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Actualités - Chronologie

Barak hésite à tendre la main au parti Shass

Que faire avec le Shass? L’impressionnant succès de ce parti ultra-orthodoxe séfarade aux élections générales du 17 mai en Israël place le Premier ministre élu Ehud Barak devant un redoutable dilemme. Le Shass, avec 17 sièges – contre 10 précédemment – sur les 120 que compte le Parlement, fait peur aux laïcs à cause de son intransigeance religieuse. Mais ses positions modérées sur le conflit israélo-arabe peuvent en faire un allié de premier plan pour le Parti travailliste de M. Barak. Il l’a été en 1992, dans la première année du gouvernement travailliste dirigé par Yitzhak Rabin, assassiné en novembre 1995 par un ultranationaliste juif. Le chef spirituel du Shass, le rabbin Ovadia Yossef, n’a jamais caché son opposition à l’idéal du Grand Israël, prêchant que la «vie humaine compte plus qu’une terre, aussi sacrée soit-elle». C’est une des raisons pour lesquelles le Shass avait rejoint le gouvernement Rabin, malgré les anathèmes des rabbins ultra-orthodoxes ashkénazes (originaires d’Europe de l’Est). Depuis, poussé par sa base, le Shass est devenu l’allié privilégié de la droite et avait appelé à voter pour le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu. Mais la victoire écrasante de M. Barak a convaincu le rabbin Yossef d’appeler les travaillistes à renouer l’alliance. La demande est d’autant plus insistante que le Shass gère un vaste réseau d’institutions religieuses et éducatives dépendant de l’aide de l’État. «Le Shass doit devenir un partenaire majeur du gouvernement de paix de Barak», a déclaré le rabbin Yossef, cité jeudi par le quotidien Haaretz. «Barak se considère comme l’héritier de Rabin dont nous étions les amis et les collaborateurs», a-t-il poursuivi. Les travaillistes ne ferment pas la porte mais posent leurs conditions : le chef politique du Shass, Arieh Déri, doit renoncer à la direction de sa formation. M. Déri, condamné à quatre ans de prison ferme pour corruption le mois dernier, mais qui a fait appel du jugement, a seulement renoncé à son mandat de député au lendemain du succès électoral de son parti. Le Shass avait exaspéré les laïcs en axant sa campagne électorale sur la défense de M. Déri présenté comme un «martyr» de l’institution judiciaire et la victime de la hargne des laïcs. De plus, le Shass avait joué à fond sur le ressentiment des juifs originaires des pays arabes qui constituent les couches les plus pauvres de la société et qui ont été victimes d’une discrimination dans les premières années de l’État. D’ores et déjà, deux formations laïques ont annoncé qu’elles ne feraient pas partie du gouvernement si elles devaient siéger aux côtés du Shass. Le Shinouï (6 sièges), dont le seul programme est la «lutte contre la coercition religieuse», a totalement exclu sa participation au gouvernement dans ces conditions. Le Meretz (gauche-10 sièges) a été tout aussi catégorique mais pourrait assouplir sa position. Le débat a opposé jeudi deux figures de proue de l’intelligentsia israélienne, identifiées avec la gauche. L’écrivain A.B. Yehoshua s’est déclaré hostile à une «entrée en force» du Shass au gouvernement. «Le Shass met en question tous les acquis démocratiques d’Israël au nom du fondamentalisme juif», a-t-il déclaré à la radio. «L’essentiel doit être la lutte pour la paix. La gauche ne peut s’offrir le luxe de se passer du soutien du Shass et d’ignorer le poids de près d’un demi-million de gens qui ont voté pour ce parti», a en revanche déclaré l’écrivain Amos Oz.
Que faire avec le Shass? L’impressionnant succès de ce parti ultra-orthodoxe séfarade aux élections générales du 17 mai en Israël place le Premier ministre élu Ehud Barak devant un redoutable dilemme. Le Shass, avec 17 sièges – contre 10 précédemment – sur les 120 que compte le Parlement, fait peur aux laïcs à cause de son intransigeance religieuse. Mais ses positions modérées sur le conflit israélo-arabe peuvent en faire un allié de premier plan pour le Parti travailliste de M. Barak. Il l’a été en 1992, dans la première année du gouvernement travailliste dirigé par Yitzhak Rabin, assassiné en novembre 1995 par un ultranationaliste juif. Le chef spirituel du Shass, le rabbin Ovadia Yossef, n’a jamais caché son opposition à l’idéal du Grand Israël, prêchant que la «vie humaine compte plus qu’une...