La Bourse de Beyrouth, plutôt déprimée ces dernières semaines, s’est remise depuis l’élection lundi d’Ehud Barak au poste de Premier ministre en Israël. Le leader travailliste avait promis de retirer les troupes israéliennes du Liban-Sud. L’indice Blom a bondi et avait progressé mercredi en clôture de 7,9 % à 717,13 points sur une semaine. Hier, selon le service d’information de la Bourse libanaise, les actions ont encore progressé de 2,5 %. Poids lourd du petit marché libanais (11 titres cotés), l’action Solidere s’est mise à remonter, alors qu’elle battait depuis des semaines des records de baisse. Selon le chef des courtiers libanais, Nabil Aoun, l’élection de M. Barak «suscite l’espoir d’une relance du processus de paix, bloqué par son prédécesseur». «Les investisseurs sont encouragés par l’intention de M. Barak de retirer son armée du Liban-Sud d’ici un an», a-t-il ajouté. Marwan Barakat, de la Banque Audi, abonde dans le même sens et attribue l’amélioration des titres libanais sur les marchés extérieurs et sur le marché local «aux espoirs de paix suscités par l’élection lundi» du chef travailliste israélien. Le volume quotidien des transactions à la Bourse de Beyrouth, qui était tombé fin avril à 200 000 dollars après avoir atteint 1,3 M USD en moyenne en 1998, est progressivement remonté de 300 000 USD il y a une semaine à plus de 700 000 USD hier. Jusqu’à fin avril, la Bourse avait baissé de 29 % depuis le début de l’année. Les titres A (biens-fonds) et B (apport numéraire) de Solidere avaient respectivement chuté pendant la même période de 37,2 % et 35,2 % et étaient passés sous les 7 dollars. Mercredi, Solidere (70 % de la capitalisation de la Bourse) est remonté à 8 dollars. Après le départ fin novembre de son prédécesseur, M. Rafic Hariri, et du principal actionnaire de la plus importante société immobilière du Liban, le titre Solidere était tombé au-dessous de son prix d’émission à 10 USD. Les titres de Solidere ont commencé par montrer des faiblesses en mars 1998 où ils cotaient 12 USD. Parallèlement, les GDR’s, Global Depositary Receipts ou Certificats d’action étrangères liés à l’action Solidere, ont également augmenté à 9,775 USD mercredi contre 8,250 USD il y a une semaine, selon un rapport de la Banque Audi. Ce rapport met en évidence une amélioration des autres GDR’s libanais émis par d’autres institutions, dont ceux de la Banque Audi elle-même, de 19,250 USD le 12 mai à 21,5 USD mercredi. La Bourse libanaise a été la seule Bourse arabe, avec la Bourse palestinienne (qui a gagné 3,3 % mercredi sur une semaine selon l’institut Bakheet Financial Advisors), à être touchée par l’effet Barak. M. Barakat de la Banque Audi voit trois autres raisons, cette fois-ci proprement libanaises, à l’amélioration des titres de Beyrouth : la discussion en cours au Parlement d’un budget d’austérité, l’adoption du projet de loi-cadre sur la privatisation de secteurs publics et la prochaine publication d’un plan de redressement sur cinq ans des finances publiques.
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