Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Le ministère du Pétrole : un statut particulier

Les proches des fonctionnaires du ministère du Pétrole, notamment Nicolas Nasr et Wadad Saadé, ne cachent pas leur amertume et estiment que ces deux derniers sont victimes d’une injustice. Curieusement, ils développent, sans se connaître, la même thèse : Nicolas Nasr et Wadad Saadé ne peuvent être tenus pour responsables de quoi que ce soit parce qu’ils n’avaient aucun pouvoir de décision au sein du ministère du Pétrole. Le statut de ce département est différent de celui de tous les autres ministères. En vertu du décret-loi 79/70, le ministre a autorité pour procéder seul à l’achat et à la vente de carburants. Les transactions qu’il entreprend sont soumises, une fois conclues et non avant, au contrôle de la Cour des comptes. C’est ce que le ministre du Pétrole, M. Sleiman Traboulsi, a d’ailleurs confirmé. De surcroît, et contrairement à la procédure en vigueur dans les autres ministères, le contrat conclu par le ministre n’est pas cosigné par le directeur général, font valoir les proches de M. Nasr. C’est une des raisons pour lesquelles ce dernier ne peut pas rejeter, à l’instar des directeurs généraux dans d’autres ministères, une formalité qu’il peut trouver illégale, ajoutent-ils. Même son de cloche chez les proches de Wadad Saadé, qui s’indignent qu’elle «ait pu être traitée comme une criminelle après s’être dévouée pendant des années» à son travail. Ils notent que Wadad n’avait pas de prérogatives pour signer quoi que ce soit et qu’elle occupait, à la base, le poste de chef du cabinet (diwan) du ministère. Mais, en raison de l’insuffisance du personnel rattaché au ministère, elle avait été affectée à la direction des installations de pétrole, en l’occurrence des raffineries, moyennant une indemnité de 300 000 livres par mois, racontent-ils en s’indignant de ce qu’elle ait pu être soupçonnée de détournements de fonds. Les mêmes sources soulignent qu’il ne sera pas difficile aux enquêteurs de découvrir qu’elle ne possède rien. Mme Saadé, indiquent-ils, n’a pas fini de payer les traites de la voiture qu’elle a achetée à crédit, il y a quatre ans. Selon les mêmes sources, l’inculpée ne possède pas de biens-fonds non plus, à l’exception de sa part de l’héritage de son père, «ce qui sera facile à vérifier auprès du registre foncier». Ses proches insistent sur le fait que les ministres qui se sont succédé au Pétrole avaient confiance en elle. «Si elle était soupçonnée de malversations, elle aurait pu être mise à l’écart comme plusieurs autres fonctionnaires», ajoutent-ils, en indiquant que lorsque M. Nasr avait été récemment mis à la disposition du chef du gouvernement, le ministre l’avait chargée de certaines tâches qui étaient normalement confiées au directeur général.
Les proches des fonctionnaires du ministère du Pétrole, notamment Nicolas Nasr et Wadad Saadé, ne cachent pas leur amertume et estiment que ces deux derniers sont victimes d’une injustice. Curieusement, ils développent, sans se connaître, la même thèse : Nicolas Nasr et Wadad Saadé ne peuvent être tenus pour responsables de quoi que ce soit parce qu’ils n’avaient aucun pouvoir de décision au sein du ministère du Pétrole. Le statut de ce département est différent de celui de tous les autres ministères. En vertu du décret-loi 79/70, le ministre a autorité pour procéder seul à l’achat et à la vente de carburants. Les transactions qu’il entreprend sont soumises, une fois conclues et non avant, au contrôle de la Cour des comptes. C’est ce que le ministre du Pétrole, M. Sleiman Traboulsi, a d’ailleurs...