«Plus on avance, moins on est libre», a déclaré mercredi le cinéaste grec Theo Angelopoulos, Palme d’or l’an dernier avec L’éternité et un jour, qui était chargé cette année de présenter la traditionnelle leçon de cinéma à Cannes. «Peut-être que c’est triste, mais mon ancêtre Aristote disait que la mélancolie est la source de la création», a-t-il expliqué dans un très bon français. Le réalisateur avait auparavant raconté à une salle comble ses débuts au cinéma et son année de formation à l’IDHEC, l’école de cinéma parisienne aujourd’hui baptisée FEMIS et dont plusieurs étudiants filmaient la séance. Arrivé à Paris «vraiment sans rien» après son service militaire, il a commencé par prendre un métro au hasard pour atterrir Porte des Lilas, dans l’est de la capitale, où se tenait un bal-musette de bon augure. Expulsé de l’IDHEC au bout d’un an car jugé «trop mûr» et «prêt à tourner», il pense aujourd’hui que «le plus important dans les écoles, c’est qu’on y parle de cinéma du matin jusqu’au soir». «On devient cinéaste quand on croise son propre regard avec le regard des autres», a expliqué l’ancien ouvreur à la Cinémathèque de Paris qui a vu pendant cette période des centaines de films, «même des films en japonais sans sous-titres. Mais l’important c’était l’image, l’enchaînement des plans». «Pendant ma formation, j’ai ressenti sans cesse le besoin que les plans durent à chaque fois deux secondes de plus, ces deux secondes précieuses qui suivent l’action», a expliqué le cinéaste aux films fleuves. «Dès mes débuts, j’ai opté pour une respiration différente des films de montage et un timing différent. J’essaye de faire de la lenteur une sorte de pause musicale entre deux scènes».
«Plus on avance, moins on est libre», a déclaré mercredi le cinéaste grec Theo Angelopoulos, Palme d’or l’an dernier avec L’éternité et un jour, qui était chargé cette année de présenter la traditionnelle leçon de cinéma à Cannes. «Peut-être que c’est triste, mais mon ancêtre Aristote disait que la mélancolie est la source de la création», a-t-il expliqué dans un très bon français. Le réalisateur avait auparavant raconté à une salle comble ses débuts au cinéma et son année de formation à l’IDHEC, l’école de cinéma parisienne aujourd’hui baptisée FEMIS et dont plusieurs étudiants filmaient la séance. Arrivé à Paris «vraiment sans rien» après son service militaire, il a commencé par prendre un métro au hasard pour atterrir Porte des Lilas, dans l’est de la capitale, où se tenait un...
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