La disparition de Stanley Kubrick : évidemment une très grande perte pour le cinéma. C’est entendu, bien entendu. Mais au-delà… L’auteur de King and Country et de Space Odyssey rejoint les plus grands, les plus grands écrivains par exemple (poètes, romanciers ou essayistes) de son temps. Du nôtre. Au hasard : Élias Canetti, le Bradbury des Chroniques martiennes et de L’homme illustré, Robert Musil et Malcom Lowry, et alia. Bien d’autres aussi. Je lis, de lui, ces mots (en tronquant la phrase) «…tant que nous n’aurons pas reconnu, au fond de nous-mêmes, la face cachée de nos natures, celle de l’ombre». Canetti :«Il faut être partout et en toutes circonstances du côté des opprimés, tout en sachant qu’ils sont faits de la même boue que leurs oppresseurs». Saint John Perse : «De la violence sur terre, il nous est fait si large mesure…». Tous ceux qui ont eu et ont une «vision du monde»(1), tous ceux qui relèvent de l’ordre de la pensé(2), pensante, philosophante, conceptuelle, comme on voudra. Et de l’éthique, pensée à sa façon. Tous ceux qui se sont faits, dans cet ordre, repères de la culture contemporaine. Et Godard n’est point nommé, mais sa présence est (oh combien…) parmi nous. Kubrick était-il croyant (Bradbury, Mac Luhan, Eliott) ou vivait-il «le drame de l’humanisme athée»(3) ? Question légèrement oiseuse, tout humanisme étant forcément dramatique étant donné son objet-la personne humaine. Ne connaissant pas moi-même de déclarations kubrickiennes à ce sujet, c’est dans son œuvre, dans l’incessante interrogation qu’est son œuvre, qu’il faut le deviner. Mais ceci était une digression. «Si tu veux que l’on dise du bien de toi, meurs». Les lignes qui précèdent n’ont rien à voir avec ce proverbe prétendument chinois et un peu vulgaire. Elles se veulent un profond hommage envers un créateur auprès duquel beaucoup d’entre nous ont pu puiser une compréhension des choses, une morale, une culture en somme. Salut l’objecteur de conscience, salut l’amoureux du cosmos, salut l’homme du respect inconditionnel de la vie humaine, ombre, boue et honneur conjugués. 1) Vous savez bien, Weltatchoum… 2) De son art, fût-il septième, Goux Pelletan parlera beaucoup mieux que moi dans son article à paraître vendredi. 3) Titre d’un livre oublié d’Henri de Lubac, qui était père jésuite si je ne me trompe.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La disparition de Stanley Kubrick : évidemment une très grande perte pour le cinéma. C’est entendu, bien entendu. Mais au-delà… L’auteur de King and Country et de Space Odyssey rejoint les plus grands, les plus grands écrivains par exemple (poètes, romanciers ou essayistes) de son temps. Du nôtre. Au hasard : Élias Canetti, le Bradbury des Chroniques martiennes et de L’homme illustré, Robert Musil et Malcom Lowry, et alia. Bien d’autres aussi. Je lis, de lui, ces mots (en tronquant la phrase) «…tant que nous n’aurons pas reconnu, au fond de nous-mêmes, la face cachée de nos natures, celle de l’ombre». Canetti :«Il faut être partout et en toutes circonstances du côté des opprimés, tout en sachant qu’ils sont faits de la même boue que leurs oppresseurs». Saint John Perse : «De la violence sur terre,...