Des femmes ayant suivi les sessions de formation organisées par l’Unifem et le ministère des Affaires sociales déclarent que ces cours ont constitué un «tournant» dans leur vie. L’Orient-Le Jour a interrogé certaines d’entre elles (formées en mars 1997) qui ont créé leurs propres entreprises et désirent les développer. Elles ont insisté autant sur l’épanouissement psychologique que sur les connaissances pratiques qu’elles ont acquises. «Ces sessions m’ont permis de lancer mon projet de couture depuis un an et demi, parce qu’elles m’ont assuré le bagage de marketing et de connaissances financières qui me manquait», dit Golda Chalhoub. Randa Haber, créatrice de produits artisanaux, renchérit : «Les instructeurs étaient très bien formés et ils nous ont transmis toutes les informations nécessaires pour lancer notre entreprise. Les sessions ont un grand avantage : elles s’occupent de l’aspect pratique (comment mieux acheter sa marchandise, quelles sont les sources de crédit, etc.), pas seulement théorique. Les formateurs nous ont aussi inculqué le sens du travail en communauté et celui de la coopération». Quant à Amal Moghabghab, couturière de robes de mariées qui a loué son propre local depuis 9 mois, elle déclare que «suivre la session m’a donné plus de courage pour me lancer seule et m’a fait connaître mes particularités». «J’étais heureuse de ne plus être une employée», ajoute-t-elle. Randa Haber insiste sur les conséquences de la session au niveau psychologique : «Avant de franchir ce pas, je me sentais délaissée. J’avais l’impression que personne ne se souciait de mon sort. Aujourd’hui, je sais que quelqu’un se soucie de mon avenir». Comment se sont passés leurs premiers pas dans le monde des finances (notamment les crédits) et du commerce ? Le projet de Golda Chalhoub a été financé par son frère. «Les loyers sont trop chers, donc je fais juste assez d’argent pour couvrir mes frais», dit-elle. «Je n’ai encore engagé personne pour travailler avec moi parce que ça me coûterait beaucoup plus et le projet ne serait plus rentable». Randa Haber aurait aimé construire son propre atelier. «Pour l’instant, je travaille à la maison, mais mon mari m’a promis de réaliser mon ambition un jour», raconte-t-elle. «Par ailleurs, j’ai présenté une demande au centre de formation pour un crédit de 500 dollars. Je crois qu’il me fera beaucoup de bien pour mon commerce parce qu’au cours de la session, nous avons appris à faire le meilleur usage possible de notre budget». Amal Moghabghab, elle, a franchi le pas. Avec un crédit de 5 millions de livres libanaises accordé par Caritas et un autre de 2 000 dollars donné par une autre personne, elle a aujourd’hui sa propre boutique. «Je fais un bon chiffre d’affaires», dit-elle. «Mais je dois payer l’université de mon fils, et je n’arrive pas à rembourser mes dettes pour l’instant. Heureusement que rien n’est hypothéqué parce que Caritas demande juste un garant pour accorder le crédit». Les difficultés financières ne sont jamais loin et l’épanouissement psychologique allié aux connaissances nécessaires ne permettent pas à eux seuls de réussir une entreprise, dans le contexte de la crise économique. «Je n’arrive pas à progresser dans mon travail et j’ai mis mes ambitions en veilleuse pour l’instant», confie Golda Chalhoub. Que doivent penser, alors, toutes celles qui n’ont pas pu se lancer malgré leur bonne volonté et qui attendent toujours des circonstances plus clémentes ?
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