quelques opérations de regroupement en Europe du Nord et en Scandinavie ont dépassé les frontières nationales. Avant le mariage entre la Société Générale et Paribas, les banques espagnoles Santander et BCH avaient annoncé leur fusion en janvier tandis qu’en Italie, les milieux financiers parient sur une union entre le Credito Italiano et la Banca Commerciale Italiana. Précédemment, l’Union de banques suisses (UBS) avait fusionné avec la Société de banque suisse (SBS) et, en Allemagne, la Bayerlische Vereinsbank avec la Bayerische Hypo. Quant à la Deutsche Bank, elle a choisi de viser directement un statut de géant mondial en reprenant l’Américain Bankers Trust, ce qui n’améliore guère sa position en Europe. De ces opérations, les milieux financiers attendent avant tout qu’elles permettent des économies et améliorent la rentabilité, principalement par des coupes franches dans les réseaux d’agences. C’est l’absence de telles économies dans la fusion Société Générale-Paribas qui avait laissé les analystes sur leur faim. La BNP risque à son tour de décevoir en promettant de ne pas recourir aux licenciements, mais de faire jouer les départs naturels et le temps partiel. Au moment de l’annonce de la fusion Société Générale/Paribas, Richard Coleman, analyste à Londres chez Merrill Lynch, avait regretté qu’il ne s’agisse pas d’un mariage Société Générale-BNP qui mettrait en évidence «d’énormes chevauchements en France et dégagerait bien plus de gains en terme de rentabilité». Les analystes prévoient que 1999 et 2000 seront encore des années de fusions nationales dans la banque de proximité ou dans la banque d’investissement. Cela pourrait dans un premier temps se faire au détriment de la concurrence sur les marchés nationaux, ce qui nuirait principalement aux petites entreprises «qui ne sont pas assez grosses pour s’adresser directement aux nouveaux marchés financiers en euro», et des particuliers, «au moins jusqu’à ce que la banque directe devienne plus courante», estiment les experts du CEPR. Alors que la course à la taille est critiquée par certains experts, comme dans le cas de l’offre de la BNP, la nécessité de fusion transfrontières est également mise en doute. S’il s’agit simplement pour une banque de se ménager un accès à un autre marché européen pour ses produits financiers, «une fusion entre deux établissements est le moyen le plus inefficace pour faire cela», estime un analyste. C’est pourquoi certaines banques pourraient opter pour de simples alliances ou la création de société communes.
Une fusion entre la BNP et SG-Paribas marquerait un pas important dans le processus de regroupement bancaire en cours en Europe sans toutefois franchir l’étape attendue d’une grande fusion transfrontalière, en phase avec l’union monétaire. Le lancement de l’euro a jeté les bases d’un futur marché par-européen des services financiers qui reste à réaliser et pour lequel les banques se préparent en cherchant d’abord à se renforcer sur leur marché intérieur. «Les premières initiatives de croissance externe d’une banque européenne ont lieu naturellement au niveau national où les fusions sont plus faciles d’un point de vue culturel et d’un point de vue réglementaire», note une étude d’universitaires européens publiée récemment par le Centre pour la recherche en politique économique (CEPR), un institut...